Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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Le site d'INSPIRE fait peau neuve

Publié le dimanche 30 novembre 2008

Le nouveau site d'INSPIRE est en ligne, à l'adresse : www.inspire-institut.org

Il sera appelé à évoluer rapidement dans les semaines qui viennent.

L'ancien reste en ligne le temps que l'ensemble des articles aient été repris, mais il ne sera plus mis à jour.

Vous avez dit relance ?

Publié le lundi 17 novembre 2008

Un correspondant, lecteur de ces pages dont le CV atteste la compétence et l'indépendance d'esprit, m'a fait parvenir la réflexion suivante, que je reproduit ici avec son accord. Je vous laisse déguster, méditer et réagir...

Actuellement ce qui m'inquiète, c'est qu'on parle de "relance".

Quand tu as un petit raté de moteur, je trouve bien qu'on donne un coup de manivelle, et qu'on relance, mais là, le problème est plus grave, et ça ressemble plus à une voiture qui a failli tomber dans le ravin, et qu'on pousse à nouveau, pourvu qu'elle roule. On imagine la suite pour la dite voiture. Au lieu de s'être dit ouf, on n'est pas passé loin, changeons de direction.

Revenons aux événements et aux causes de la crise :

Aux USA (et en Espagne), afin de soutenir la consommation, des banquiers se mettent à prêter auprès d'une clientèle plus large, ceux qui n'ont que peu ou pas de revenu. On use de deux outils simples: on allonge les durées d'emprunts pour abaisser le niveau des remboursements (en Espagne, on en était arrivé à des prêts à 60 ans) ; on diminue les garanties (on accepte que des gens s'endettent à 40, 50 voire 60% de leurs revenus connus à l'instant T).

L'idée est simple: le capitalisme (quelques soit ses formes) vit sur les flux : Plus ça tourne vite, plus ça génère des flux financiers. Et la circulation, c'est la consommation. Quand il n'y a plus assez de consommateurs solvables, on en trouve d'autres, et on les solvabilise. Il s'agit de créer une (fausse) richesse.

Et cette consommation effrénée (en particulier en béton, donc ciment, acier, énergie) détruit des ressources naturelles (espace, minerais, hydrocarbures,...). La question de la limitation de ces ressources ne se pose pas.

Avec l'idée de relance, à quoi s'expose-t-on ?

Economiquement, la réaction des gouvernements est aussi irréaliste que celles des banquiers naguère. On emprunte ("foin des budgets équilibrés", "Saint Keynes a dit que c'était vertueux d'emprunter") et on relance.

Mais si les banques se sont cassées les dents et la figure, ne va-t-on pas vers un supercassage de figure ? Quand ce seront les gouvernements qui seront en faillite (comme en Islande, Hongrie, Grèce, Italie, ...). Il y aura qui derrière ?

D'autre part, relance veut dire qu'on va se remettre à consommer. Et quoi ? Si on fait une relance publique classique, on va faire des travaux publics : du béton et du bitume, et à grande échelle. La Chine vient d'annoncer qu'elle lance en urgence la construction de cinq centrales thermiques géantes au charbon. En clair on va accélérer l'épuisement de la Planète. Accélère, le mur approche, on va se le prendre en pleine face, fonce, fonce !

Obama, lui, annonce qu'on va en profiter pour booster les énergies vertes. Tiens, il y en a un qui pense. (Il y a donc de la vie sur terre ?)

En conclusion, je pose deux questions :

1) faut-il une relance?

Ou : peut-on avoir un système économique basé sur autre chose que l'épuisement des ressources et la course à la consommation / destruction ? (l'économie circulaire est-elle une réponse ?) On touche là aux dogmes des économistes actuels, tous confondus.

2) quel type de relance ?

Je me dis que, puisque ce sont les autorités publiques qui vont injecter de l'argent, elles pourraient le faire avec une écoconditionnalité forte. On pourrait faire du fer, et pas de la route, du solaire et pas du charbon, etc...

Gilles Pipien

Le développement durable contribue-t-il à la Paix ?

Publié le samedi 15 novembre 2008

S'adapter aux nouvelles raretés, valoriser les nouvelles abondances : Pour un partage des ressources et des savoirs.

Article écrit pour la première édition d'un journal international de jeunes sénégalais, roumains, portugais et français, animé et édité par l'association Zingha.

Face à ce qu'il est désormais convenu d'appeler "l'inversion des raretés", nos civilisations sont placés devant un choix : Survivre ou s'effondrer. C'est le constat que fait Jared Diamond, dans son livre "Effondrement". Ce choix, en apparence limpide, recouvre une réalité si complexe qu'il n'est pas forcément évident que nous serons capable de faire le bon. Le risque de nouveaux conflits armés, ou d'extension des conflits actuels, est bien réel, tant les richesses sont mal réparties, et tant la surexploitation des ressources naturelles est la cause d'une raréfaction rapide qui semble nous prendre aujourd'hui de court, alors qu'elle était si prévisible.

