L’exaptation est un concept utilisé en biologie de l’évolution. Pour faire face aux changements de leur environnement, les organismes vivants ont deux possibilités. La première consiste à s’adapter, en modifiant leur apparence, leur métabolisme, ou leur comportement. Si cette réponse est la plus connue, elle n’est possible qu’à travers un processus lent et graduel. La seconde se trouve dans l’exaptation, qui consiste à utiliser autrement, ou pour une autre fonction, un organe ou un atout préexistant. Exemple: les "poissons" qui sont sortis les premiers de l’eau pour conquérir les continents n’ont pas vu des pattes leur pousser un beau matin. Ils n’ont pas non plus commencé à ramper sur leurs nageoires, qui auraient été des organes bien inadaptés pour se déplacer sur la terre ferme. Non:des pattes, ils en avaient depuis longtemps, mais elles leur servaient à se déplacer au fond de l’eau puisque tel était leur mode de vie et leur niche écologique. L’exaptation est souvent avancée par les paléontologues pour expliquer ce qu’on appelle des "sauts évolutifs", sortes d’accélérations brutales dans l’évolution du vivant.

Aujourd’hui, dans un contexte d’épuisement rapide des ressources naturelles et de dégradation inquiétante des services rendus par les écosystèmes, nous avons besoin d’une évolution rapide de nos modes de productions et de consommation.

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L'édito : "Entrons dans le "post-néolithique" :

« Un autre monde est possible », scandaient à l’unisson les altermondialistes. C’était il y a à peine quelques années, cela nous semble aujourd’hui une éternité, tant tout s’accélère. Comme ils se trompaient…

Ils se trompaient car la formule qui conviendrait serait plutôt : « Un autre monde est certain ». Le monde, tel que nous l’avons connu, touche à sa fin. La seule question qui reste ouverte, c’est celle de savoir si nous saurons à temps nous entendre sur l’essentiel pour choisir ce que nous en ferons, ou si nous devrons nous résigner, par défaut, à subir ce qu’il sera.

Reconnaître les limites physiques et écologiques de la biosphère ne constitue pas une capitulation ni un recul de la pensée, encore moins une dévalorisation de l’humain. Mais continuer à croire que nous pouvons tout maîtriser, tout domestiquer (y compris l’Homme ?) serait une dangereuse illusion. Hubert Reeves aime ouvrir ses conférences par la phrase suivante : « Nous menons une guerre contre la nature, si nous la gagnons, nous sommes perdus ».

En écho à cette citation, François Letourneux nous invite, en épilogue d’un concis mais remarquable ouvrage*, à passer au « postnéolithique ». Lorsque nous y serons parvenus, il y aura alors eu, dans l’histoire des relations entre l’Homme et la nature, trois époques fondamentalement différentes :

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