Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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Grenelle de l'environnement : Ne vous trompez pas de clic !

Publié le vendredi 28 septembre 2007

La consultation publique du Grenelle de l'Environnement commence aujourd'hui.

Avec des réunions en région, dont vous trouverez le calendrier à cette page, et une consultation sur internet sous la forme d'un forum accessible ici (avec une interface un peu frustre, sans doute).

Vous recevrez dans les jours qui viennent de nombreuses sollicitations pour aller sur des forums alternatifs. Toutes sont recevables et méritantes, mais ne perdez pas de vue qu'il n'y a qu'une seule consultation officielle, un seul endroit ou les remarques du public ont une réelle possibilité de déboucher sur un amendement, dans un sens ou un autre, des propositions.

Les lobbyistes de tout poil sont déjà prêts. Ne laissez pas les "anti", ceux qui refusent toute mesure contraignante ou permettant d'amorcer une réelle rupture vers un nouveau mode de développement écologique, monopoliser les débats sur la consultation officielle.

Cliquez où vous voulez, mais n'oubliez pas, en plus, de cliquer sur la consultation officielle.

Allez-y, lisez, et exprimez vous !

La consultation officielle, c'est ici :

http://www.legrenelle-environnement.fr/grenelle-environnement/spip.php?rubrique4

Grenelle de l’environnement Acte I : Alerte orange !

Publié le jeudi 27 septembre 2007

Jeudi 27 septembre 2007, Jean-Louis Borloo tient une conférence de presse pour présenter le résultat des négociations des groupes de travail thématiques du Grenelle de l’environnement. Pour l’heure, le verre est encore à moitié vide. FNE tire la sonnette d’alarme pour encourager l’Etat et tous les acteurs à se mobiliser très fortement et immédiatement pour poursuivre les négociations. Il ne s’agit pas de baisser les bras maintenant car nous sommes au point de bascule !

Voir le bilan établi par France Nature Environnement, la Ligue ROC et la LPO en cliquant ici !

ou télécharger directement la synthèse au format pdf en cliquant ici.

Voir aussi :

- La présentation générale des rapport des groupes de travail en vue de la consultation publique
- Les rapports détaillés de chacun des groupes de travail, téléchargeables à cette page.

S.O.S.

Publié le jeudi 27 septembre 2007

Que dire de plus ?

J'aime la sobriété et l'efficacité de cette campagne. Aidez les, et n'oubliez pas non plus la Ligue ROC.

Avec mes amicales pensées à tous les permanents et bénévoles, ceux qui sont sur la photo et ceux qui n'y sont pas !

L'âge des possibles

Publié le lundi 24 septembre 2007

Innovez !

Créez de nouveaux possibles,

Avec précaution !

Pour préserver ceux qui existent.

Le CHEE & DD Méditerranée arrive !

Publié le lundi 24 septembre 2007

Le Collège des Hautes Etudes en Environnement et en Développement Durable a été lancé en 1995 à Paris par un réseau de grandes écoles aux compétences complémentaires que sont l’Ecole Centrale, l’ESCP EAP et AgroParisTech. Il propose une formation de haut niveau aux enjeux et aux aspects stratégiques du développement durable, à des responsables issus de la fonction publique, des collectivités territoriales, du secteur privé et de la société civile. Sa politique d’essaimage encourage les anciens auditeurs à déployer le CHEE & DD en région.

C’est dans le cadre de cette politique d’essaimage que j'ai le plaisir de vous annoncer le lancement en janvier 2008 du CHEE & DD Méditerranée, en partenariat avec la CCI Marseille Provence, Centrale Marseille, Euromed Ecole de Management, le CERAM Sophia Antipolis, le pôle Agropolis Montpellier, le Réseau d'écoles d'ingénieurs universitaires Polytech et le 2R2D (Réseau Régional pour le Développement Durable).

Cette session inaugurale du CHEE & DD Méditerranée accueillera des auditeurs issus de toutes les composantes de la société, pour un programme personnalisé mettant en exergue les enjeux du développement durable pour les deux rives de la Méditerranée.

