Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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L'économie expliquée aux humains

Publié le dimanche 27 novembre 2011

l'économie expliquée aux humains

"Homo sapiens, cher grand primate bipède doté de raison, c'est à vous que j'écris aujourd'hui. Je voudrais, avant d'aller plus loin et au risque de vous perturber, vous faire d'emblée cet aveu : je m'appelle Cerambyx cerdo, et je ne suis pas un être humain."

Cerambyx cerdo (dit aussi "Grand capricorne"), est un coléoptère protégé qui vit dans les vieux chênes. Cela faisait longtemps qu'il voulait nous parler, et il a beaucoup à nous dire.

Sur l'économie, l'intelligence collective, le biomimétisme, la fin du pétrole, les "services" rendus par la nature, l'écologie industrielle… – ce grand insecte venu de la nuit des temps renverse nos perspectives et nous initie à l'avenir.

Ce livre écrit par Emmanuel Delannoy, directeur d'INSPIRE, est une introduction, à la fois pédagogique et amusante, aux principaux courants de pensée qui, depuis quelques décennies, réinventent l'économie à l'ère de l'écologie.

"Étonnant, drôle, attachant – un livre qui donne à réfléchir et à rêver."
Robert Barbault, écologue, Muséum national d'histoire naturelle

Pour en savoir plus sur le livre

Le premier numéro de la lettre "EXAPTATIONS" est sorti...

Publié le vendredi 3 septembre 2010

L’exaptation est un concept utilisé en biologie de l’évolution. Pour faire face aux changements de leur environnement, les organismes vivants ont deux possibilités. La première consiste à s’adapter, en modifiant leur apparence, leur métabolisme, ou leur comportement. Si cette réponse est la plus connue, elle n’est possible qu’à travers un processus lent et graduel. La seconde se trouve dans l’exaptation, qui consiste à utiliser autrement, ou pour une autre fonction, un organe ou un atout préexistant. Exemple: les "poissons" qui sont sortis les premiers de l’eau pour conquérir les continents n’ont pas vu des pattes leur pousser un beau matin. Ils n’ont pas non plus commencé à ramper sur leurs nageoires, qui auraient été des organes bien inadaptés pour se déplacer sur la terre ferme. Non:des pattes, ils en avaient depuis longtemps, mais elles leur servaient à se déplacer au fond de l’eau puisque tel était leur mode de vie et leur niche écologique. L’exaptation est souvent avancée par les paléontologues pour expliquer ce qu’on appelle des "sauts évolutifs", sortes d’accélérations brutales dans l’évolution du vivant.

Aujourd’hui, dans un contexte d’épuisement rapide des ressources naturelles et de dégradation inquiétante des services rendus par les écosystèmes, nous avons besoin d’une évolution rapide de nos modes de productions et de consommation.

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L'édito : "Entrons dans le "post-néolithique" :

« Un autre monde est possible », scandaient à l’unisson les altermondialistes. C’était il y a à peine quelques années, cela nous semble aujourd’hui une éternité, tant tout s’accélère. Comme ils se trompaient…

Ils se trompaient car la formule qui conviendrait serait plutôt : « Un autre monde est certain ». Le monde, tel que nous l’avons connu, touche à sa fin. La seule question qui reste ouverte, c’est celle de savoir si nous saurons à temps nous entendre sur l’essentiel pour choisir ce que nous en ferons, ou si nous devrons nous résigner, par défaut, à subir ce qu’il sera.

Reconnaître les limites physiques et écologiques de la biosphère ne constitue pas une capitulation ni un recul de la pensée, encore moins une dévalorisation de l’humain. Mais continuer à croire que nous pouvons tout maîtriser, tout domestiquer (y compris l’Homme ?) serait une dangereuse illusion. Hubert Reeves aime ouvrir ses conférences par la phrase suivante : « Nous menons une guerre contre la nature, si nous la gagnons, nous sommes perdus ».

