Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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Inspire recherche des bénévoles pour des travaux de traduction

Publié le vendredi 4 juillet 2008

Nous recherchons actuellement des bénévoles motivés par un travail de traduction de ressources anglophones, telles des articles scientifiques ou des études de cas.

Si vous souhaitez soutenir notre action et vous engager à nos cotés, en pratiquant vos talents linguistiques, n’hésitez pas !

Les textes que nous vous proposerons de traduire seront à la pointe des ressources disponibles en anglais sur les thèmes de l’éfficacité énergétique, de l’économie circulaire, de l’économie de fonctionnalité ou du biomimétisme. Nous nous chargerons de contacter préalablement leurs auteurs pour obtenir leur autorisation.

Votre travail sera bien sûr mis en évidence, si vous le souhaitez, par une mention visible de votre nom sur les textes (traduction par :”"), sous le nom de l’auteur original. Et il va de soit qu’aucune exploitation commerciale de vos travaux ne sera faite. Les textes seront mis en accès libre sur notre site.

Si cette proposition vous intéresse, merci de nous envoyer un mail à :

inspire(at)inspire-bio.org

La Chine est-elle le modèle des sociétés du futur ?

Publié le lundi 30 juin 2008

La façon dont a évolué en émeute populaire ce qui était au départ un dramatique et sordide fait divers dans le canton de Wengan, en Chine, me laisse perplexe.

A l'exception de quelques intellectuels, il semble que les chinois soient plutôt satisfait de leur sort. Les droits de l'homme, la liberté d'opinion, la démocratie, ne semblent pas être pour l'homme de la rue des préoccupations majeures, puisque ses conditions de vie matérielles à lui se sont grandement améliorées. Et il est si tentant, en suivant l'avis véhiculée par la presse officielle, de faire l'amalgame entre ceux qui contestent le régime (qui a fait tant de choses pour le bien être du peuple) et des criminels qui menaceraient la sécurité de l'état ou celle de tout un chacun. La prospérité économique et la sécurité valent bien quelques sacrifices, non ?

C'est ainsi que, lorsque la colère populaire se manifeste, c'est à propos de ce qui reste, malgré tout, un fait divers, pas un problème de société. Indignation sélective ?

Regardons maintenant chez nous...

Les faits divers font l'audimat. Ils font vendre du papier. Et plus ils sont sordides, plus ils soulèvent le coeur, plus cela fait vendre. La rumeur n'adore rien tant que cela (Voir cette rumeur délirante à Marseille sur de soit disant enlèvements d'enfants qui n'existaient que dans les imaginations). Certaines élections au plus haut niveau se sont peut être jouées sur des faits divers, et sur leur exploitation en boucle par les grands médias. Dans le même temps, et ce phénomène est d'ailleurs facilité par le climat de peur lié au phénomène précédent, les limitations des libertés publiques ne soulèvent plus beaucoup d'indignation ni ne font réagir grand monde... Les caméras de surveillance, les dispositifs de contrôle d'accès reposant sur la biométrie se généralisent, se diffusent, sans que quiconque ne proteste. Ou si peu. Des dispositions règlementaires sur la justice, la liberté de presse (l'obligation de divulguer ses sources par exemple), la surveillance de tout un chacun, sur internet ou dans la rue, se mettent en place. Comme si notre société était prête à céder passivement sur le terrain des libertés, comme si c'était le prix "normal" à payer pour un peu plus de sécurité et de tranquillité. Les priorités s'inversent, les valeurs s'érodent, et la démocratie faiblit.

Le sursaut viendra t-il ? Ou Georges Orwell ne s'était-il que trompé de quelques décennies ?

Inspire... A lire sur le blog de la conscience énergétique

Publié le vendredi 27 juin 2008

J'ai eu l'honneur de répondre à une interview diffusée sur le Blog de la conscience énergétique, actualisé par le réseau Agora Energy. Deux bonnes références à découvrir si vous ne connaissez pas encore.

