Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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Vous n'imaginez pas tout ce que la bicyclette peut faire pour vous...

Publié le mardi 29 décembre 2009

Superbe ! On regarde, on écoute, on jubile...



Ce qui me plait particulièrement dans cette vidéo, c'est que faire du vélo est la chose la plus naturelle qui soit : on fait du vélo habillé comme on est, avec ce qu'on a a emporter, tout est simple, aussi simple que de marcher.
D'ailleurs, personne n'a de casque : vous en mettez un, pour marcher, vous ?

Je n'entends ici que des excuses : faire du vélo c'est fatiguant, c'est salissant, c'est dangereux, je suis trop vieux, j'ai les enfants à accompagner à l'école, les courses à faire en rentrant du travail, ma guitare en trimballer, etc...

Rien de tout ça ici. C'est normal, rien de plus. Et ce qui est sur, c'est que tous ces gens seraient "diminués" sans leur vélos. Il leur manquerait quelque chose. Avec, il sont beaux, ils sont légers, ils sont libres.

Réorienter l'économie en imitant la nature

Publié le lundi 21 décembre 2009

L'institut INSPIRE, la SERE et l'Institut Océanographique Paul Ricard ont le plaisir de vous inviter au prochain mardi de l'environnement sur le thème :

REORIENTER L'ECONOMIE EN IMITANT LA NATURE

Bio-mimétisme, écologie industrielle, économie circulaire, solidaire, durable... tous ces concepts s'inspirent du vivant et entrent dans le cadre d'une nouvelle démarche visant à réhabiliter le vivant et à introduire ses fonctionnalités dans les modèles de développement. Que faut-il en penser ?

Mardi 5 Janvier 2010 de 19h précises à 21h

Fondation d'entreprise Ricard

12 rue Boissy d'Anglas

75008 Paris - Métro- Parking Concorde ou Madeleine

Votre inscription préalable est nécessaire par e-mail : mpc@s-e-r-e.com

Vous trouvez le détail du programme et des intervenants dans le communiqué à télécharger ici.

Refuser les certitudes pour choisir la raison

Publié le lundi 14 décembre 2009

Et si le choix le plus critique, le plus structurant, le plus déterminant pour notre avenir n’était pas là où on le croit ? Et s’il passait inaperçu faute d’être explicité et ouvertement débattu ?

S’agit-il seulement de choisir entre droite et gauche, entre écologistes et « éco-sceptiques », entre « croissante verte » ou décroissance, entre adaptation au changement climatique ou réduction des gaz à effet de serre ? Bien sûr, ces débats là sont importants. Mais il me semble qu’aujourd’hui la ligne de partage fondamentale est celle qui se dessine entre ces deux options :

La première est celle qui consisterait à rechercher la maîtrise la plus absolue de notre environnement, à réduire l’incertitude au maximum et à maîtriser notre destin. Nous sommes là en plein dans l’héritage du néopositivisme du XIXème siècle, dont l’avatar contemporain est parfois dénommé « scientisme ».

Rassurant en apparence. Plus de risque, plus de plongée dans l’inconnu. Marchons, marchons, d’un pas sûr et déterminé, vers le meilleur des mondes…

L’autre est celle qui, au contraire, nous conduirait à accepter le monde tel qu’il est, dans son infinie complexité, avec toutes les incertitudes que cela implique. Cette posture là implique une grande modestie. Elle nous amène à reconnaître que la maîtrise de la biosphère nous est définitivement hors de portée. (Ce que l’échec de l’expérience « Biosphère II », en 1994, tendrait à démontrer). En renonçant au rêve cartésien d’une humanité asservissant la nature, nous retrouverions alors une vérité profonde, que nous avons tant refoulé : Il n’existe pas d’un coté, l’homme, et de l’autre coté, la nature, mais une biosphère, au sein de laquelle co-évoluent des organismes vivants humains et non humains. Et c’est entre ces vivants humains et non humains qu’une nouvelle alliance doit aujourd’hui se dessiner. Loin d’une quelconque « écologie profonde » reléguant l’espèce humaine au rang des autres espèces, il s’agit au contraire d’une nouvelle vision de l’humanité, réconciliée avec elle même et consciente de sa vraie nature.

