Une rapide démonstration, que l'on peut lire dans "Le plan B pour un pacte écologique mondial", de Lester Brown, tend à démontrer le contraire.

Après avoir fait le plein de votre voiture, ce que vous payez à la caisse correspond au coût de l'extraction, du transport et du raffinage du pétrole, auxquels s'ajoutent la fiscalité (importante en France) et la marge (confortable) de la compagnie pétrolière. Si vous avez bien lu, vous ne payez pas le pétrole. Il a été élaboré et stocké, gracieusement, par la nature. Vous ne payez donc que le coût marginal lié à l'accès, mais pas le coût de la ressource elle même. Par ailleurs, le prix de l'essence à la pompe ne reflète pas ce que l'on appelle les externalités, liées à l'utilisation des carburants fossiles. C'est à dire les coûts indirectement ou directement assumés par la collectivité, présente ou future, et non pas par l'utilisateur lui même. Par exemple, dans le cas du pétrole, les maladies respiratoires dues à la pollution locale, la mobilisation des forces armées américaines en Irak, ou bien encore le bouleversement du climat, sans parler de l'épuisement de la ressource elle même.

Si l'ensemble de ces externalités était intégré au prix de détail du litre d'essence, celui ci serait probablement plus cher de 2 euros le litre, soit de 3 à 3,5 euros. Autrement dit le plein vous coûterait près de 200 €...

Evidemment, ce n'est pas vous qui payez ce prix, ni aujourd'hui, ni demain. Mais ce prix "caché", quelqu'un le paie, ou le paiera.

Si ce prix était affiché à la pompe, à coté du prix actuel, voilà qui ferait peut être réfléchir, et qui pourrait inciter à accélérer le mouvement vers les modes de transports alternatifs (L'abonnement SNCF parait tout de suite moins cher), vers des automobiles moins gourmandes ou vers d'autres modes de propulsion des véhicules motorisés.