L'interview est à lire en cliquant ici !

Vertiges...

Publié le vendredi 20 juin 2008

On prête beaucoup de citations délicieuses et croustillantes à ce cher Albert Einstein. Notamment celle-ci :

"Il n'y a que deux choses qui soient infinies : L'univers et la bêtise humaine. Mais pour l'univers, je ne suis pas tout à fait sûr."

Cette citation, allez savoir pourquoi, m'est immédiatement venue à l'esprit quand j'ai lu la nouvelle suivante, que m'a rapporté l'un de mes correspondants aux Etats-Unis, l'anthropologue Richard Wilk : "Au moment où la crise alimentaire s'exacerbe en tant que problème mondial, précipitant les plus pauvres vers la faim et l'inanition, un nouveau "concept" d'émission de télé-réalité fait son apparition sur les "networks" américains : "Hurl", une compétition dont le but est de se gaver autant que possible d'à peu près n'importe quoi - des traditionnelles "chicken pot pies" en passant par les sandwiches au beurre de cacahuète, jusqu'à en être pris de spasmes stomacaux. Le gagnant est celui qui vomit le dernier..."

Désolé, je n'invente rien... Classe, non ?

Inspire s'associe au lancement français du Livre "Natural Capitalism - Comment réconcilier économie et environnement"

Publié le mercredi 18 juin 2008

En partenariat avec les éditions Scali, Inspire souhaite contribuer activement à la diffusion des idées radicalement innovantes développées par Paul Hawken, Amory et Hunter Lovins dans "Natural Capitalism".

Tout nouvel adhérant d'Inspire qui commanderait en même temps le livre verra le montant de sa cotisation pour la première année réduite de 10 €. (Possibilité pour les entreprises de commander plusieurs exemplaires - voir directement avec Inspire)

Plus d'informations : ici !

et bulletin d'adhésion au format pdf : ici !

La Contribution Climat Energie : éviter l’ingérable, gérer l’inévitable

Publié le lundi 16 juin 2008

Dans le contexte actuel de hausse du prix du pétrole, la priorité doit être donnée aux réductions de la consommation d’énergie. Il est plus que jamais temps de sortir nos sociétés, nos économies, du système où nous sommes sous perfusion d’énergie fossile en permanence. La fiscalité écologique, notamment sur le carbone, peut être un puissant instrument pour ce faire, bien plus efficace que les mesures conjoncturelles contreproductives qui visent à contenir artificiellement la hausse du prix de l’énergie (prime à la cuve, baisse de la TVA…). L’immense majorité des économistes s’accorde pour dire qu’il faut donner un prix au carbone, pour éviter une crise climatique de grande ampleur. Aujourd’hui, ce prix existe en Europe pour les industries lourdes. Pour les émissions diffuses, notamment dans les transports et dans le bâtiment, nous manquons cruellement d’instruments économiques. Le défi consiste à gérer la transition vers des comportements sobres en énergie, en accordant une attention particulière à ceux qui, professionnels ou particuliers, souffrent le plus socialement de l’envolée du prix de l’énergie. En d’autres termes, il est nécessaire de penser en même temps aux enjeux climatiques et énergétiques, et aux considérations de justice sociale. Ce sont en effet les plus pauvres, les plus fragiles qui souffriront le plus des impacts simultanés des deux crises. La Fondation Nicolas Hulot fait ici une proposition d’affectation du produit de la fiscalité environnementale qui correspondent à ces deux impératifs. La mise en place d’une Contribution Climat Energie permettra d’éviter l’ingérable d’un point de vue climatique, et de gérer l’inévitable d’un point de vue social.