En écho à cette citation, François Letourneux nous invite, en épilogue d’un concis mais remarquable ouvrage*, à passer au « postnéolithique ». Lorsque nous y serons parvenus, il y aura alors eu, dans l’histoire des relations entre l’Homme et la nature, trois époques fondamentalement différentes :

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Quelques chroniques, ailleurs...

Publié le vendredi 12 février 2010

Il m'arrive parfois d'écrire pour d'autres sites. Butinage...

- Wild Projet : Pour une économie au service du vivant (reprise de mes chroniques pour Radio Grenouille)
- Terra Economica
- INSPIRE, bien sûr, ...
- Et encore, ...

Où il est question de biodiversité, d'économie circulaire, d'économie de fonctionnalité, de capitalisme naturel, de biomimétisme, de rois et de reines et de ratons laveurs...

Refuser les certitudes pour choisir la raison

Publié le lundi 14 décembre 2009

Et si le choix le plus critique, le plus structurant, le plus déterminant pour notre avenir n’était pas là où on le croit ? Et s’il passait inaperçu faute d’être explicité et ouvertement débattu ?

S’agit-il seulement de choisir entre droite et gauche, entre écologistes et « éco-sceptiques », entre « croissante verte » ou décroissance, entre adaptation au changement climatique ou réduction des gaz à effet de serre ? Bien sûr, ces débats là sont importants. Mais il me semble qu’aujourd’hui la ligne de partage fondamentale est celle qui se dessine entre ces deux options :

La première est celle qui consisterait à rechercher la maîtrise la plus absolue de notre environnement, à réduire l’incertitude au maximum et à maîtriser notre destin. Nous sommes là en plein dans l’héritage du néopositivisme du XIXème siècle, dont l’avatar contemporain est parfois dénommé « scientisme ».

Rassurant en apparence. Plus de risque, plus de plongée dans l’inconnu. Marchons, marchons, d’un pas sûr et déterminé, vers le meilleur des mondes…

L’autre est celle qui, au contraire, nous conduirait à accepter le monde tel qu’il est, dans son infinie complexité, avec toutes les incertitudes que cela implique. Cette posture là implique une grande modestie. Elle nous amène à reconnaître que la maîtrise de la biosphère nous est définitivement hors de portée. (Ce que l’échec de l’expérience « Biosphère II », en 1994, tendrait à démontrer). En renonçant au rêve cartésien d’une humanité asservissant la nature, nous retrouverions alors une vérité profonde, que nous avons tant refoulé : Il n’existe pas d’un coté, l’homme, et de l’autre coté, la nature, mais une biosphère, au sein de laquelle co-évoluent des organismes vivants humains et non humains. Et c’est entre ces vivants humains et non humains qu’une nouvelle alliance doit aujourd’hui se dessiner. Loin d’une quelconque « écologie profonde » reléguant l’espèce humaine au rang des autres espèces, il s’agit au contraire d’une nouvelle vision de l’humanité, réconciliée avec elle même et consciente de sa vraie nature.

Ce débat là reste confiné au sein d’un cercle restreint d’initiés, qui, selon leurs orientations, préfèrent avancer masqués, ou peinent à rendre les enjeux lisibles. Il est urgent de l’inscrire ouvertement dans le champ démocratique.

Car, loin d’être théorique, il permet d’éclairer bien des choix : maîtriser le climat, stocker le CO2 par exemple, ou passer d’urgence à l’économie de l’après pétrole. Dessaler l’eau de mer, forer de plus en plus profond, ou mettre en place une véritable stratégie d’utilisation rationnelle de l’eau. Compter sur la technologie pour dépolluer, ou concevoir d’autres modes de production et de consommation pour ne plus polluer. Installer une nouvelle centrale de traitement des eaux, ou restaurer l’écosystème du bassin versant en reboisant, en restaurant les zones humides et en modifiant les pratiques agricoles.