Ce débat là reste confiné au sein d’un cercle restreint d’initiés, qui, selon leurs orientations, préfèrent avancer masqués, ou peinent à rendre les enjeux lisibles. Il est urgent de l’inscrire ouvertement dans le champ démocratique.

Car, loin d’être théorique, il permet d’éclairer bien des choix : maîtriser le climat, stocker le CO2 par exemple, ou passer d’urgence à l’économie de l’après pétrole. Dessaler l’eau de mer, forer de plus en plus profond, ou mettre en place une véritable stratégie d’utilisation rationnelle de l’eau. Compter sur la technologie pour dépolluer, ou concevoir d’autres modes de production et de consommation pour ne plus polluer. Installer une nouvelle centrale de traitement des eaux, ou restaurer l’écosystème du bassin versant en reboisant, en restaurant les zones humides et en modifiant les pratiques agricoles.

Avec une grosse surprise à la clé : dans bien des cas, le choix le plus rationnel sur le plan économique n’est pas celui que l’on croit… Est-ce là ce qu’on appelle une stratégie « sans regrets » ?

Chronique publiée initialement ici !

Copenhague : n’oublions pas la biodiversité !

Publié le lundi 14 décembre 2009

Curieusement, le grand absent du débat sur le changement climatique, c’est la biodiversité. Et quelle absence ! Oserais-je écrire qu’après tout, si le changement climatique est préoccupant, c’est avant tout parce qu’il perturbe profondément, et à un rythme jamais atteint depuis que sapiens a pris ses quartiers sur terre, l’ensemble du tissu vivant de la planète. En théorie, nous pourrions, nous, nous adapter à un changement de quelques degrés : par exemple en reconsidérant l’urbanisme ou l’architecture de nos bâtiments. Mais les écosystèmes, et les espèces qui les constituent, devront pour s’adapter modifier en profondeur leurs comportements, évoluer au plan génétique, ou encore migrer, ce qui prendra nécessairement un peu de temps. C’est à une vaste reconfiguration des écosystèmes que nous assistons, avec son cortège de conséquences imprévues.

Toutes les espèces ne sont pas égales face au changement climatique. Leurs potentiels d’évolution et leurs cycles biologiques varient selon les effectifs, la longévité ou le mode de reproduction. C’est ainsi que certains insectes, qui ont des cycles reproductifs rapides, s’adaptent plus vite que les oiseaux qui s’en nourrissent. Conséquences : prolifération des chenilles au mauvais moment, et pénurie alimentaire pour les oisillons, qui auront eu le tort de naître juste un peu trop tard…

Nous connaissons les causes de l’érosion de la biodiversité : Artificialisation et destruction des habitats naturels, fragmentation des écosystèmes, dissémination d’espèces invasives, pollutions, prélèvements excessifs. Et bien sûr le changement climatique, facteur aggravant universel. Mais nous sommes nous posé la question de savoir dans quelle mesure nos stratégies adaptatives seront favorables ou défavorables à la biodiversité ?

Les espèces vont devoir se déplacer et circuler librement : c’est le sens du projet de trame « verte et bleue ». Mais ne risquons nous pas, par certaines adaptations qui nous seraient favorables à court terme, de créer de nouvelles ruptures écologiques, par exemple pour produire de l’énergie à partir de biomasse ou de vastes fermes solaires, ou à travers une densification de certaines zones urbaines, ou encore via une modification des cultures ?

Analyser le changement climatique avec pour seuls paramètres la température et la concentration atmosphérique de CO2 ou de méthane, c’est un peu court. Une approche systémique est indispensable pour éclairer les choix politiques locaux et globaux, intégrant les écosystèmes, l’homme et ses activités, pour comprendre les effets combinés des stratégies d’adaptation des êtres vivants, humains et non humains.

Nous commettrions une erreur fondamentale en oubliant la biodiversité. Elle est notre meilleure alliée pour limiter l’ampleur du changement climatique et nous adapter à ses conséquences. Elle est notre assurance vie face à cet inconnu vers lequel nous fonçons.

(Reprise d'une de mes chroniques sur Terra-economica.info, ici)