Cliquez sur le lien ci-après pour télécharger la note :

Contribution Climat Energie (CCE) : Note explicative sur la mise en œuvre et l’affectation

A tous les princes de Serendip

Publié le vendredi 13 juin 2008

Un ancien compte persan du 16ème siècle, Les trois princes de Serendip, (Serendip est le nom persan de Ceylan), raconte l'histoire de trois princes partis en mission, qui surent faire preuve d'un bel esprit d'ouverture et d'une remarquable capacité à tirer parti de l'adversité. Chemin faisant, il ne cessèrent de trouver des informations ou des indices, sans rapport apparent avec leur mission, mais qui se révélèrent après coup indispensable à son accomplissement.

Deux siècles plus tard, ce compte inspira le philosophe anglais Horace Walpole, au point qu'il inventa le mot serendipity, qui désigne désormais le fait de trouver de manière inattendue quelque chose d'intéressant, bien qu'apparemment sans rapport avec ce qu'on est réellement en train de chercher, et de savoir en tirer parti. L'histoire des sciences est jalonnée de ces expériences produisant des résultats surprenants, ou de ces erreurs de manipulation qui conduisent un peu par hasard à des découvertes majeures. Le tout étant bien sûr d'être capable, à ce moment là, de se remettre en question et d'assumer ses erreurs pour explorer la nouvelle voie qui se présente.

Nous sommes tous des princes de Serendip.

Et si ce n'est pas encore le cas, nous gagnerions à nous inspirer d'eux. Combien de bonnes idées, venues de là où nous ne les attendions pas, avons nous su saisir ? Combien de de nouveaux horizons avons nous pu contempler, combien de nouveaux possibles avons nous découvert, grâce aux rencontres fortuites que nous avons su écouter, voire grâce aux échecs qui se sont mis en travers d'un beau parcours balisé ?

Simples opportunistes, nos princes de Serendip ? Pas sûr. Ils n'en ont pas pour autant négligé leur mission. Mais après tout pourquoi pas. La notion d'opportunité est relative, et dépend de ce qu'on veut vraiment.

Le bonheur, comme le succès, me semble moins désigner un état, de toute façon transitoire, qu'une direction, un cheminement. Comme un Graal dont on sait pertinemment qu'on ne le trouvera jamais, mais dont la quête vous donne l'énergie et le courage d'avancer, jour après jour. Si c'est la quête du bonheur qui vous anime, comme c'est mon cas, cette quête mettra forcément sur votre chemin la responsabilité (pourriez vous être vraiment heureux au dépend d'autrui ?) et la solidarité (pourriez vous être vraiment heureux, isolé dans votre bulle, alors qu'autour de vous tout n'est que détresse, désarroi, désespoir ?). Ainsi admise, avec l'ensemble de ses implications, la quête du bonheur cesse d'être futile ou égoïste pour devenir la plus noble, la plus porteuse de sens qui soit.

Et, si telle est votre quête, bienvenue dans un monde complexe, plein de contradictions parfois seulement apparentes, mais aussi parfois plus profondes, parmi lesquelles il vous faudra bien trouver votre chemin, tels nos chers princes de Serendip.

A une époque où l'humanité semble tant faire fausse route, où les obstacles se dressent les uns après les autres, où les valeurs même qui fondent nos civilisations sont bousculées, peut être avons nous, collectivement, à apprendre d'eux, pour reconsidérer nos choix et explorer des voies nouvelles.

En (très) bonne compagnie (suite)

Publié le samedi 31 mai 2008

Dans ses émouvantes mémoires « Je n'aurai pas le temps », Hubert Reeves revient sur ce qui l'a conduit à s'engager pour la défense de l'environnement, pour la défense de tout ce qui vit, et notamment celle de l'humanité, constamment au cœur de ses préoccupations.

Le « pour » est important : Hubert Reeves est un homme qui s'engage pour quelque chose, jamais contre.

En rejoignant le ROC, fondé par Théodore Monod, puis, en devenant président que ce qui est devenu sous son influence la Ligue ROC, Hubert affirmait et renforçait son engagement. Le Rassemblement des Opposants à la Chasse est devenu la Ligue ROC pour la défense de la faune sauvage et la défense des non chasseurs.