Les inscriptions étant ouvertes, les personnes intéressées peuvent me contacter aux coordonnées suivantes :

- Tel : 04 91 10 01 13 - courriel : emmanuel.delannoy{enlever}@ccimp.com

Pour connaître le programme et les modalités d’inscriptions.

Web : http://www.chee.ecp.fr

Découpler pour vivre mieux

Publié le mercredi 19 septembre 2007

Nos enfants grandissent dans un monde radicalement différent de celui que nos parents ont connus alors qu'ils avaient leur age. En trois générations seulement, c'est à une complète inversion des raretés que nous avons assisté.

Ce qui était abondant est devenu rare : L'énergie, de moins en moins chère à pouvoir d'achat constant depuis la seconde guerre mondiale, sera désormais de plus en plus onéreuse. Les ressources naturelles fossiles sont par nature épuisables, et les stocks accessibles seront bientôt épuisés pour certaines d'entre elles, par exemple certains métaux rares utilisés en électronique. Même les ressources « renouvelables », issues du vivant, ne le sont plus si nous les prélevons à un rythme supérieur à leur capacité de régénération, ce qui revient à une forme d'exploitation minière, selon l'expression pertinente de Jared Diamond (1).

Bonne nouvelle, ce qui était rare est devenu abondant : La connaissance s'est développée dans des proportions considérables. Nous savons bien des choses que nos parents ignoraient. Nous pouvons avec bien plus de pertinence qu'ils ne le pouvaient évaluer les conséquences de nos choix. L'information circule à des vitesses désormais considérables, autorisant de nouveaux processus de travail collaboratif, de création ou de décision mutualisées. Le travail, ou plutôt la capacité de travail, est devenue abondante, du fait à la fois de l'augmentation de la population, de l'accroissement du niveau d'éducation, et de l'augmentation de la productivité individuelle. Le capital, bien que toujours aussi mal (et même bien plus mal) réparti, est lui aussi abondant. Et donc mobilisable, pour peu que les incitations réglementaires et fiscales soient mises en place, pour un effort d'innovation sans précédant, rendu nécessaire par la situation inédite que nous vivons.

Cette « inversion des raretés » autorise, et même impose, une réponse radicale.

Le seule inversion de rareté entre l'énergie et le travail permet par exemple d'entrevoir un transfert d'activités intensives en énergies, et pauvres en travail (donc facilement délocalisables) vers des activités pauvres en énergies mais intenses en travail, donc nécessairement relocalisées, et, corollaire heureux, créatrices de lien social. Le passage progressif d'une agriculture intensive, fortement mécanisée et dépendante d'intrants azotés, dans laquelle les denrées produites parcourent des distances considérables lors de leur transformation avant d'atteindre leur consommateur, vers une agriculture en harmonie avec l'écosystème, moins mécanisée et pauvre en amendements chimiques, fournissant des emplois plus nombreux, utilisant des circuits de transformation et de distribution courts, donne un exemple de ce pourraient être les transformations à opérer.

Plus globalement, c'est un nouveau modèle économique, et même un nouveau mode de développement, qu'il nous faut inventer, pour découpler la création de richesses de la consommation de ressources naturelles. Et il ne s’agit pas là que de dématérialisation, on le verra, ni même seulement d’optimisation, mais bien d’une nouvelle façon de concevoir la création de richesses. Il me semble au passage important de bien comprendre le mot richesse au sens large (le lien social est une richesse, la connaissance est une richesse, etc.) et non pas seulement au strict sens financier.

En d'autres termes, il ne s'agit pas d'améliorer le rendement du « moteur » de l’économie, mais bien de reconcevoir le moteur et de changer de carburant.

Utopique ? Absolument pas. Les technologies et les connaissances qui sont aujourd'hui à notre disposition nous permettent d'engager les transformations sans attendre. Ce qui serait utopique, ce serait plutôt de croire qu'il reste possible de continuer à faire comme nous avons fait jusqu'ici.

Voici, de façon non limitative, quelques exemples de ce que nous pouvons faire :

– Développer, en allant vers une généralisation progressive, l'écoconception.

