Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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Mettre l'innovation en démocratie

Publié le vendredi 28 mars 2008

Le compte rendu du colloque "Mettre l'innovation en démocratie", organisé par VivAgora avec le Conseil Régional Ile de France, est désormais en ligne.

Vous pouvez y accéder à cette page.

Et vous pouvez lire ci-après le texte de l'introduction que j'ai prononcé en ouverture des débats :

"Nous vivons une situation inédite à de nombreux titres :

- Premièrement, la fin d'un cycle économique, basé sur l'abondance énergétique (ou plutôt, peut être, l'illusion de l'abondance) liée aux énergies fossiles, - Ensuite, la détérioration des services environnementaux, ceux la même dont nous aurions besoin pour soutenir la croissance de la population mondiale, - Enfin, des changement écologiques globaux, dont le moindre n'est sans doute pas le changement climatique, facteur aggravant des deux points précédents.

Conséquences de tout ces changements, des tensions sociales de plus en plus exacerbées, tant au plan local, où on se demande si l'on n'assiste pas au retour de la lutte des classes, à la montée des "pauvres actifs", à la généralisation de la flexisécurité, néologisme qui masque peut être une nouvelle tendance à la précarité pour tous, qu'au plan global, avec des conflits d'usages pour les sols (le réservoir des riches va t-il vider l'estomac des pauvres ?), des tensions pour l'accès à l'eau potable, l'afflux annoncé des réfugiés climatiques, etc...

Autre situation inédite, celle qu'on appelle désormais l'inversion des raretés : Le paradigme sur lequel s'est fondée la première révolution industrielle (main d'œuvre qualifiée rare et relativement chère et ressources naturelles abondantes) est aujourd'hui totalement inversé : Les ressources naturelles sont rares, chères et en voie d'épuisement, alors que dans tous les pays, une fraction significative de la population, y compris celle qui a des compétences à apporter, une qualification, un potentiel créatif, ... est inemployée. Les savoirs sont là, plus abondants que jamais, et l'information circule instantanément sur les réseaux électroniques. L'effort ne peut plus et ne doit plus porter sur l'augmentation de la productivité du travail mais bien sur celle de la matière et de l'énergie, afin que chacun puisse vivre dignement, satisfaire ses besoins physiologiques élémentaires et épanouir son potentiel de créativité et de réalisation sociale.

A situation inédite, réponse inédite : Il est bien évidemment impossible d'imaginer pouvoir nous en sortir avec les vieilles recettes. Il est urgent d'innover et de créer les conditions d'un renouveau et d'un salut collectif, tant qu'il est temps. Et innover dans tous les domaines. L'innovation technique, sans doute, mais bien plus encore l'innovation dans les modes de production et de consommation, dans les organisations, les modes de travail et d'éducation, et aussi l'innovation dans la façon d'innover.

En même temps, nous devons faire attention aux fausses bonnes idées, dont l'histoire abonde. L'innovation se doit aujourd'hui de concilier audace et précaution. Elle est porteuse d'enjeux collectifs, et doit donc être un objet de débat, de confrontation de logiques contradictoires. Il ne s'agit pas de chercher ici des consensus mous, dont chacun sais qu'il ne pourraient être obtenus qu'au prix de renoncements, de compromis stériles voire de manipulations et de mésinformation, mais il s'agit de rechercher et d'animer des tensions fécondes.

Ce colloque ne sort pas du chapeau, d'une soudaine lubie que nous aurions eu chez VivAgora. Il s'ancre dans une histoire, une réflexion partagée et un projet. Il s'inscrit dans la dynamique initiée par Jacques Robin avec son livre "Changer d'ère". Jacques Robin qui nous a quitté l'année dernière, et à qui nous avons voulu rendre hommage en lui dédiant ce colloque.

Si ce colloque est le fruit d'une histoire, d'un travail commencé de longue date, il se projette aussi dans l'avenir.

Nous voudrions que cette journée soit un signal... De ralliement.

Dans un moment de crise, de confusion des rôles, de défiance... Nous voulons que ce colloque fonde des reconnaissances et des liens pour amorcer des pratiques nouvelles de dialogue. Nous avons besoin de signifier des adhésions, des priorités, des perspectives communes, car les défis inédits que nous devons affronter exigent des réponses communes, de nouvelles alliances, dont certaines seront parfois inattendues...