Si je devais décrire ce qui m'a conduit à m'engager dans le même combat, à ses cotés, en rejoignant moi même la Ligue ROC il y a quelques années, je ne changerais pas un mot à ce qu'il a écrit.

Merci Hubert.

Je suis fier, oui, fier d'être en aussi bonne compagnie, à tes coté, et aux cotés de tous ceux qui sont devenu pour moi des amis chers : Nelly, Christophe, Gilles, Michèle, et tant d'autres, permanents, administrateurs et bénévoles, célèbres ou anonymes.

- www.roc.asso.fr
- www.hubertreeves.info
- www.biodiversite2012.org

7 ans. Tant ? C'est tentant !

Publié le samedi 31 mai 2008

La nouvelle Kia Ceed est garantie 7 ans, c'est écrit partout sur les panneaux d'affichage de vos villes. Sept ans c'est tentant...

Ou sept ans de réflexion ? Parce que, entre nous (et ça ne sortira pas d'ici, promis), je m'interroge... A combien sera le baril de brut dans sept ans ? Et combien vous en coûtera t-il alors pour faire un plein ?

Personnellement, je n'en ai aucune idée : 150 € ? 200 ? 300 ? Pour un plein ? Vous savez, vous ?

Finalement, est-il si urgent de changer de voiture ?

En bonne compagnie...

Publié le vendredi 30 mai 2008

Voyage en train ce matin, en compagnie d'Hubert Reeves et de Dominique A.

Vous l'aurez compris, bien sûr, ce sont leurs œuvres qui m'accompagnaient, nourrissant mes pensées, mes rêveries, me submergeant d'émotion parfois.

Merci à eux pour ces moment furtifs qui aident à vivre et me donnent de l'énergie de continuer.

Petite satisfaction supplémentaire : Il a beaucoup plu ces dernières semaines. La France, telle que je pouvais la voir par la fenêtre, est verte en cette fin de mois de mai. C'est comme ça que je l'aime.

L'essence de la bêtise humaine

Publié le vendredi 23 mai 2008

L'utilisation massive des énergies fossiles aura fait, en un peu moins de deux siècles, pas mal de dégâts environnementaux, au nombre desquels le moindre n'est pas le bouleversement climatique enclenché, irréversible à l'échelle humaine. Mais il semble que le pétrole fasse aussi pas mal de dégâts dans les esprits, au point de provoquer de curieux désordres mentaux et autres pertes de repères...

Que, pour s'en convaincre, on entende M. Margerie, le PDG de Total, déclarer tout de go, lors d'une visite en Angola, que "le seul moyen de faire baisser le prix du pétrole, ou du moins d'éviter qu'il ne monte trop vite, c'est de mettre plus d'énergie sur le marché". Ah bon ? Et demain ? La fuite en avant ne fait que décaler le problème. C'est comme si, surendetté, je contractais un nouvel emprunt pour rembourser celui que je ne peux pas rembourser aujourd'hui. Mais c'est le patron d'une des entreprises françaises les plus prospère qui le dit... Heureusement qu'il se soit trouvé un Barack Obama, candidat à l'investiture démocrate aux élections américaines, pour affirmer avec conviction (en espérant qu'il la gardera s'il est élu) que "le seul moyen de faire baisser durablement le prix du pétrole, c'est d'en consommer moins".

Du coté de l'homme de la rue (ou est-ce l'homme de la route), ce n'est guère plus brillant. Que des marin pêcheurs, pour protester contre le prix élevé du gazole, décident de distribuer gratuitement le contenu des pompes d'une station service à Ouistreham, et c'est une version moderne de "la ruée vers l'or noir" qui se déroule sous les caméras de télévision. Les mines réjouies des automobilistes qui faisaient la queue pour faire le plein gratuitement en disaient long sur la perte de repères dont nous semblons être collectivement victimes. Aucun d'entre eux ne semblait comprendre une seule seconde que ce qui se passait là n'était rien d'autre qu'un vol, au dépend d'un commerçant qui en faisait les frais, et dont ils étaient tout simplement les complices et receleurs.

