Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

En (très) bonne compagnie (suite)

Publié le samedi 31 mai 2008

Dans ses émouvantes mémoires « Je n'aurai pas le temps », Hubert Reeves revient sur ce qui l'a conduit à s'engager pour la défense de l'environnement, pour la défense de tout ce qui vit, et notamment celle de l'humanité, constamment au cœur de ses préoccupations.

Le « pour » est important : Hubert Reeves est un homme qui s'engage pour quelque chose, jamais contre.

En rejoignant le ROC, fondé par Théodore Monod, puis, en devenant président que ce qui est devenu sous son influence la Ligue ROC, Hubert affirmait et renforçait son engagement. Le Rassemblement des Opposants à la Chasse est devenu la Ligue ROC pour la défense de la faune sauvage et la défense des non chasseurs.

Si je devais décrire ce qui m'a conduit à m'engager dans le même combat, à ses cotés, en rejoignant moi même la Ligue ROC il y a quelques années, je ne changerais pas un mot à ce qu'il a écrit.

Merci Hubert.

Je suis fier, oui, fier d'être en aussi bonne compagnie, à tes coté, et aux cotés de tous ceux qui sont devenu pour moi des amis chers : Nelly, Christophe, Gilles, Michèle, et tant d'autres, permanents, administrateurs et bénévoles, célèbres ou anonymes.

- www.roc.asso.fr
- www.hubertreeves.info
- www.biodiversite2012.org

7 ans. Tant ? C'est tentant !

Publié le samedi 31 mai 2008

La nouvelle Kia Ceed est garantie 7 ans, c'est écrit partout sur les panneaux d'affichage de vos villes. Sept ans c'est tentant...

Ou sept ans de réflexion ? Parce que, entre nous (et ça ne sortira pas d'ici, promis), je m'interroge... A combien sera le baril de brut dans sept ans ? Et combien vous en coûtera t-il alors pour faire un plein ?

Personnellement, je n'en ai aucune idée : 150 € ? 200 ? 300 ? Pour un plein ? Vous savez, vous ?

Finalement, est-il si urgent de changer de voiture ?

En bonne compagnie...

Publié le vendredi 30 mai 2008

Voyage en train ce matin, en compagnie d'Hubert Reeves et de Dominique A.

Vous l'aurez compris, bien sûr, ce sont leurs œuvres qui m'accompagnaient, nourrissant mes pensées, mes rêveries, me submergeant d'émotion parfois.

Merci à eux pour ces moment furtifs qui aident à vivre et me donnent de l'énergie de continuer.

Petite satisfaction supplémentaire : Il a beaucoup plu ces dernières semaines. La France, telle que je pouvais la voir par la fenêtre, est verte en cette fin de mois de mai. C'est comme ça que je l'aime.

Natural Capitalism : Comment réconcilier économie et environnement

Publié le mardi 27 mai 2008

C’est une lacune bizarre qui vient d’être enfin réparée. Le livre “Natural Capitalism”, co-écrit par Paul Hawken, Amory Lovins et Hunter Lovins était traduit dans 22 langues, mais pas en français. Allez chercher pourquoi …

Désormais, même si la langue de Shakespeare vous rebute quelque peu, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas découvrir ce livre, l’un des plus inspirants de ces dix dernières années. Il offre aux entrepreneurs une vision stratégique et de véritables perspectives pour préparer la prochaine révolution industrielle et réconcilier économie et environnement.

Publié chez Scali, Natural Capitalism sera disponible dès le 5 juin chez votre libraire.

A propos des auteurs :

Paul Hawken est environnementaliste, entrepreneur, journaliste, auteur à succès, artisan et promoteur de la réforme de l’entreprise en matière de pratiques écologiques. Son livre Natural Capitalism: Creating the Next Industrial Revolution a été lu et recommandé par de nombreux chefs d’état, notamment par l’ancien président américain Bill Clinton qui le considérait comme l’un des cinq plus importants livres de notre époque. Il est auteur et co-auteur de douzaines d’articles et de six livres, dont The Next Economy, Growing a Business, et du livre à succès The Ecology of Commerce. Les livres de Paul, qui ont été publiés dans plus de 50 pays et dans 27 langues, se sont vendus en plus de deux millions d’exemplaires. Amory Lovins est considéré, au même titre que Paul Hawken, comme l’un des écrivains les plus visionnaires sur les théories liant économie et environnement.

