Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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Chèque transport : Une bonne idée ?

Publié le vendredi 25 août 2006

On ne sait pas encore grand chose de ce chèque transport, que le gouvernement propose de lancer au premier janvier 2007. Mais on sent bien qu'on est en année pré-électorale...

Tel qu'il est présenté aujourd'hui, en tant qu'instrument permettant de compenser l'effet de la hausse des prix des carburants sur les frais de transports des salariés, ça me fait un peu l'effet d'un pansement sur une jambe de bois... Un brin démagogique, la mesure adoucirait certes la note d'essence pour les salariés contraints d'utiliser leur voiture pour se rendre au travail, mais n'apporte en rien une réponse au problème de fond, celui de l'étalement urbain, de l'accroissement de la distance domicile travail du fait conjoint des prix de l'immobilier et de la tension du marché du travail, sans parler de notre dépendance vis à vis des transports motorisés individuels, faute d'alternative crédible et suffisamment ambitieuse...

Il est question que la mesure profite aussi aux usagers des transports en commun (Sauf pour les franciliens, puisque la carte orange est déjà en partie remboursée par l'employeur). On espère bien ! A condition que ces transports en communs existent, et soient à la fois performants, raisonnablement confortables et sûrs, ce qui est loin d'être acquis. En ce domaine, un investissement public important est plus qu'urgent, et le chèque transport n'apporte pas grand chose, et ne changera hélas rien aux motivations qui pourraient transformer un automobiliste (qui l'est souvent plus par dépit que par réel choix) en usager des transports en commun.

Mais... Mais... Au fait : l'annonce ne dit rien de ceux qui se rendent au travail en vélo !

On ose espérer qu'il sera possible de dépenser ces fameux chèques transport non seulement chez les pompistes, mais aussi chez les vélocistes !

On ose espérer que « l'hypothèse vélo » n'a pas été purement et simplement oubliée...

30 €uros par mois : de quoi contribuer à financer un vélo très convenable sur plusieurs années, pour ceux qui décideraient de franchir le pas, ou de quoi financer l'entretien, les pneus, chaînes et autres pièces d'usure, ou encore des vêtements adaptés à un usage tout temps, un coffre ou des sacoches étanches, etc... Et pourquoi pas un vélo couché avec une pointe coffre et un éclairage performant ? Un vélomobile ? Un vélo pliant ?

Tiens, finalement, ça pourrait être pas mal du tout ce chèque transport. Avec un peu de pédagogie et une promotion des vraies alternatives au transports individuels motorisés, voilà qui par effet de levier pourrait transformer une « mesurette électorale », en une véritable ambition.

Chiche ?


Voir aussi, sur ce sujet, les communiqués de presse de :

Objets de grâce

Publié le mardi 1 août 2006

Il y a peu encore, les anglais disaient « she » en parlant d'un bateau (au lieu du « it », neutre). Cette particularité grammaticale était même reconnue officiellement, jusqu'à ce qu'une récente réforme la supprime théoriquement. C'est bien dommage : pourquoi supprimer une si charmante coutume ?

Heureusement, l'habitude est restée d'utiliser le féminin pour parler d'un bateau. Certains anglais, amoureux comme moi de la petite reine, utilisent aussi le féminin pour parler de leur bicyclette. Quoi de plus logique, tant ces deux objets incarnent de valeurs féminines, (grâce, légèreté, fluidité, agilité, mais aussi solidarité, frugalité, silence, ...), qui manquent à notre époque.

L'un comme l'autre n'ont besoin de presque rien pour avancer. Un navire n'a besoin que d'un peu de vent pour franchir les océans, une bicyclette se contentera de la seule énergie de son utilisateur, qui peut ainsi franchir les continents, pour peu qu'il le souhaite et en prenne le temps.

Parmi les quelques bicyclettes que j'ai possédé, ou possède encore, une Brompton, de facture anglaise justement, me semble incarner au plus haut point toutes ces qualités, en plus d'être, à mes yeux, très élégante. Cette toute petite bicyclette (pliée, elle tient dans une valise), a pris une grande place dans ma vie, tant elle me procure de plaisir et me rend de services.

J'ai, à chaque fois que je dois l'utiliser, le même plaisir intact, sensuel, presque érotique (combien de fois me suis-je endormi en y pensant), de me sentir soudain si léger, agile, rapide, avec le sentiment d'échapper pour un moment à ma condition d'animal terrestre lent et balourd pour me sentir « presque oiseau ». Ce bref sentiment d'évasion, d'envol vers une vie meilleure et plus légère, vaut, même s'il est illusoire, tous les « paradis artificiels ».

Mais vous avez parfaitement le droit de me considérer comme complètement cinglé ;-)