J'ai été témoin à Marseille d'un début de panique, lorsque les marins pêcheurs ont bloqué quelques heures le port de Fos. Craignant la pénurie, on pouvait voir des centaines de mètres de files d'attentes aux stations services. En 2000, lors d'un épisode similaire (les routiers bloquaient alors les raffineries), des gens en venaient aux mains lorsque les cuves venaient à se vider. Notre dignité ne pèse pas grand chose face à un jerrican d'essence. Le verni de civilisation n'est pas bien épais. Il n'est pas besoin de gratter beaucoup pour voir affleurer à nouveau la barbarie...

Le pétrole est cher, ce que tout le monde semble (ou feint de) découvrir. Les secteurs économiques les plus dépendants du pétrole, le transport routier et la pêche, voient leur équilibre financier directement menacé. Et demandent des aides en compensation, ou des détaxes sur le prix du carburant. Après ces secteurs là en viendront d'autres. La situation est bien sûr intenable pour beaucoup de professionnels, qui ont des familles à nourrir et à loger. Mais à ce compte, les chômeurs et les RMIstes seraient aussi fondés à demander des aides, en bloquant les ports et autres infrastructures.

Tout ce passe, c'était à craindre, comme si on découvrait aujourd'hui ce qui est une évidence pour qui observe lucidement la situation depuis quelques années déjà.

Alors que faire ? Mettre plus de pétrole sur le marché ? Baisser le prix de l'énergie par des détaxes ? Evidemment non. Certains secteurs économiques ont besoin d'une aide d'urgence, au risque de menacer de nombreux emplois directs et indirects. Mais, de grâce, que cette aide ne porte pas sur le prix de l'énergie (le prix actuel ne reflète pas encore le niveau de délétion actuel de la ressource et la tension entre une demande croissante et une capacité d'extraction qui atteint ses limites). Il faut que cette aide soit une aide à la reconversion, à la transformation des filières et parfois des modèles économiques des secteurs. Le transport doit optimiser les flux, améliorer le remplissage, limiter les tournées, et se reporter sur le ferroviaire et le fluvial. Un travail considérable est à faire sur l'efficacité des moteurs, l'amélioration des rendements des véhicules (limitation des poids inutiles, aérodynamique, pneumatiques, etc.). Du coté de la pêche, une partie de la flotte peut être convertie vers des systèmes de propulsion plus performant, pourquoi pas en se tournant vers les piles à combustibles, voire un retour à des systèmes énergétiques embarqués d'appoint basés sur du photovoltaïque ou de l'éolien. Sans parler, là aussi, de la limitation du nombre des navires et des tournées.

Il en ira de même du coté du grand public. Il est temps de réfléchir à des alternatives sérieuses. La plupart des gens répondent, lorsqu'on leur pose la question, qu'il ne peuvent rien faire, qu'ils ont absolument besoin de leur voiture. Jusqu'à des étudiants, habitant en ville, qui vous disent qu'ils ont absolument besoin de leur voiture pour aller à la fac (j'en connais). Alors que 80% des trajets urbains font moins de 5 km, la distance pour laquelle une bicyclette est plus rapide qu'une voiture en ville (personnellement, j'en fais entre 15 et 40 par jour, en vélo). C'est vrai, tout le monde ne peut pas faire du vélo, et l'offre de transport en commun est souvent insuffisante ou inadaptée. Mais le réflexe premier "on ne peut rien faire", ne tient plus. Tout le monde peut faire quelque chose, certains plus, d'autres moins. Choisir un véhicule plus adapté et plus économe, adopter une conduite plus souple et plus économe, éviter les trajets les plus courts, faire, quand c'est possible, du covoiturage, ... J'arrête là la litanie tant j'ai l'impression d'enfoncer des portes ouvertes.