L’écoconception est une démarche, encore peu appliquée, visant à limiter l’impact écologique des produits et leur consommation de ressources naturelles, non seulement pendant leur phase de fabrication, mais aussi pendant leur utilisation et lors de leur fin de vie, et en remontant jusqu’à l’extraction des matériaux nécessaires. Cette démarche repose d’ailleurs sur un outil, l’Analyse de Cycle de Vie (ACV), qui selon une expression couramment employée, permet d’analyser ces impacts d’un produit « du berceau à la tombe ». Un produit éco-conçu optimise l’utilisation des ressources naturelles. Elargie, la démarche permet de concevoir des circuits de distribution ou des modes de commercialisation limitant eux aussi les impacts. Enfin, le produit peut être éventuellement re-conditionné pour être réutilisé en fin de vie, ou démonté et ses différents composants recyclés dans une nouvelle génération de produits similaires. Favoriser l’écoconception, par des mécanismes incitatifs appropriés, une meilleure formation des ingénieurs et une meilleure information des consommateurs, permettra d’obtenir en retour un double dividende, les produits ayant moins d’impacts environnementaux, tout en étant plus aptes à l’utilisation et plus durables.

– Mettre en place une économie circulaire

L’économie circulaire, parfois aussi appelée écologie industrielle, est une démarche qui s’inspire de la dynamique des écosystèmes pour proposer une optimisation des flux d’énergie et de matière à l’échelle d’un site de production, d’une zone d’activité ou d’un bassin d’emploi. Très souvent, seule une fraction limitée de la consommation de matière première ou d’énergie est utilisée directement dans le produit fini. Le reste est soit perdu (par exemple l’énergie sous forme de chaleur dissipée), soit transformée en sous produit à faible valeur ajoutée voire en déchet. Or, ce déchet ou ce sous produit constitue peut être une ressource indispensable ou à forte valeur ajoutée pour une autre industrie située à proximité (Par exemple de la vapeur d’eau qui peut être utilisée pour chauffer des installations, du gypse qui peut servir à produire du plâtre, des déchets de bois qui peuvent être agglomérés ou être utilisés comme combustible, etc…). En proposant une démarche systématique d’inventaire des flux d’énergie et de matière, et la création de « marchés » locaux de sous produits, l’écologie industrielle valorise un potentiel inexploité et permet d’optimiser, là encore, l’utilisation des ressources naturelles, renouvelables ou non.

– Passer progressivement à une économie de fonctionnalité

L'économie de fonctionnalité repose sur l’idée de substituer à la vente d'un bien la vente de l'usage de ce bien. Il s'agit donc de proposer non plus seulement la vente d'un produit, mais la vente du service que rend ce produit. La valeur ajoutée, pour l’industriel, n’est donc plus principalement dans la fabrication et la vente du produit, mais dans la prestation de service et la maintenance. S’en suit une relation client plus durable, et une motivation forte pour l’industriel de concevoir (et même d’écoconcevoir) des produits plus pérennes, plus modulables et plus adaptables. Un exemple souvent cité est celui de la société américaine Interface, fabricant de moquettes pour bureaux et locaux publics, qui après une démarche d’écoconception (pour supprimer les chutes et tendre vers une recyclabilité à 100%), n’a pas souhaité en rester là. A quoi bon en effet une moquette recyclable si elle n’est pas recyclée. Proposer une reprise lors de la vente d’une moquette neuve n’est qu’une réponse partielle, et ne permet pas de personnaliser le service au client. L’idée a donc été de louer la moquette, avec les prestations de service et de maintenance associées, avec remplacement au fur et à mesure, collecte et recyclage intégral des parties usagées.

Combinées, économie circulaire et économie de fonctionnalité permettent de rompre avec l’économie linéaire, (reposant sur une prédation à la source et des rejets de déchets et de pollution à en fin de circuit), tout en préservant l’emploi et en renforçant la compétitivité des entreprises par l’innovation.