Avec une grosse surprise à la clé : dans bien des cas, le choix le plus rationnel sur le plan économique n’est pas celui que l’on croit… Est-ce là ce qu’on appelle une stratégie « sans regrets » ?

Chronique publiée initialement ici !

Copenhague : n’oublions pas la biodiversité !

Publié le lundi 14 décembre 2009

Curieusement, le grand absent du débat sur le changement climatique, c’est la biodiversité. Et quelle absence ! Oserais-je écrire qu’après tout, si le changement climatique est préoccupant, c’est avant tout parce qu’il perturbe profondément, et à un rythme jamais atteint depuis que sapiens a pris ses quartiers sur terre, l’ensemble du tissu vivant de la planète. En théorie, nous pourrions, nous, nous adapter à un changement de quelques degrés : par exemple en reconsidérant l’urbanisme ou l’architecture de nos bâtiments. Mais les écosystèmes, et les espèces qui les constituent, devront pour s’adapter modifier en profondeur leurs comportements, évoluer au plan génétique, ou encore migrer, ce qui prendra nécessairement un peu de temps. C’est à une vaste reconfiguration des écosystèmes que nous assistons, avec son cortège de conséquences imprévues.

Toutes les espèces ne sont pas égales face au changement climatique. Leurs potentiels d’évolution et leurs cycles biologiques varient selon les effectifs, la longévité ou le mode de reproduction. C’est ainsi que certains insectes, qui ont des cycles reproductifs rapides, s’adaptent plus vite que les oiseaux qui s’en nourrissent. Conséquences : prolifération des chenilles au mauvais moment, et pénurie alimentaire pour les oisillons, qui auront eu le tort de naître juste un peu trop tard…

Nous connaissons les causes de l’érosion de la biodiversité : Artificialisation et destruction des habitats naturels, fragmentation des écosystèmes, dissémination d’espèces invasives, pollutions, prélèvements excessifs. Et bien sûr le changement climatique, facteur aggravant universel. Mais nous sommes nous posé la question de savoir dans quelle mesure nos stratégies adaptatives seront favorables ou défavorables à la biodiversité ?

Les espèces vont devoir se déplacer et circuler librement : c’est le sens du projet de trame « verte et bleue ». Mais ne risquons nous pas, par certaines adaptations qui nous seraient favorables à court terme, de créer de nouvelles ruptures écologiques, par exemple pour produire de l’énergie à partir de biomasse ou de vastes fermes solaires, ou à travers une densification de certaines zones urbaines, ou encore via une modification des cultures ?

Analyser le changement climatique avec pour seuls paramètres la température et la concentration atmosphérique de CO2 ou de méthane, c’est un peu court. Une approche systémique est indispensable pour éclairer les choix politiques locaux et globaux, intégrant les écosystèmes, l’homme et ses activités, pour comprendre les effets combinés des stratégies d’adaptation des êtres vivants, humains et non humains.

Nous commettrions une erreur fondamentale en oubliant la biodiversité. Elle est notre meilleure alliée pour limiter l’ampleur du changement climatique et nous adapter à ses conséquences. Elle est notre assurance vie face à cet inconnu vers lequel nous fonçons.

(Reprise d'une de mes chroniques sur Terra-economica.info, ici)

Humanité et biodiversité, manifeste pour une nouvelle alliance

Publié le mardi 24 novembre 2009

La ligue ROC et l'Institut INSPIRE sont heureux de vous convier à une présentation de l'ouvrage collectif intitulé "Humanité et biodiversité - Manifeste pour une nouvelle alliance".

le mercredi 9 décembre 2009

de 17h30 à 19h

Salle de projection du Forum de l’Arbois

Domaine Petit Arbois – RD 543 - Aix-en-Provence

(plan d’accès)

Humanisme et biodiversitéÀ la veille de 2010, année internationale de la biodiversité, cet ouvrage est une contribution au débat sur une question vitale pour notre avenir : comment stopper l'érosion de la biodiversité dont nous sommes parties et dont nous dépendons ?