Dans cette situation, il y a ceux qui ont beaucoup à perdre, parce que leurs économies, prospères, sont menacées de déclin. Ceux là détiennent la puissance militaire, et seront tentés de l'utiliser pour préserver leur situation, et garantir leur accès aux ressources : Pétrole, gaz, uranium, minerais divers, zones de pêche, sols fertiles, eau, ...

Il y a aussi ceux qui n'ont rien à perdre. Ceux qui, laissés pour compte d'un développement qui s'est fait sans eux, voire à leur dépend, se lancent déjà dans des actions désespérées et meurtrières. Les désordres environnementaux en cours ne feront qu'aggraver leurs conditions de vie, déjà précaires, et renforceront la haine et le désir de revanche.

Il est probable que certains pourraient avoir, momentanément, l'illusion de gagner la guerre, grâce à leur suprématie militaire. Mais seront-il capables, pour reprendre l'expression d'un ancien Premier Ministre français, de gagner ensuite la Paix ? Ces nouveaux conflits ne feront qu'en provoquer d'autres, dans une escalade sans fin où il n'y aura finalement plus que des perdants.

S'il y eu peut être, aux yeux de l'histoire, des victorieux aux guerres du XXème siècle, il n'y aura plus que des perdants à celles du XXIème. Le défi du développement durable constitue une bataille d'un nouveau genre, de celles que nous devrons impérativement gagner ensemble, au risque sinon de perdre tous. Le jeu mondial est désormais un jeu à somme nulle, où nulle conquête n'est désormais possible, et où ce qui est perdu l'est pour chacun des joueurs.

Énoncé ainsi, le constat serait accablant, sans espoir. Mais l'inversion des raretés est à double face :

- Il y a d'abord la rareté de toutes ces ressources que les fondateurs de la révolution industrielle et de l'ordre mondial actuel, que nous avons reçu en héritage des siècles précédants, croyaient de bonne foi abondantes. Au regard d'un homme éclairé du XIXème siècle, il y aurait assez de pétrole, de charbon, de gaz, de poissons dans la mer, d'eau, de forêts, pour garantir le progrès continu du bien être humain. Mais cette illusion d'abondance a fait de nous des sortes de "roi fainéants" qui se contentaient de puiser d'une main leste dans un coffre, que nous croyions sans fond... Jusqu'à ce qu'aujourd'hui nous puissions voir le fond du coffre. Dans une sorte d'aveuglement collectif, nous avons confondu stock et flux, capital et intérêt. Mais les ressources fossiles sont, du moins à l'échelle du temps de l'humanité, limitées et non renouvelables. Et les ressources issues du vivant, comme le bois, les sols fertiles, les poissons, ou même l'eau douce de surface, ne sont renouvelables que si nos prélèvements sont inférieurs à la capacité de production des écosystèmes, ce qui n'est hélas plus le cas depuis quelques décennies.

- Face à ces nouvelles raretés, on trouve aussi de nouvelles abondances. Les connaissances scientifiques n'ont jamais été aussi étendues, précises et étayées qu'aujourd'hui. Nous avons en mains les moyens d'évaluer nos choix, de bâtir des scénarios pour le futur. Les enfants, les femmes et les hommes sont globalement, malgré des inégalités encore criantes, mieux éduqués qu'ils ne l'ont jamais été. Et comme nous sommes plus nombreux, notre capacité de travail et de réflexion n'a jamais été aussi importante. Le tout irrigué par des réseaux d'informations mondiaux où le savoir circule instantanément, où les idées, pour peu qu'elles soient libérées, peuvent être échangées entre tous, permettant de nouveaux modes de travail collaboratif, le partage des expériences et l'enrichissement des compétences.

Ces nouvelles abondances sont, en un sens, aussi scandaleuses que les nouvelles raretés, parce que si peu valorisées. Il est paradoxal que tant de compétences, tant de potentiels créatifs, soient en quelque sorte "laissés en jachère", sous employés ou inemployés, alors que nous en avons plus que jamais besoin. Dans une économie fondée sur une énergie et des ressources faussement bon marché, le travail pouvait en comparaison sembler cher. D'où la tentation de gagner sur la productivité du travail, de "délocaliser", de faire jouer la concurrence entre les femmes et les hommes.

Mais cette époque est aujourd'hui révolue. L'enjeu n'est plus, comme autrefois, d'augmenter la productivité individuelle des travailleurs. Il est désormais d'augmenter, et dans des proportions radicales, la productivité de l'énergie et des matières premières. Nous devons passer d'une économie intense en énergie, dévoreuse de ressources, à une économie intense en emplois, créative, au service de l'humanité et en harmonie avec la nature. Ce que l'inversion des raretés à rendu nécessaire par sa face "nouvelles raretés", elle le rend aussi possible par sa face "nouvelles abondances". Et, loin d'être une économie bornée par le partage de la pénurie, cette nouvelle stratégie créera de nouvelles abondances.

Des exemples, nombreux, démontrent que cette nouvelle révolution industrielle est à portée de main. De nouvelles stratégies industrielles, fondées notamment sur la circularité inspirée par le fonctionnement des écosystèmes, et la fonctionnalité, pour créer des richesses avec d'autres modèles économiques, ou encore sur la restauration du patrimoine naturel, ont déjà été mises en œuvre et ne demandent qu'à être généralisées.