Ecovelo

Publié le lundi 26 mai 2008

Alan, l'auteur de l'un des blogs préféré du petit monde du vélo couché, et moi même, avons suivi des trajectoires assez parallèles. A mesure que le vélo prenait plus d'importance dans nos vies, il passait du statut de jouet, ou d'objet de loisir, à celui d'outil (mais fun, quand même !). La comparaison s'arrête là : Il a beaucoup plus de talent que moi pour faire de beaux sites, et ses photos sont souvent sublimes. Il a animé pendant plusieurs années www.recumbentblog.com, l'un des meilleurs blogs sur le monde du vélo couché et de ses dérivés, il a réalisé que le vélo avait fini par devenir avant tout un moyen de transport. Il vient donc de le fermer, et d'en ouvrir un autre, www.ecovelo.info. Toujours aussi beau, superbement illustré, écrit avec talent (en anglais) et avec une base de lien impressionnante vers des sites cyclo-écologistes du monde entier, des sites de fabricants et des sites d'information. Où l'on voit que le vélo utile semble avoir un bel avenir, y compris au pays du dollars et de l'automobile.

A visiter, ne serait-ce que pour le plaisir des yeux, et plus si l'anglais ne vous rebute pas trop.

L'essence de la bêtise humaine

Publié le vendredi 23 mai 2008

L'utilisation massive des énergies fossiles aura fait, en un peu moins de deux siècles, pas mal de dégâts environnementaux, au nombre desquels le moindre n'est pas le bouleversement climatique enclenché, irréversible à l'échelle humaine. Mais il semble que le pétrole fasse aussi pas mal de dégâts dans les esprits, au point de provoquer de curieux désordres mentaux et autres pertes de repères...

Que, pour s'en convaincre, on entende M. Margerie, le PDG de Total, déclarer tout de go, lors d'une visite en Angola, que "le seul moyen de faire baisser le prix du pétrole, ou du moins d'éviter qu'il ne monte trop vite, c'est de mettre plus d'énergie sur le marché". Ah bon ? Et demain ? La fuite en avant ne fait que décaler le problème. C'est comme si, surendetté, je contractais un nouvel emprunt pour rembourser celui que je ne peux pas rembourser aujourd'hui. Mais c'est le patron d'une des entreprises françaises les plus prospère qui le dit... Heureusement qu'il se soit trouvé un Barack Obama, candidat à l'investiture démocrate aux élections américaines, pour affirmer avec conviction (en espérant qu'il la gardera s'il est élu) que "le seul moyen de faire baisser durablement le prix du pétrole, c'est d'en consommer moins".

Du coté de l'homme de la rue (ou est-ce l'homme de la route), ce n'est guère plus brillant. Que des marin pêcheurs, pour protester contre le prix élevé du gazole, décident de distribuer gratuitement le contenu des pompes d'une station service à Ouistreham, et c'est une version moderne de "la ruée vers l'or noir" qui se déroule sous les caméras de télévision. Les mines réjouies des automobilistes qui faisaient la queue pour faire le plein gratuitement en disaient long sur la perte de repères dont nous semblons être collectivement victimes. Aucun d'entre eux ne semblait comprendre une seule seconde que ce qui se passait là n'était rien d'autre qu'un vol, au dépend d'un commerçant qui en faisait les frais, et dont ils étaient tout simplement les complices et receleurs.

J'ai été témoin à Marseille d'un début de panique, lorsque les marins pêcheurs ont bloqué quelques heures le port de Fos. Craignant la pénurie, on pouvait voir des centaines de mètres de files d'attentes aux stations services. En 2000, lors d'un épisode similaire (les routiers bloquaient alors les raffineries), des gens en venaient aux mains lorsque les cuves venaient à se vider. Notre dignité ne pèse pas grand chose face à un jerrican d'essence. Le verni de civilisation n'est pas bien épais. Il n'est pas besoin de gratter beaucoup pour voir affleurer à nouveau la barbarie...