Bien sûr, ce n'est pas si simple. Pour y parvenir, il faudra créer les conditions nécessaires, lever certains verrous réglementaires, former les professionnels, informer et éduquer les consommateurs à la consommation durable, débloquer les financements, amorcer des programmes de recherche ciblés, mettre en place les mécanismes incitatifs (notamment une éco-contribution généralisée) et décliner ces grands principes en mesures concrètes. C'est le sens que nous avons donné à notre travail, au sein du Groupe 6 (2) du Grenelle de l'environnement, avec les représentants de France Nature Environnement, de la Fondation Nicolas Hulot, de l'association Orée, moi même pour la Ligue ROC et avec l'éclairage de Dominique Bourg, vice président du Groupe, qui a depuis longtemps réfléchi à ces questions et posé les premiers jalons.

Pour réussir, il faudra mobiliser les énergies et les savoirs, à travers un effort considérable de formation, d'innovation, d'évolution des réglementations et des mécanismes incitatifs. Mais, et ça tombe bien, de la connaissance, de la capacité de travail et de création, et du capital mobilisable, nous en avons en abondance !

(1) Dans « Effondrement » - Jared Diamond, Ed. Gallimard 2006
(2) : Promouvoir des modes de développement écologiques favorables à l’emploi et à la compétitivité

Spirou se met au vert...

Publié le mardi 18 septembre 2007

Bon, j'avoue, depuis tout petit, j'adore Spirou, même si je m'identifie plutôt à son compagnon de route Fantasio (pour le coté grincheux...).

Et comme Spirou se met au vert, ça nous fait un truc en plus en commun.

Allez voir, vous ne serez pas déçus !

http://www.spirou.com/blogecolo

Réconcilier l'affect et l'intellect

Publié le mardi 18 septembre 2007

C'est toute notre éducation qui nous l'assène, depuis l'école primaire. La pensée dominante, depuis Descartes, en a fait une évidence, un dogme. Il ne faut pas mélanger émotion et réflexion. Il faut réfléchir et décider, à froid, rationnellement, en faisant abstraction de ce que les « tripes », vulgaires et indignes, voudraient dicter au cerveau, noble et pur.

Le monde souffre de ce dogme. L'humanité en perd son essence même, à cause de ce primat donné au quantifiable, au mesurable, si souvent à l'aune de la seule valeur monétaire. Oubliant que nous sommes des hommes, des femmes, des êtres fragiles enclins au doute et en quête d'harmonie, et non des automates intelligents, mus par la seule quête de la performance et du rendement.

La solidarité est elle rationnelle ? Serait-elle possible sans cette empathie qui nous fait nous mettre à la place de l'autre, et nous permet de partager ses émotions ? En cherchant bien, je trouverais sans doute des motifs rationnels de me préoccuper du sort de ceux que ne connais pas, qu'ils vivent à quelques centaines de mètres ou à des milliers de kilomètres de chez moi. Ne serait-ce que dans le souci, bien égoïste, d'assurer ma propre sécurité. Mais quelle raison aurais-je de me préoccuper du bien être de ceux qui naîtrons bien après ma propre mort ?

Soyons clair, je ne cherche pas à opposer l'un à l'autre, ni à privilégier l'émotion à la raison. Les pires désirs, les pires pulsions peuvent naître d'une émotion non contrôlée. Je plaide simplement pour une réconciliation, un renforcement mutuel et réciproque de l'affect et de l'intellect.

Il est parfois bon de se laisser submerger par l'émotion. Sans perdre le contrôle, sans jamais trahir l'intelligence. Juste pour « être » pleinement, vivant, en harmonie avec l'être individuel que nous sommes et l'être collectif que nous composons.

Les Académies s’invitent à nos débats…

Publié le dimanche 16 septembre 2007

Par Yorghos Remvikos, oncologue, vice-président de VivAgora et Représentant de la Ligue ROC au Groupe 3 du Grenelle de l'environnement - “Comment assurer un environnement respectueux de la santé”

La participation au Grenelle, tout au moins pour ce qui concerne notre groupe, correspond à un exercice auquel nous nous sommes pliés, dans le respect des partenaires assis autour de la table. Bien sûr les divergences existent, même si elles ne se sont pas toujours exprimées avec clarté. Mais nous n’avions pas anticipé que certains allaient s’inviter au débat pour, disons le, le parasiter.