L'enjeu n'est plus seulement de mener une politique en faveur du patrimoine naturel, fût-elle exemplaire, il est d'intégrer la biodiversité dans toutes les politiques.

Le manifeste réunit des textes d’auteurs venus de différents horizons (scientifiques, juristes, experts, militants associatifs…) pour traiter de la biodiversité dans différents champs de la société (économie, santé, recherche …). Une présentation thématique en sera faite.

Logo Ligue ROC2010 doit être un nouveau départ, l'année où la lutte contre l'érosion de la biodiversité rejoint celle contre le réchauffement climatique, l'année où la prise de conscience se traduit en actes.


Biodiversité 2012 fait peau neuve

Publié le vendredi 28 août 2009

Biodiversité 2012, la plateforme initiée par Hubert Reeves et la Ligue ROC, a profité de l'été pour faire sa métamorphose.

La chenille est elle devenue papillon ? Ce nouveau site offre en tout cas un visuel plus agréable, une interface de navigation plus intuitive, et il s'enrichira progressivement de nouvelles rubriques et de nouvelles fonctionnalités à l'approche des grandes échéances pour la biodiversité que sont 2010 et 2012.

A vous de voir, donc, mais aussi de découvrir, d'approfondir, de comprendre, de surveiller, de vous informer et d'agir !

Plus : www.biodiversite2012.org

Un message de Paul Hawken : "Vous êtes géniaux, et la planète embauche" !

Publié le mardi 25 août 2009

Paul Hawken, l'entrepreneur et activiste visionnaire, auteur notamment de "L'écologie du commerce", "Natural Capitalism" et "Blessed Unrest", est l'un des piliers du mouvement des créatifs culturel. Il nous a fait l'amabilité de nous autoriser à traduire et publier, pour INSPIRE, un de ces textes, remarquablement dynamisant et inspirant (comme le sont tous ses textes).

Vous pouvez lire ce texte sur le site d'INSPIRE, en cliquant ici !

Rêve de papillon

Publié le dimanche 19 juillet 2009

"Un jour, Tchouang-tseu s'endormit et rêva qu'il était un papillon insouciant voletant ça et là. Ce papillon ignorait qu'il était le rêve de Tchouang-tseu. Puis ce dernier se réveilla, apparemment inchangé, mais à présent, il ne savait plus s'il était un homme se rêvant papillon ou un papillon se rêvant homme."

Les enseignements de Tchouang-tseu

Cette vision de la vie : de Darwin au développement durable

Publié le dimanche 15 mars 2009

Il y a 200 ans naissait Charles DARWIN, l'auteur d'un des ouvrages fondateurs de la science moderne : "L'origine des espèces". Son œuvre scientifique nous a légué une nouvelle vision du monde : Celle d'un monde en mouvement, où le changement est la règle, et où les espèces vivantes évoluent sans cesse, descendant toutes, l'homme compris, d'un très lointain ancêtre commun. Charles DARWIN fut peut être alors, sans forcément en avoir pleinement conscience, le premier écologiste : si nous avons une origine commune avec l'ensemble des espèces vivantes, nous pourrions alors bien avoir aussi une communauté de destin avec elles.

Pour rendre hommage à Charles Darwin et à cette nouvelle "vision de la vie" qu'il nous à légué, INSPIRE organise, en partenariat avec le Muséum d'Histoire Naturelle de Marseille et la Ville de Marseille, une manifestation qui aura lieu pendant la semaine du développement durable, du 1er au 8 avril 2009, au Palais Longchamp.

Cette manifestation se composera d'une exposition, au Muséum d'Histoire Naturelle de Marseille, Palais Longchamp, présentant et illustrant la pensée et l'œuvre scientifique de Charles Darwin, replacée dans le contexte de l'époque et faisant le lien avec les enjeux du développement durable aujourd'hui et de conférences / débats programmées en semaine pour les scolaires et le week-end pour le grand public.