Le pétrole est cher, ce que tout le monde semble (ou feint de) découvrir. Les secteurs économiques les plus dépendants du pétrole, le transport routier et la pêche, voient leur équilibre financier directement menacé. Et demandent des aides en compensation, ou des détaxes sur le prix du carburant. Après ces secteurs là en viendront d'autres. La situation est bien sûr intenable pour beaucoup de professionnels, qui ont des familles à nourrir et à loger. Mais à ce compte, les chômeurs et les RMIstes seraient aussi fondés à demander des aides, en bloquant les ports et autres infrastructures.

Tout ce passe, c'était à craindre, comme si on découvrait aujourd'hui ce qui est une évidence pour qui observe lucidement la situation depuis quelques années déjà.

Alors que faire ? Mettre plus de pétrole sur le marché ? Baisser le prix de l'énergie par des détaxes ? Evidemment non. Certains secteurs économiques ont besoin d'une aide d'urgence, au risque de menacer de nombreux emplois directs et indirects. Mais, de grâce, que cette aide ne porte pas sur le prix de l'énergie (le prix actuel ne reflète pas encore le niveau de délétion actuel de la ressource et la tension entre une demande croissante et une capacité d'extraction qui atteint ses limites). Il faut que cette aide soit une aide à la reconversion, à la transformation des filières et parfois des modèles économiques des secteurs. Le transport doit optimiser les flux, améliorer le remplissage, limiter les tournées, et se reporter sur le ferroviaire et le fluvial. Un travail considérable est à faire sur l'efficacité des moteurs, l'amélioration des rendements des véhicules (limitation des poids inutiles, aérodynamique, pneumatiques, etc.). Du coté de la pêche, une partie de la flotte peut être convertie vers des systèmes de propulsion plus performant, pourquoi pas en se tournant vers les piles à combustibles, voire un retour à des systèmes énergétiques embarqués d'appoint basés sur du photovoltaïque ou de l'éolien. Sans parler, là aussi, de la limitation du nombre des navires et des tournées.

Il en ira de même du coté du grand public. Il est temps de réfléchir à des alternatives sérieuses. La plupart des gens répondent, lorsqu'on leur pose la question, qu'il ne peuvent rien faire, qu'ils ont absolument besoin de leur voiture. Jusqu'à des étudiants, habitant en ville, qui vous disent qu'ils ont absolument besoin de leur voiture pour aller à la fac (j'en connais). Alors que 80% des trajets urbains font moins de 5 km, la distance pour laquelle une bicyclette est plus rapide qu'une voiture en ville (personnellement, j'en fais entre 15 et 40 par jour, en vélo). C'est vrai, tout le monde ne peut pas faire du vélo, et l'offre de transport en commun est souvent insuffisante ou inadaptée. Mais le réflexe premier "on ne peut rien faire", ne tient plus. Tout le monde peut faire quelque chose, certains plus, d'autres moins. Choisir un véhicule plus adapté et plus économe, adopter une conduite plus souple et plus économe, éviter les trajets les plus courts, faire, quand c'est possible, du covoiturage, ... J'arrête là la litanie tant j'ai l'impression d'enfoncer des portes ouvertes.

John F Kennedy disait : "Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais demande toi ce que tu peux faire pour ton pays". J'aimerais qu'ensemble, syndicalistes, chefs d'entreprises et dirigeants politiques nous disent : "Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour faire baisser le coût du pétrole, mais demande toi ce que tu peux faire pour ne plus dépendre du coût du pétrole". Et qu'on nous dise cela, bien sûr, en joignant le geste à la parole et en mettant en place rapidement une politique vigoureuse d'efficacité énergétique. L'offre n'est pas la solution. C'est par la réduction de la demande que nous progresserons.

La fronde économique

Publié le vendredi 23 mai 2008

Dans la foulée de mon précédant post, je ne peux que vous recommander de faire un petit tour sur :

http://www.lafronde-economique.net

D'intéressantes réflexion sur les convergences et frictions entre humanisme et économie. Avec en prime une excellente fiche de lecture sur le livre de Muhammad Yunus dont je parle un peu plus bas...