Nous souhaitons donc déclarer que le rapport des académies sur le lien cancer environnement, publié à grand fracas, est inacceptable sur le fond et sur la forme. La méthode qui consiste à déclarer que seules les études soit-disant sérieuses étaient prises en considération, d’ailleurs selon quels critères, correspond à un autre âge. Des centaines de publications internationales, parues dans des journaux avec comité de lecture, donc ayant reçu une validation par les pairs, sont passées sous silence. Les auteurs, selon une approche comptable qui privilégie exclusivement les causes arithmétiquement importantes, tentent de détourner l’attention, en tout cas de l’objet qui a été au centre de nos discussions : “Comment assurer un environnement respectueux de la santé”. Nous pourrions comparer leur démarche à celle d’observateurs qui, ayant choisi des lunettes de faible grossissement, nous rapportent qu’ils n’auraient vu que des éléphants. Jusque-là il n’y a pas de problème. Sauf que, sur la base de leurs observations, ils cherchent aussi à nous convaincre que les éléments de plus petite taille pourraient ne pas exister, ce qui, du point de vue de la méthode scientifique, est pour le moins discutable.

Ce rapport est peu crédible sur ces conclusions y compris chiffrées. Ainsi, le chiffre de 4012 cas de cancers d’origine professionnelle est avancé (nous admirons la précision). Dans les chiffres récents de l’InVS, il est spécifié que 2500-5000 cas de cancers du poumon chez l’homme seraient attribuables à des causes professionnelles. La CNAM, dans ces publications sur les cancers professionnels (une action prioritaire), cite la fourchette de 11000-23000 cas par an. D’un point de vue moral, la présentation du rapport est scandaleuse. En effet, pour estimer les cas attribuables aux expositions professionnelles, on se base sur nos connaissances de l’exposition des travailleurs à des cancérigènes reconnus comme certains. Ceci signifie que les cancers d’origine professionnelle sont à 100% (ou presque) évitables, si l’on se donnait la peine d’agir sur l’exposition, par des interdictions ou, à la rigueur des mesures de protection drastiques.

L’état d’esprit des auteurs est détestable à plus d’un titre. L’obésité est reconnue comme facteur de risque, par ailleurs, sans que l’explication mécanistique ne soit abordée. Comme dans l’ensemble du rapport, l’accent est mis sur les défauts comportementaux, c’est-à-dire que les individus deviennent obèses par ce qu’ils mangent mal et qu’ils ne font pas assez d’exercice physique. Au lieu de culpabiliser le public, les auteurs auraient pu aussi faire allusion aux causes émergeantes de l’obésité, impliquant l’exposition à des substances qui perturbent l’équilibre hormonal, en particulier l’axe thyroïdien.

En clair, l’effet de la pollution est classé dans les controverses (le rapport du PNSE n’a pas été lu apparemment), les pesticides n’auraient que des effets négligeables, les perturbateurs endocriniens ne sont même pas cités et la dioxine, pourtant classée comme cancérigène certain par l’IARC (cosignataire du rapport), ne serait finalement pas si dangereuse.

En conséquence, nous souhaitons que notre groupe de travail se prononce sur le fait que ce rapport est inopportun, la méthodologie de travail est sujette à caution et l’exploitation médiatique, de ce qui n’est finalement qu’une prise de position, scandaleuse. Rappelons, comme le disait M. Philippe Hubert, que les épidémiologistes ont tendance à reconnaître les relations causales avec une probabilité significative, qu’après avoir comptabilisé quelques convois de cercueils. A l’inverse, dans notre groupe, il a été souligné en introduction (personne n’a contesté le principe), que désormais l’absence de preuve ne doit pas être assimilée à une absence de risque et, surtout, ne doit pas entraîner de la part des pouvoirs publics l’attentisme, comme ce fut, malheureusement, parfois le cas par le passé.