Le samedi 4 avril, de 15h30 à 17h00, au Muséum d'Histoire Naturelle de Marseille, Palais Longchamp, un débat réunira le spécialiste de l'évolution Pierre-Henri GOUYON, le paléontologue Jacques TASSY et Marc Del CORSO, responsable d'un projet de restauration des salins de Fos, fera le point sur les apports de la théorie de l'évolution dans l'écologie moderne pour une approche dynamique de la gestion du patrimoine naturel.

Le dimanche 5 avril, de 15h30 à 17h00, au Muséum d'Histoire Naturelle de Marseille, Palais Longchamp, une table ronde permettra de découvrir et de débattre, avec la rédactrice spécialisée Isabelle DELANNOY, la directrice de l'association "Terre - Mer" Isabelle POITOU, Anne COUDERC, directrice des "Toiles du Larges" et la navigatrice Catherine CHABAUD, des nouveaux modes de consommation responsable : de la table aux loisirs, jusqu'au tourisme responsable et solidaire.

Le mercredi 8 avril, de 16h00 à 18h00, l'astrophysicien Hubert REEVES, donnera dans l'auditorium de l'Alcazar une conférence exceptionnelle sur le thème : "Des étoiles et des hommes, de l'astronomie à l'écologie.

Le mercredi 8 avril, de 18h30 à 21h00, au Muséum d'Histoire Naturelle de Marseille, Palais Longchamp, nous débattrons avec le paléoanthropologue Pascal PICQ, l'écologue Jacques BLONDEL, Jacques FAUDIN, chef d'entreprise et Laurent ROY, représentant le ministère du développement durable en région, des nouveaux modes de production et de l'opportunité d'une relance par un « green new deal ».

Pendant toute la semaine, une installation scénographique, "la Spirale du vivant", sera déployée à l'extérieur, devant le Palais Longchamp. Elle servira d'emblème à cette manifestation et sera un espace ludique pour découvrir l'histoire du vivant et l'impact de l'irruption de l'humanité sur les écosystèmes. Cette installation éco-conçue sera réalisée en matériaux recyclés, et évoquera par son habillage les formes et les textures du vivant.

Cette manifestation est labellisée :

Semaine du développement durable 2009
Année Darwin 2009
"Coup de coeur 2009" de la Fondation Nicolas Hulot

Plus de détail sur le programme sur le site : www.inspire-institut.org

Le nombre de places étant limité, il est recommandé de s'inscrire.

Green New Deal : Un défi à relever. Nous le devons. Nous le pouvons !

Publié le mardi 17 février 2009

Un communiqué de presse de la Ligue ROC

Alors que le PNUE tient son Conseil d'Administration et préconise un « Green new deal », la Ligue ROC, présente à Nairobi, affirme que la relance, plus que nécessaire, offre l'opportunité de considérer enfin la biodiversité pour ce qu'elle est vraiment : le socle indispensable du développement, de l'économie, de l'emploi et donc du bien-être humain dans le présent et le futur.

A condition de ne pas choisir entre le vivant et l'économie, entre la sauvegarde de l'environnement et la création d'emplois, mais de savoir saisir l'occasion offerte d'amorcer le nécessaire virage stratégique vers une économie plus sobre en ressources naturelles et davantage pourvoyeuse d'emplois.

Si "relance" voulait dire plus de consommation de ressources, plus d'émissions de CO2, plus de pollutions, de déchets, de barrières écologiques, de milieux naturels détruits et d'espèces sacrifiées, ce serait saper les bases du développement, qui ne serait alors plus durable, et préparer un autre crise, plus grave, plus dure et plus profonde encore.