Bonne lecture,

Un nouveau capitalisme...

Publié le vendredi 23 mai 2008

"Un nouveau capitalisme" n'est pas un livre de plus sur le micro-crédit (Qui, a mon avis, n'est sans doute pas LA solution miracle contre la pauvreté mais un instrument, parmi d'autres, à utiliser avec discernement et qui peut donner à ces conditions des résultats intéressants). Si Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix 2006, revient dans ce livre sur l'expérience de la Grameen Bank au Bangladesh, c'est surtout pour se faire l'avocat, avec enthousiasme et conviction, d'un nouvel instrument, le "social business" (Il n'existe pas vraiment de traduction pertinente en français). C'est sous cette forme qu'on été lancées plusieurs filiales de la Grameen Bank, notamment Grameen Danone, dont le but est de fournir des aliments (ici des yaourts) de bonne qualité et accessibles aux enfants des familles pauvres, ou Grameen Véolia, créée pour fournir un accès à l'eau potable aux plus démunis. L'une comme l'autre de ces entreprises travaillent sur un produit (le yaourt ou l'eau potable), mais contribuent aussi à développer l'économie locale en s'approvisionnant localement, et en recrutant et formant une main d'œuvre locale.

Alors, un social business, qu'est ce que c'est ?

Un social business, ce n'est pas un statut, mais plutôt un modèle économique particulier. Traduit chez nous, un social business pourrait très bien être une entreprise "classique" dans la forme, c'est à dire juridiquement une SA ou une SARL, mais doté de deux caractéristiques principales :

- Un social business est créé pour répondre à un enjeu sociétal ou environnemental. La mission que se donne l'entreprise est inscrite dans ces statuts. La priorité de l'entreprise, elle aussi statutaire, ne doit pas être la maximisation du profit mais la maximisation du bénéfice social ou environnemental, objet de sa mission.
- Un social business ne distribue pas de dividendes. Les actionnaires sont remboursés de leur capital, au terme d'un échéancier défini contractuellement, et restent propriétaire de l'entreprise (donc participent à sa gouvernance) après qu'ils aient été remboursés. Mais en aucun cas ils ne percevrons d'intérêts ou de dividendes sur leur investissement. Leur investissement a une vocation sociale, leur satisfaction doit être l'atteinte du résultat social. Les profits (car profits il doit y avoir pour la pérennité de l'entreprise), sont ré-investis dans le développement de l'activité et la maximisation du bénéfice sociétal.

Qu'apporte de plus ce type de structure, notamment par rapport aux fondations ou aux œuvres caritatives ?

La différence fondamentale vient dans la pérennité de l'action engagée. Un €uro investi dans une œuvre caritative est dépensé pour venir au secours d'une cause environnementale ou des plus démunis. Il l'est souvent dans une situation d'urgence, où il s'agit avant tout de sauver des vies. Un €uro investi dans un social business contribue à créer une activité économique pérenne, rentable, même si sa vocation est sociale ou environnementale. Cet €uro investi est continuellement recyclé, et génère lui même par les profits d'autres €uros qui seront réinvestis dans la cause.

Ce nouvel instrument n'est certainement une solution miracle à tous nos maux, notamment à une certaine dérive d'un hypercapitalisme mondialisé et les dégâts sociaux et environnementaux que cette dérive entraîne. Mais avec un peu d'imagination et en l'adaptant à d'autres contextes que celui pour lequel Muhammad Yunus l'a inventé, il peut proposer une réponse pragmatique et efficace à bien des situations, notamment, mais pas exclusivement, dans le secteur de l'économie sociale et solidaire.

Pour en savoir plus :
- La rubrique "Social business" du site Danone Communities
- Un regard plus critique sur la micro finance et le social business

Je ne veux pas une planète minable

Publié le jeudi 22 mai 2008

Quand je serai grand, je veux une planète vivable,
Pour mes enfants et les enfants de mes enfants.

La pollution est épouvantable,
alors que la rose est adorable.

Je veux des énergies renouvelables,
je veux des objets recyclables,
j'achèterai des produits équitables.

Ensemble, nous ferons un climat stable,
dans les rivières, l'eau sera buvable,
la nature sera, pour les animaux, vivable,
et la forêt sera agréable.

