L’économie du prochain siècle, ou l’inversion des raretés
mardi 6 mai 2008 Par Emmanuel Delannoy, dans Vivant(s) ! -# 220 - Fil RSS
Une note publiée sur le site Inspire..., que je reprends ici :
L’inversion des raretés est un des piliers qui fonde la réflexion d’Inspire… (Voir notamment notre dossier de présentation ou notre communiqué de presse), et nos actions se veulent une contribution active à l’élaboration d’un scénario de réponse cohérent.
Sur l’inversion des raretés, ce texte brillant de Dominique Dron fait bien sûr partie de nos références. Considérant qu’il mérite bien mieux qu’une simple note de bas de page, nous vous le signalons aujourd’hui, en espérant qu’il vous inspirera, comme il nous a inspiré.
Voici quelques extraits issus de sa conclusion, pour vous donner envie d’en lire plus :
“Trois évolutions apparaissent fondamentales. En premier lieu, la coopération pour la survie. Depuis la dislocation de l’Empire soviétique, le modèle de la concurrence de tous avec tous, dans tous les domaines et sur tous les sujets, apparaît comme le seul mode de relation possible entre sociétés, à l’intérieur des sociétés, voire entre individus. … C’est oublier un peu vite une loi des sociétés animales et plus largement des êtres vivants : des espaces de coopération sont indispensables à la survie individuelle et à la reproduction de l’espèce. Le modèle de la concurrence … n’est pas le seul. Il serait dangereux qu’il le devienne, et fasse oublier ces autres systèmes (coopératives, mutuelles, entreprises familiales), tout aussi légitimes, qui font la part de la compétition et du lien, de l’engagement et du collectif. …
Il est urgent de redéfinir la part de la coopération, comme mode de relation entre une activité économique et ses parties prenantes, et celle de la compétition, la part du collectif et celle de la concurrence, sous peine d’affrontements qui ne resteront pas qu’économiques. …
En second lieu, l’affirmation d’une politique européenne, volontariste, axée d’abord sur la robustesse et l’anticipation climatique, énergétique et sociétale …. L’Europe a beaucoup d’arguments pour réussir la prochaine révolution économique, celle qui va faire de la production du milieu de vie humain et de la restauration de ses conditions vitales la première activité industrielle. Prendre conscience de ces enjeux politiques et sociaux, plus qu’économiques, est un bon moyen de dépasser les forces centrifuges aujourd’hui déchaînées.
Enfin, l’intégration du long terme dans les comptes des acteurs économiques, au moyen d’une comptabilisation extensive de leurs externalités. L’activité économique doit être mesurée dans tous ses effets, positifs et négatifs, dans la totalité de leur périmètre, bien au-delà du seul processus de production et de vente. …
C’est aussi par là que l’entreprise se réconciliera avec ses territoires, son milieu et sa responsabilité. …
L’enjeu d’une économie robuste, c’est-à-dire construite à temps, n’est pas l’arrêt du développement, ni le recul de l’activité ou de la création de valeur. Il s’agit au contraire de préparer l’économie de la qualité de la vie au sens aigu du terme, l’économie du bien-être et des opportunités de satisfaction pour le plus grand nombre. Il s’agit de réussir un défi inédit de ce siècle ; la production du monde, qui substitue là où c’est possible les effets du génie humain à des gratuités de la nature épuisées, disparues, ou menaçantes, et les épargne ou les restaure là où c’est la seule issue. Enfin, il s’agit, à travers la tenue des territoires, la force du lien et de l’engagement, la primauté de la société sur l’économie, de remplacer la mesure omniprésente du prix par la mesure naissante de la qualité de la vie. Il en va non seulement de la richesse, mais aussi de la paix du monde.”
Pour lire ce texte dans son intégralité, rendez-vous ici !
Commentaires
#1 - Le mercredi 28 octobre 2009 à 17:53, par Jérôme
#2 - Le mercredi 28 octobre 2009 à 18:26, par Emmanuel Delannoy
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