Si "relance" veut dire investir dans des technologies sobres en énergies et en ressources, améliorer l'efficacité énergétique et optimiser l'usage des bâtiments et infrastructures existantes, encourager les modèles économiques innovants permettant de consommer moins de ressources naturelles, mobiliser des emplois pour une gestion de la biodiversité, pour des activités économiques respectueuses de la biodiversité, ou mieux, mettant en valeur les services écologiques, alors là, oui, nous avancerons vers ce nouveau développement économique et écologique soutenable. L'enjeu n'est plus la croissance du PIB, qui compte création et destruction à la même aune, mais bien la croissance du bien-être humain, dans un monde vivant riche de ses capacités d'évolution et de sa biodiversité.

Il s'agit de faire des choix. Les bons ! Oui, les marchés doivent être orientés, l'économie reconvertie, certains secteurs ayant déjà amorcé un déclin inexorable. Mais d'autres ne demandent qu'à se développer, et créer des emplois par dizaines de milliers : aménager les villes pour les rendre plus durables, les « renaturer », aménager les infrastructures écologiques de demain, notamment à travers la mise en oeuvre de la trame verte et bleue, développer les emplois de l'écologie industrielle, s'inspirer de la nature, par le biomimétisme, et innover durablement.

S'il faut de nouvelles infrastructures, elles devront être conçues et réalisées en respectant les habitats et les continuités écologiques. Cette nouvelle ingénierie, ces nouvelles techniques créeront elles aussi des emplois. L'agriculture doit dès maintenant se préparer au pétrole cher. Elle emploiera plus d'hommes et travaillera avec les écosystèmes, tout en utilisant moins de machines coûteuses et d'intrants, aux effets souvent ravageurs pour les fragiles équilibres des sols.

Les règles comptables publiques doivent prendre en compte l'état des ressources naturelles et des écosystèmes afin d'évaluer de façon plus pertinente les politiques publiques en regard des enjeux du développement durable. Les incitations publiques, dont la fiscalité, seront des instruments incontournables de cette transformation de l'économie. Elle doit progressivement peser plus sur l'énergie, les matières premières et les ressources naturelles, et moins sur le capital et le travail, afin de mobiliser les capitaux vers les innovations et les investissements nécessaires, et favoriser la création d'emplois dans tous les secteurs.

Préparer l'avenir ne signifie pas sacrifier le présent. Allier dans notre réflexion le court et le long terme permet de saisir les véritables opportunités et de redonner confiance aux acteurs économiques, des producteurs aux consommateurs.

Contact presse :
Emmanuel Delannoy - 06 83 55 66 25 - e.delannoy@biodiversite2012.org
Sites Ligue ROC et Biodiversite 2012

Espèce d'espèce

Publié le vendredi 13 février 2009

Juste une note pour vous signaler que le remarquable documentaire "Espèce d'espèce", diffusé lundi dernier à 20h30 sur France 5, sera rediffusé le mardi 17 février à 1:05. Si vous n'êtes pas insomniaques, calez vos magnétoscopes.

Ce documentaire est si bien fait, si pétillant d'intelligence et d'humour qu'on dirait un documentaire de la BBC. Mais non, il est bien de chez nous ! Il reprend l'idée du livre de Richard Dawkins, "A la rencontre de nos ancêtres", en proposant un tonifiant et très éclairant voyage en remontant l'arbre du vivant vers notre ancêtre commun le plus ancien (et qui demeure bien mystérieux), j'ai nommé LUCA (Last Universal Common Ancestor). Solide scientifiquement, présenté avec talent et humour, remarquablement illustré et rythmé, ce documentaire vous propose de découvrir le vivant comme vous ne l'avez jamais vu. La systématique, discipline a priori austère, prend ici un autre sens et une toute nouvelle perspective.