Tout ceci n'est pas qu'envisageable,
mais c'est réalisable.
Des idées, j'en ai plein mon cartable,
alors, qu'attendons nous, que diable !

Ah oui vraiment, vive le développement durable,
avec lui, la vie sera formidable.

Gabriel, 10 ans

Sans commentaires...

Publié le jeudi 22 mai 2008

Devenir plastique pour évoluer (mais pas synthétique pour autant …)

Publié le mercredi 7 mai 2008

"La force de l’habitude empêche de réfléchir..."

"C’est alors que je me suis mise à penser à l’évolution, l’adaptabilité et évidemment à la plasticité des neurones, me disant que nous devrions nous inspirer plus souvent de la nature pour peut-être nous adapter un peu mieux à tout ce qui nous arrive. Mon nouveau credo désormais face à chaque difficulté que je rencontre : trouver, non seulement un moyen de m’adapter, mais aussi et surtout en tirer quelque chose de meilleur encore. Pour innover, je dois prendre le temps d’imaginer le différent, l’improbable et l’inconnu afin de pouvoir m’inventer chaque jour une manière positive de voir les choses et de trouver des solutions."

"Pensez ! ou on le fera pour vous..."

Aller, j'arrête là. Lisez le dernier édito de Fred sur sa lettre : Il vaut son pesant de ... Ce que vous voulez ! (En forme, la Fred ! ;-) )

http://www.info-veille-biotech.com/index.php?lettre=117

L’économie du prochain siècle, ou l’inversion des raretés

Publié le mardi 6 mai 2008

Une note publiée sur le site Inspire..., que je reprends ici :

L’inversion des raretés est un des piliers qui fonde la réflexion d’Inspire… (Voir notamment notre dossier de présentation ou notre communiqué de presse), et nos actions se veulent une contribution active à l’élaboration d’un scénario de réponse cohérent.

Sur l’inversion des raretés, ce texte brillant de Dominique Dron fait bien sûr partie de nos références. Considérant qu’il mérite bien mieux qu’une simple note de bas de page, nous vous le signalons aujourd’hui, en espérant qu’il vous inspirera, comme il nous a inspiré.

Voici quelques extraits issus de sa conclusion, pour vous donner envie d’en lire plus :

“Trois évolutions apparaissent fondamentales. En premier lieu, la coopération pour la survie. Depuis la dislocation de l’Empire soviétique, le modèle de la concurrence de tous avec tous, dans tous les domaines et sur tous les sujets, apparaît comme le seul mode de relation possible entre sociétés, à l’intérieur des sociétés, voire entre individus. C’est oublier un peu vite une loi des sociétés animales et plus largement des êtres vivants : des espaces de coopération sont indispensables à la survie individuelle et à la reproduction de l’espèce. Le modèle de la concurrence n’est pas le seul. Il serait dangereux qu’il le devienne, et fasse oublier ces autres systèmes (coopératives, mutuelles, entreprises familiales), tout aussi légitimes, qui font la part de la compétition et du lien, de l’engagement et du collectif.

Il est urgent de redéfinir la part de la coopération, comme mode de relation entre une activité économique et ses parties prenantes, et celle de la compétition, la part du collectif et celle de la concurrence, sous peine d’affrontements qui ne resteront pas qu’économiques.

En second lieu, l’affirmation d’une politique européenne, volontariste, axée d’abord sur la robustesse et l’anticipation climatique, énergétique et sociétale . L’Europe a beaucoup d’arguments pour réussir la prochaine révolution économique, celle qui va faire de la production du milieu de vie humain et de la restauration de ses conditions vitales la première activité industrielle. Prendre conscience de ces enjeux politiques et sociaux, plus qu’économiques, est un bon moyen de dépasser les forces centrifuges aujourd’hui déchaînées.

Enfin, l’intégration du long terme dans les comptes des acteurs économiques, au moyen d’une comptabilisation extensive de leurs externalités. L’activité économique doit être mesurée dans tous ses effets, positifs et négatifs, dans la totalité de leur périmètre, bien au-delà du seul processus de production et de vente.