John F Kennedy disait : "Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais demande toi ce que tu peux faire pour ton pays". J'aimerais qu'ensemble, syndicalistes, chefs d'entreprises et dirigeants politiques nous disent : "Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour faire baisser le coût du pétrole, mais demande toi ce que tu peux faire pour ne plus dépendre du coût du pétrole". Et qu'on nous dise cela, bien sûr, en joignant le geste à la parole et en mettant en place rapidement une politique vigoureuse d'efficacité énergétique. L'offre n'est pas la solution. C'est par la réduction de la demande que nous progresserons.

La fronde économique

Publié le vendredi 23 mai 2008

Dans la foulée de mon précédant post, je ne peux que vous recommander de faire un petit tour sur :

http://www.lafronde-economique.net

D'intéressantes réflexion sur les convergences et frictions entre humanisme et économie. Avec en prime une excellente fiche de lecture sur le livre de Muhammad Yunus dont je parle un peu plus bas...

Bonne lecture,

Un nouveau capitalisme...

Publié le vendredi 23 mai 2008

"Un nouveau capitalisme" n'est pas un livre de plus sur le micro-crédit (Qui, a mon avis, n'est sans doute pas LA solution miracle contre la pauvreté mais un instrument, parmi d'autres, à utiliser avec discernement et qui peut donner à ces conditions des résultats intéressants). Si Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix 2006, revient dans ce livre sur l'expérience de la Grameen Bank au Bangladesh, c'est surtout pour se faire l'avocat, avec enthousiasme et conviction, d'un nouvel instrument, le "social business" (Il n'existe pas vraiment de traduction pertinente en français). C'est sous cette forme qu'on été lancées plusieurs filiales de la Grameen Bank, notamment Grameen Danone, dont le but est de fournir des aliments (ici des yaourts) de bonne qualité et accessibles aux enfants des familles pauvres, ou Grameen Véolia, créée pour fournir un accès à l'eau potable aux plus démunis. L'une comme l'autre de ces entreprises travaillent sur un produit (le yaourt ou l'eau potable), mais contribuent aussi à développer l'économie locale en s'approvisionnant localement, et en recrutant et formant une main d'œuvre locale.

Alors, un social business, qu'est ce que c'est ?

Un social business, ce n'est pas un statut, mais plutôt un modèle économique particulier. Traduit chez nous, un social business pourrait très bien être une entreprise "classique" dans la forme, c'est à dire juridiquement une SA ou une SARL, mais doté de deux caractéristiques principales :

- Un social business est créé pour répondre à un enjeu sociétal ou environnemental. La mission que se donne l'entreprise est inscrite dans ces statuts. La priorité de l'entreprise, elle aussi statutaire, ne doit pas être la maximisation du profit mais la maximisation du bénéfice social ou environnemental, objet de sa mission.
- Un social business ne distribue pas de dividendes. Les actionnaires sont remboursés de leur capital, au terme d'un échéancier défini contractuellement, et restent propriétaire de l'entreprise (donc participent à sa gouvernance) après qu'ils aient été remboursés. Mais en aucun cas ils ne percevrons d'intérêts ou de dividendes sur leur investissement. Leur investissement a une vocation sociale, leur satisfaction doit être l'atteinte du résultat social. Les profits (car profits il doit y avoir pour la pérennité de l'entreprise), sont ré-investis dans le développement de l'activité et la maximisation du bénéfice sociétal.

Qu'apporte de plus ce type de structure, notamment par rapport aux fondations ou aux œuvres caritatives ?

La différence fondamentale vient dans la pérennité de l'action engagée. Un €uro investi dans une œuvre caritative est dépensé pour venir au secours d'une cause environnementale ou des plus démunis. Il l'est souvent dans une situation d'urgence, où il s'agit avant tout de sauver des vies. Un €uro investi dans un social business contribue à créer une activité économique pérenne, rentable, même si sa vocation est sociale ou environnementale. Cet €uro investi est continuellement recyclé, et génère lui même par les profits d'autres €uros qui seront réinvestis dans la cause.