Plus d'info sur le Wiki de France 5 :
http://wiki.france5.fr/index.php/ESPECES_D'ESPECES

"Cette vision de la vie" : de Darwin au développement durable

Publié le jeudi 12 février 2009

« Il y a de la grandeur dans cette vision de la vie, et tandis que notre planète ne cesse, depuis l'origine, de tourner sur son orbite, obéissant à la loi fixe de la gravitation, de très belles et de très merveilleuses formes vivantes, issues d'un commencement tout à fait simple, sont apparues et continuent sans fin d'apparaître par évolution »

Charles Darwin, L'origine des espèces

Il y a 200 ans, ce jeudi 12 février, naissait Charles Darwin, l'auteur d'un des ouvrages fondateurs de la science moderne : "L'origine des espèces". Son oeuvre scientifique nous a légué une nouvelle vision du monde : Celle d'un monde en mouvement, où le changement est la règle, et où les espèces vivantes évoluent sans cesse, descendant toutes, l'homme compris, d'un très lointain ancètre commun. Cette vision nouvelle d'une origine commune avec tout ce qui vit sur terre replace, de fait, l'humanité au sein de la biosphère, et introduit un concept radicalement novateur pour l'époque : Si toutes les espèces vivantes sont issues d'un même ancètre commun, il n'y pas pas de rupture, mais un continuum évolutif entre l'homme, ses ancètres, et ses cousins dans l'abre du vivant.

Deux siècles après la naissance de l'auteur de "l'origine", l'humanité commence à peine à tirer les vraies conclusions qui s'imposent, et découlent "naturellement" des enseignements de l'évolution : Si nous avons une origine commune avec l'ensemble des êtres vivants, nous pourrions bien avoir aussi une communauté de destin avec les espèces qui nous accompagnent, et forment avec nous la biosphère contemporaine. Et ce alors que, par notre impact sur l'environnement et les écosystèmes, nous sommes devenus nous mêmes un acteur majeur de l'évolution, et la cause principale de ce qui semble bien être la sixième grande crise d'extinction de l'histoire du vivant.

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Métaphores

Publié le jeudi 5 février 2009

Parler de biodiversité à un public non spécialiste, c'est souvent un véritable défi. Surtout si des contraintes de temps viennent ajouter à la difficulté. L'emploi de métaphores, plus ou moins puissantes, plus ou moins pertinentes, s'impose alors bien souvent. Sans chercher à être exhaustif, en voici quelques unes. N'hésitez pas à compléter, en commentaire de ce billet, si le cœur vous en dit !

La chaine :
Le vivant peut être considéré comme une chaine : Chaque maillon est indispensable à la solidité de la chaîne, et la défaillance d'un seul maillon suffit à rompre la chaîne.

Les dominos :
La biodiversité ressemble à ces jeux de dominos, ou la chute de l'un entraine la chute d'un autre, et en cascade c'est l'ensemble de l'édifice qui s'écroule. (Variante : le jeu de carte, métaphore encore plus parlante pour ceux qui voient l'humanité au sommet du jeu de carte. Si la base s'écroule, nous chutons d'autant plus haut !)

Moins linéaire, moins déterministe et donc plus pertinente, la métaphore du jeu de mikado :
Chaque bâton du jeu représente une espèce. Il est possible, surtout en début de partie, de retirer précautionneusement un ou quelques bâtons du jeu. Mais plus on avance dans la partie, plus les effets d'un retrait sont imprévisibles. Et c'est là qu'un effondrement de l'édifice devient possible. Une extinction entraînant en cascade la disparitions de nombreuses espèces. Et ce bâton, là, qui vient de tomber ? Pas de chance, c'était l'homme...

L'avion :
Prenez un avion en vol, embarquant un mécano fou qui enlèverait, au hasard, un boulon de temps en temps, l'un après l'autre. Au début, cela ne se ressent pas trop. Peut être, au bout d'un moment, apparaitrons quelques bruits ou vibrations indésirables. Et soudain, sans qu'on puisse aucunement prédire quand, il y aura le boulon de trop, celui dont le retrait entraînera la chute brutale de l'avion.