A quoi ressemblerait une vraie fiscalité écologique ?

Publié le mercredi 12 septembre 2007

J’ai déjà eu l’occasion, dans une note publiée ici il y quelques mois, d’évoquer ce que serait une TVA environnementale. Au delà, pour prendre un peu plus de recul, on pourrait s’interroger sur les effets produits par notre modèle fiscal actuel, et tracer les contours de ce que serait une vraie fiscalité écologique.

Qu’est ce qui est taxé aujourd’hui ? Essentiellement le capital et le travail. Avec des reports plus ou moins importants de l’un à l’autre selon les pays, et des signaux relativement faibles impulsés sur l’un ou l’autre au grès des alternances politiques. Je remarque d’ailleurs que le débat se situe essentiellement sur la question de la répartition entre la taxation du capital et celle du travail, en omettant quasi totalement le troisième pilier du développement économique.

Or, taxer le capital et le travail, c’est se mettre un boulet à chaque cheville. La taxation du capital encourage l’évasion des capitaux, et gène leur mobilisation pour la création d’emploi et l’innovation, notamment dans le domaine des écotechnologies. La taxation du travail favorise les délocalisations, et freine la création d’emplois.

Par contre, l’utilisation des ressources naturelles, renouvelables ou non, ou simplement l’accès aux ressources naturelles (par exemple avec des systèmes de droits d’accès négociables) n’est que peu, voire pas du tout taxé dans certains cas.

Une vraie fiscalité écologique serait plutôt celle qui, favorisant la relocalisation de l’économie par la baisse de la taxation sur la capital et le travail, inciterait à une gestion parcimonieuse et pérenne des ressources naturelles par la taxation de leur prélèvement ou par taxation des droits d’usages, en fonction de leur rareté ou de leur fragilité.

Il y a là le champ pour une large réflexion, notamment sur les modalités de la mise en œuvre de ce nouveau « paradigme fiscal », qui devrait être conduite idéalement au niveau européen, en mobilisant les meilleurs experts, et en concertation avec les parties prenantes.

Au moment ou de nombreuses commissions sont constituées, associant chacunes des personnalités de tous horizons dans un esprit « d’ouverture », sur des sujet aussi divers que bien sûr important, souhaitons qu’un groupe d’experts soit mis en place dans l’immédiat après Grenelle, pour travailler avec un vrai mandat et dans un cadre européen sur ce sujet brûlant.

Syndrome de l'effondrement chez les abeilles - Que sait-on vraiment ?

Publié le mercredi 12 septembre 2007

''Elles butinaient le nectar des fleurs pour nous offrir leur miel. C’est grâce à la pollinisation des fleurs par les abeilles que la Terre nous offre ses fruits. La disparition massive des abeilles inquiète sérieusement Cdurable.info. Voici, réunies ci-après, les informations que nous avons pu trouver dans la presse et sur le web au sujet de ce syndrome d’effondrement sans précédent sur notre Planète :

Des millions de ruches, jadis occupées par des milliards d’abeilles, se sont mises à disparaître depuis quelques mois. L’épidémie, d’une rapidité et d’une ampleur inégalée, pourrait très bien sonner le glas de l’espèce humaine.''

Le site cdurable.info a sélectionné les informations les plus pertinentes sur cette réalité inquiétante, pour réaliser un remarquable dossier de synthèse que je vous invite à lire.

Quand un conflit social a des répercussions sur la nidification des flamants roses en Camargue

Publié le jeudi 6 septembre 2007

Pour ceux qui douteraient encore du lien existant entre activité économique et biodiversité, l’actualité vient d’en apporter une nouvelle démonstration. Pour la première fois depuis trente ans, les flamants roses n’ont pas pu nidifier dans les marais camarguais, leur seule zone de reproduction en France.

La cause ?