Pour cela, il est indispensable de créer une dynamique commune, de forger et de partager une même vision d'un futur souhaitable, par delà les histoires et les différences culturelles, qui doivent devenir des sources de richesses et non de discordes.

Il est aussi indispensable de comprendre, et de mettre en œuvre, les trois solidarités fondamentales, dans le temps (intergénérationnelles), dans l'espace (nous vivons tous, en même temps, sur la même planète), et interspécifique (nos destins sont liés avec ceux des autres espèces qui peuplent la planète).

Cette nouvelle révolution industrielle, ces nouvelles solidarités, fondées sur une vision partagée d'un futur souhaitable sont, entre autres, des éléments constitutifs de ce que nous appelons, maladroitement, le développement durable.

Peut-on alors dire que le développement durable contribue à la Paix ? Oui, s'il permet de fonder un nouveau contrat entre les humains et avec la nature, de gérer intelligemment le patrimoine naturel, et d'en partager les bénéfices équitablement.

Mais on pourrait tout aussi bien dire que c'est la Paix qui contribue au développement durable, parce qu'elle est le socle indispensable de cette mobilisation sans précédent des énergies créatrices et de ce dialogue dont nous avons besoins aujourd'hui. Toute guerre, tout conflit est une perte de temps et d'énergie alors que nous avons si peu de temps pour réussir.

Il ne peut y avoir de développement durable sans une Paix juste et équitable, fondée sur un intérêt partagé et une même vision de l'avenir. La Paix, quand à elle, ne peut être durable sans une gestion concertée des ressources naturelles, sans une mobilisation des énergies et du potentiel créatif de chacun. Il ne s'agit plus de le dire. Notre génération vieillira dans un monde apaisé, parce que nous aurons su le transformer radicalement, et rapidement, ou dans un monde chaotique, dans lequel les socles fondamentaux de la civilisation se seront effondrés. Le choix est entre nos mains.

Yes we can !

Publié le mercredi 5 novembre 2008

Vous l'auriez reconnu ? ;-)

J'avais beau m'y attendre un peu (mais pour être sincère, il y a six mois, je n'y croyais pas), j'en avais les larmes aux yeux en apprenant la nouvelle ce matin. La victoire de Barack Obama (et quelle victoire !) est, ne boudons pas notre plaisir, une vraie bonne nouvelle. Une opportunité, l'expression d'un choix collectif qui reflète une aspiration à un vrai changement.

Nous vivons une période tellement oppressante, tellement anxiogène, que ce genre de nouvelle fait du bien. Elle démontre qu'une société peut aussi, au delà de la peur et de la tentation du repli vers le tout sécuritaire, se projeter dans l'avenir.

Yes we can ! Ils l'ont fait. Et nous, pouvons nous aussi changer ? Le voulons nous, collectivement, vraiment ?

Tous les hommes et toutes les femmes politiques de notre pays se réclament maintenant de Barack Obama. C'en serait touchant si ce n'étais au mieux naïf, au pire hypocrite. Celui qui vient d'être élu président des Etats-Unis était un total inconnu avant son discours à la convention démocrate de 2004. Ici, j'ai l'impression de voir les mêmes têtes depuis que j'ai ma carte d'électeur. Les américains, pas seulement les noirs mais une majorité des blancs et des autres minorités, ont élu un président métis. Notre pays est-il prêt à élire un président issu d'une immigration non européenne ?

En creux, l'élection de Barack Obama nous renvoie à nos propres rigidités, à nos conformismes et à nos craintes. Soyons à la hauteur.

Peut-on réconcilier Industrie et écologie ?

Publié le lundi 3 novembre 2008

Le 12 novembre, de 18h30 à 20h30, au Museum d’Histoire Naturelle de Marseille (Palais Longchamps) INSPIRE organise une table ronde sur le thème de la réconciliation de l’industrie et de l’écologie.

Invités :

- Cyril Adoue , ingénieur en génie des systèmes industriels, Docteur de l’Université de Technologie de Troyes. Il a fondé en 2005 l’entreprise «Systèmes Durables». Il est aussi membre de l’International Society for Industrial Ecology, ainsi que du groupe de travail en écologie industrielle du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable français.

- Patrice Valantin, entrepreneur, créateur de l’entreprise DERVENN, première société française de génie écologique et artisant de la biodiversité.

- Joël Houdet, coordinateur du groupe de travail “Entreprises et biodiversité” initié par Orée et l’Institut Français de la Biodiversité, et auteur du guide “Intégrer la biodiversité dans les stratégies d’entreprise”

La table ronde sera placée sous le regard d’un grand témoin, Patricia Ricard, Présidente de l'Institut Océanographique Paul Ricard, qui réagira aux propos des intervenants et animera les débats avec la salle. La réunion sera lancée par Emmanuel Delannoy, fondateur d’INSPIRE, et Anne Médard-Blondel, directrice du Muséum d'Histoire Naturelle.

Le nombre de places étant limité, merci de vous inscrire par courriel à : inspire@inspire-institut.org