Le foot :
La biodiversité, c'est comme le foot : Il faut de bons joueurs, et il faut que le ballon circule. Il faut des espèces, variées, chacune à son poste (sa niche écologique), mais ce sont surtout les échanges et les interactions entre les espèces qui font la richesse de la partie.

Le concours est ouvert !

Vous avez dit relance ?

Publié le lundi 17 novembre 2008

Un correspondant, lecteur de ces pages dont le CV atteste la compétence et l'indépendance d'esprit, m'a fait parvenir la réflexion suivante, que je reproduit ici avec son accord. Je vous laisse déguster, méditer et réagir...

Actuellement ce qui m'inquiète, c'est qu'on parle de "relance".

Quand tu as un petit raté de moteur, je trouve bien qu'on donne un coup de manivelle, et qu'on relance, mais là, le problème est plus grave, et ça ressemble plus à une voiture qui a failli tomber dans le ravin, et qu'on pousse à nouveau, pourvu qu'elle roule. On imagine la suite pour la dite voiture. Au lieu de s'être dit ouf, on n'est pas passé loin, changeons de direction.

Revenons aux événements et aux causes de la crise :

Aux USA (et en Espagne), afin de soutenir la consommation, des banquiers se mettent à prêter auprès d'une clientèle plus large, ceux qui n'ont que peu ou pas de revenu. On use de deux outils simples: on allonge les durées d'emprunts pour abaisser le niveau des remboursements (en Espagne, on en était arrivé à des prêts à 60 ans) ; on diminue les garanties (on accepte que des gens s'endettent à 40, 50 voire 60% de leurs revenus connus à l'instant T).

L'idée est simple: le capitalisme (quelques soit ses formes) vit sur les flux : Plus ça tourne vite, plus ça génère des flux financiers. Et la circulation, c'est la consommation. Quand il n'y a plus assez de consommateurs solvables, on en trouve d'autres, et on les solvabilise. Il s'agit de créer une (fausse) richesse.

Et cette consommation effrénée (en particulier en béton, donc ciment, acier, énergie) détruit des ressources naturelles (espace, minerais, hydrocarbures,...). La question de la limitation de ces ressources ne se pose pas.

Avec l'idée de relance, à quoi s'expose-t-on ?

Economiquement, la réaction des gouvernements est aussi irréaliste que celles des banquiers naguère. On emprunte ("foin des budgets équilibrés", "Saint Keynes a dit que c'était vertueux d'emprunter") et on relance.

Mais si les banques se sont cassées les dents et la figure, ne va-t-on pas vers un supercassage de figure ? Quand ce seront les gouvernements qui seront en faillite (comme en Islande, Hongrie, Grèce, Italie, ...). Il y aura qui derrière ?

D'autre part, relance veut dire qu'on va se remettre à consommer. Et quoi ? Si on fait une relance publique classique, on va faire des travaux publics : du béton et du bitume, et à grande échelle. La Chine vient d'annoncer qu'elle lance en urgence la construction de cinq centrales thermiques géantes au charbon. En clair on va accélérer l'épuisement de la Planète. Accélère, le mur approche, on va se le prendre en pleine face, fonce, fonce !

Obama, lui, annonce qu'on va en profiter pour booster les énergies vertes. Tiens, il y en a un qui pense. (Il y a donc de la vie sur terre ?)

En conclusion, je pose deux questions :

1) faut-il une relance?

Ou : peut-on avoir un système économique basé sur autre chose que l'épuisement des ressources et la course à la consommation / destruction ? (l'économie circulaire est-elle une réponse ?) On touche là aux dogmes des économistes actuels, tous confondus.

2) quel type de relance ?

Je me dis que, puisque ce sont les autorités publiques qui vont injecter de l'argent, elles pourraient le faire avec une écoconditionnalité forte. On pourrait faire du fer, et pas de la route, du solaire et pas du charbon, etc...

Gilles Pipien