L’interruption de la production de sel de la Compagnie Des Salins du Midi suite à un conflit social. Le 20 mars dernier, la direction de l’entreprise annonçait en effet son intention de se débarrasser des Salins de Giraud, son site des Bouches-du-Rhône, avec à la clé un plan de suppression de près de la moitié des emplois (60 sur 126). Une grève du personnel a provoqué l’interruption de la production de sel de l’entreprise, entraînant l’arrêt du pompage de l’eau dans les étangs où les grands oiseaux migrateurs avaient l’habitude d’installer leurs nids. Heureusement, les 3 500 hectares de zones humides ont été rachetés par les régions PACA et Languedoc-Roussillon qui s’engagent à protéger leur écosystème unique. Par ailleurs, les salariés maintenus dans leur emploi continueront d’exploiter le site. Les flamants roses pourront alors revenir...

Source : Newsletter Gondwana-Agency

Pour une éco-contribution généralisée

Publié le jeudi 6 septembre 2007

Un cadre écologique incitatif, pour une économie compétitive

Tout le monde semble désormais reconnaître que nos modes de production et de consommation ne sont pas durables. Une rupture, pour reprendre un terme en vogue, s’impose ! Elle doit concerner l’ensemble des produits et services et passer par un levier économique incitatif pour les producteurs et les consommateurs.

Ce levier c’est l’éco-contribution (1) généralisée.

Comment ça marche ?

Prenons un produit quelconque, la chaise sur laquelle vous êtes assis en ce moment par exemple : pour la fabriquer, la transporter, la vendre, l’utiliser et la recycler, cela consomme des ressources naturelles (matière et énergie) et pollue l’environnement. Cet impact sur l’environnement n’est pas pris en compte dans le prix du produit, et le citoyen n’est pas incité à orienter ces choix de consommation vers des produits écologiques. Pourtant un produit moins polluant devrait coûter moins cher au consommateur qu’un produit plus polluant.

L’éco-contribution réajuste les prix réels des produits en fonction de leurs impacts sur l’environnement, tout en restant neutre globalement, puisque les coût induits par la pollution, l’épuisement des ressources naturelles et le traitement des déchets sont de toute façon prix en charge par la collectivité, et assumés indirectement et de façon opaque par les consommateurs et les entreprises, à travers la fiscalité. Plus transparente, l'éco-contribution généralisée permettra de financer des actions d’accompagnement des citoyens (2), des entreprises (3) et des collectivités (4) pour favoriser cette transition de nos modes de production et de consommation.

Notes :

(1) Ce mécanisme d'éco-contribution existe déjà, mais il est pour l'instant limité à quelques produits (emballages, électronique, pneumatiques, etc.) et géré par filière. La mesure préconisée par FNE et la Ligue ROC au Grenelle de l'environnement vise à en généraliser l'application et à en simplifier l'administration au sein d'un éco-organisme unique – Voir la mesure 1 – Groupe 6 – REP/REC - sur ce document pour plus de détails.
(2) Information, sensibilisation, compensations financières pour les ménages les plus démunis...
(3) Eco-conception des produits, Analyses de Cycles de Vie, Ecologie Industrielle, formation professionnelle, ...
(4) Collecte sélective, initiatives locales d'économie solidaires, traitement et valorisation, ...

Le cycliste de Marseille...

Publié le lundi 3 septembre 2007

Il a été lancé encore discrètement, fin juillet, et je dois vous avouer que je ne l'avais pas vu plus tôt (serait-ce la malédiction des cyclistes de Marseille que de passer inaperçu ?). Il est temps de réparer cette injustice, d'autant qu'il gagne à être connu.

Qui ça ?

- "Le cycliste de Marseille" : Le blog du Collectif Vélo en Ville (CVV), notre association de cyclistes "utiles", urbains et civilisé, à Marseille, dont je m'enorgueillis d'être membre.

Un incontournable si vous circulez à vélo dans Marseille et ses environs, mais utile et agréable à tous : Infos pratiques, coups de gueule, digressions rafraichissantes et citoyenneté autour des transports responsables sont au menu.

A rajouter dans vos favoris !

Liens :

- http://lecyclistedemarseille.hautetfort.com
- http://marseille.fubicy.org