C’est aussi par là que l’entreprise se réconciliera avec ses territoires, son milieu et sa responsabilité.

L’enjeu d’une économie robuste, c’est-à-dire construite à temps, n’est pas l’arrêt du développement, ni le recul de l’activité ou de la création de valeur. Il s’agit au contraire de préparer l’économie de la qualité de la vie au sens aigu du terme, l’économie du bien-être et des opportunités de satisfaction pour le plus grand nombre. Il s’agit de réussir un défi inédit de ce siècle ; la production du monde, qui substitue là où c’est possible les effets du génie humain à des gratuités de la nature épuisées, disparues, ou menaçantes, et les épargne ou les restaure là où c’est la seule issue. Enfin, il s’agit, à travers la tenue des territoires, la force du lien et de l’engagement, la primauté de la société sur l’économie, de remplacer la mesure omniprésente du prix par la mesure naissante de la qualité de la vie. Il en va non seulement de la richesse, mais aussi de la paix du monde.”

Pour lire ce texte dans son intégralité, rendez-vous ici !

"Et si la terre s'en sortait seule"

Publié le jeudi 1 mai 2008

Laurent Cabrol, présentateur météo, nous fait son livre sur le réchauffement climatique. C'est sûr que d'être un présentateur météo (c'est à dire le temps qu'il fera dans quelques jours), ça fait de vous un spécialiste de l'évolution du climat à l'horizon des décennies et des siècles à venir. Ca vous autorise même à avoir raison tout seul contre les meilleurs scientifiques mondiaux spécialistes du sujet et contre le GIEC.

Donc M. Cabrol nous dit, un peu comme M. Allègre, que le changement climatique on n'y est pour rien, et que ça ne sert à rien de lutter contre, par exemple en isolant sa maison, en roulant moins vite en voiture ou en prenant son vélo...

En fait, il a raison sur un point M. Cabrol : La terre s'en sortira toute seule. C'est même certain. Mais sans nous.

La terre est solide. La vie sur terre est solide. Elle a connu 5 grandes crises d'extinction. Donc une de plus, qu'est-ce que ça change ? Après l'homme, il y aura des plantes et des animaux, des bactéries, des insectes, et peut être même quelques mammifères comme les rats ou les souris, qui continuerons à s'adapter et à évoluer. Donc l'enjeu n'est pas là. L'enjeu, c'est, selon la formule de Hans Jonas, de créer les conditions pour qu'une vie authentiquement humaine soit possible sur terre, aujourd'hui comme dans le futur.

"Arrêtons de dire que nous allons sauver la planète en roulant en vélo" Nous dit M. Cabrol. Il a raison. Moi, je me déplace en vélo par pur hédonisme, parce ça me fait du bien, que ça me permet d'arriver à l'heure à mes rendez-vous, et que j'y prend plaisir. Mais il se trouve qu'en me déplacement en vélo, je n'impacte pas l'environnement dans lequel vivent mes contemporains, ni celui dans lequel vivront mes descendants. Je ne sauverais pas la planète, non. Mais peut être quelques vies. Tout en rendant la mienne plus agréable. Que demande le peuple ?

Justice environnementale

Publié le jeudi 1 mai 2008

"Pretendre que le progres technique peut nous sauver est une plaisanterie. J'en ai marre de cette illusion qui consiste a faire croire que l'on va s'en tirer avec la croissance ou avec les progres techniques, quelques importants qu'ils puissent etre. C'est faux. Si on veut faire face a la situation et eviter des situations dramatiques des avant la moitie du siecle, les flux de matiere, energie incluse, devront decroitre. (...) Si on veut faire decroitre les flux de matiere de facon substantielle, meme avec les strategies de dematerialisation, d'economie circulaire ..., la question de la justice doit etre centrale. Soit les efforts environnementaux se feront sur la base d'une meilleure repartition de la richesse et ils deviendront possibles pour tous, soit ils se feront au detriment des memes et ils ne se feront pas. Ce qui pourrait deboucher sur un crash planetaire. Sans justice environnementale, ce sera le chaos."

Dominique Bourg, « Une justice environnementale ou le chaos », Le Soir, 07/04/08

Voir l'entretien dans son intégralité ici...