Cette journée se veut un partage d'expériences sur les dialogues mis en places par les différentes parties prenantes, privées comme publiques. Des ateliers sont programmés dans l'après midi, pour mettre en évidence la diversité des approches possibles : consultation, concertation, régulation, négociation."

Barack Obama, l'histoire et la question raciale aux Etats-Unis

Publié le vendredi 21 mars 2008

Barack Obama a réagi cette semaine, après les propos extrêmes et à teneur raciste tenus par le pasteur qui l'a marié et qui a baptisé ses enfants, et dont il reste malgré tout un proche. La solution de facilité aurait été de rompre tous lien avec son pasteur, et de passer à autre chose. Il a choisi une voie plus étroite, plus risquée aussi, qui consiste à confirmer sa proximité personnelle et spirituelle avec le révérend Wright, tout en dénonçant et en désapprouvant ses propos. Mais il n'en est pas resté là. Décidé à crever l'abcès d'une "question raciale" qui risque de pourrir sa campagne jusqu'au bout, il a prononcé, lundi dernier, le meilleur discours jamais tenu sur le sujet par un homme politique américain, de quelque bord qu'il soit.

Sans nier les problèmes, sans renvoyer à l'oubli un passé chargé, toujours à fleur de peau (il cite d'ailleurs Faulkner : "Le passé n'est pas mort et enterré, en fait, il n'est même pas le passé"), il pose les problèmes, les éclaire d'un jour nouveau, et surtout les met en perspective des nouveaux défis qui s'adressent aujourd'hui aux Etats-Unis et, de fait, au Monde entier.

La crise économique n'est pas un problème de noir, de blanc, ou de métis. Pas moins ne le sont le bouleversement climatique, la guerre, la faim ou les désordres sociaux. Le défi est d'une ampleur sans précédent, et mérite qu'émerge une nouvelle conscience collective, une mobilisation générale, une nouvelle solidarité. Le relever nécessite de se mobiliser ensemble. La question, soulevée dans le cadre d'une campagne électorale américaine, est d'une portée qui dépasse largement les frontières de ce pays. Face à la pénurie d'eau, à l'avancée des déserts, Israéliens et Palestiniens (pour ne prendre que cet exemple, mais il y en a tant d'autres) devraient s'en souvenir, et rejoindre les quelques pionniers, ingénieurs, écologues et techniciens qui collaborent déjà ensemble sur ces questions.

Quelque soit la suite des événements, le discours de Barack Obama, prononcé à Philadelphie le 18 mars, mérite d'entrer dans l'histoire, afin qu'il puisse nourrir la conscience collective de notre société.

Il mériterait aussi une traduction en français.

En attendant, rien n'empêche les professeurs d'anglais des collèges et lycées de le travailler en classe avec leurs élèves.

Ce discours peut être lu, et visionné, à cette adresse :

http://www.barackobama.com/2008/03/18/remarks_of_senator_barack_obam_53.php

Objectif 2010

Publié le jeudi 20 mars 2008

Une animation à voir pour découvrir et comprendre l'objectif 2010 pour la biodiversité

La biodiversité est un patrimoine essentiel pour l’ensemble de l’humanité. La protéger est un enjeu vital, et sans doute le plus urgent, le plus noble et le plus beau des défis que l’humanité de ce début de XXIe siècle se doit de relever.

Pour vous en convaincre, une vidéo, remarquable, à visionner à cette adresse :

http://www.unep.org/newscentre/animations/cbd_web_french.swf

L'ONU contre les droits de l'homme : Une tribune et un appel de la LICRA

Publié le lundi 3 mars 2008

L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée.

A Durban, en Afrique du sud, s’est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations Unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d’avocat. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique » et « mort à Israël » ; et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes.

Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa « Commission des droits de l’Homme », l’ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau « Conseil des Droits de l’Homme » (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le constat est plus qu’amer : c’est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d’une nouvelle et très particulière Déclaration des droits de l’homme, la mise à mort de l’universalité des droits.

Pour lire la suite de la tribune, voir la liste des signataires et signer : Cliquez ici !

Un entretien avec Jane Goodall

Publié le samedi 1 mars 2008

Décidément une grande dame. Un engagement exceptionnel, une vie consacrée au respect du vivant.

A lire, tant qu'il est tant, sur le site du journal "Le Monde".