Ce nouvel instrument n'est certainement une solution miracle à tous nos maux, notamment à une certaine dérive d'un hypercapitalisme mondialisé et les dégâts sociaux et environnementaux que cette dérive entraîne. Mais avec un peu d'imagination et en l'adaptant à d'autres contextes que celui pour lequel Muhammad Yunus l'a inventé, il peut proposer une réponse pragmatique et efficace à bien des situations, notamment, mais pas exclusivement, dans le secteur de l'économie sociale et solidaire.

Pour en savoir plus :
- La rubrique "Social business" du site Danone Communities
- Un regard plus critique sur la micro finance et le social business

"Et si la terre s'en sortait seule"

Publié le jeudi 1 mai 2008

Laurent Cabrol, présentateur météo, nous fait son livre sur le réchauffement climatique. C'est sûr que d'être un présentateur météo (c'est à dire le temps qu'il fera dans quelques jours), ça fait de vous un spécialiste de l'évolution du climat à l'horizon des décennies et des siècles à venir. Ca vous autorise même à avoir raison tout seul contre les meilleurs scientifiques mondiaux spécialistes du sujet et contre le GIEC.

Donc M. Cabrol nous dit, un peu comme M. Allègre, que le changement climatique on n'y est pour rien, et que ça ne sert à rien de lutter contre, par exemple en isolant sa maison, en roulant moins vite en voiture ou en prenant son vélo...

En fait, il a raison sur un point M. Cabrol : La terre s'en sortira toute seule. C'est même certain. Mais sans nous.

La terre est solide. La vie sur terre est solide. Elle a connu 5 grandes crises d'extinction. Donc une de plus, qu'est-ce que ça change ? Après l'homme, il y aura des plantes et des animaux, des bactéries, des insectes, et peut être même quelques mammifères comme les rats ou les souris, qui continuerons à s'adapter et à évoluer. Donc l'enjeu n'est pas là. L'enjeu, c'est, selon la formule de Hans Jonas, de créer les conditions pour qu'une vie authentiquement humaine soit possible sur terre, aujourd'hui comme dans le futur.

"Arrêtons de dire que nous allons sauver la planète en roulant en vélo" Nous dit M. Cabrol. Il a raison. Moi, je me déplace en vélo par pur hédonisme, parce ça me fait du bien, que ça me permet d'arriver à l'heure à mes rendez-vous, et que j'y prend plaisir. Mais il se trouve qu'en me déplacement en vélo, je n'impacte pas l'environnement dans lequel vivent mes contemporains, ni celui dans lequel vivront mes descendants. Je ne sauverais pas la planète, non. Mais peut être quelques vies. Tout en rendant la mienne plus agréable. Que demande le peuple ?

Justice environnementale

Publié le jeudi 1 mai 2008

"Pretendre que le progres technique peut nous sauver est une plaisanterie. J'en ai marre de cette illusion qui consiste a faire croire que l'on va s'en tirer avec la croissance ou avec les progres techniques, quelques importants qu'ils puissent etre. C'est faux. Si on veut faire face a la situation et eviter des situations dramatiques des avant la moitie du siecle, les flux de matiere, energie incluse, devront decroitre. (...) Si on veut faire decroitre les flux de matiere de facon substantielle, meme avec les strategies de dematerialisation, d'economie circulaire ..., la question de la justice doit etre centrale. Soit les efforts environnementaux se feront sur la base d'une meilleure repartition de la richesse et ils deviendront possibles pour tous, soit ils se feront au detriment des memes et ils ne se feront pas. Ce qui pourrait deboucher sur un crash planetaire. Sans justice environnementale, ce sera le chaos."

Dominique Bourg, « Une justice environnementale ou le chaos », Le Soir, 07/04/08

Voir l'entretien dans son intégralité ici...