Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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Un "mardi de l'environnement" spécial Grenelle

Publié le mercredi 29 août 2007

Ce sera le mardi 11 septembre, de 18h30 précises à 20h30, au Conseil régional d’Île-de-France, Salle Paul Delouvrier, 35 boulevard des Invalides - Paris 75007.

La question débattue ce soir là :

Grenelle de l’Environnement :
une chance unique,
un risque à courir

Animé par Patricia Ricard, le débat réunira des représentants des associations participant au Grenelle de l’Environnement, et du ministère d’Etat chargé de l’écologie.
- Présentation des ateliers, des propositions des différents programmes
- Les objectifs et les moyens
- Les dossiers sensibles, les grands enjeux

Avec :

- Le MEDAD, pour le Grenelle de L’Environnement (en cours)
- Michele Rivasi, Rapporteur pour le Groupe des Verts,
- Allain Bougrain Dubourg, Président de la Ligue de Protection des Oiseaux,
- Serge Orru, Directeur du WWF France,
- Christophe Aubel, pour FNE et ROC,
- La Confédération Paysanne (en cours)

Revue d’Actualité d’Alain Zecchini

Pour participer, vous devez vous inscrire par email : mpcab@wanadoo.fr ou courrier : SERE - 63 route des Grandes Vallées 77123 Noisy sur Ecole, et vous munir d’une carte d’identité .

Une affaire qui roule !

Publié le mercredi 29 août 2007

C’est un collaborateur efficace. Toujours disponible quand on a besoin de lui, mais discret et capable de se faire oublier quand il le faut.

Il a su se rendre indispensable dès les premières semaines de notre collaboration. A tel point qu’il m’accompagne depuis dans chacun de mes déplacements professionnels, ou sa polyvalence et ses capacités d’adaptation sont appréciables. Ses qualité relationnelles font merveille. Combien de fois m’a t-il aidé à engager la conversation et à briser la glace avec de nouveaux interlocuteurs !

Et c’est peu dire qu’il m’a fait gagner du temps, et de l’argent.

S’il n’était qu’un travailleur assidu et performant, ce serait déjà beaucoup. Mais il est aussi un agréable compagnon de loisirs. Je l’emmène souvent en Week End, ou en vacances. Ensemble, nous avons crapahuté dans les corbières, dans les châteaux cathares, sur les petites routes de Provence. J'ai vraiment passé de bon moment avec lui. En plus, séducteur, il a toujours su se faire accepter par ma famille et mes amis.

Je n’envisage même pas de m’en séparer. Lui signer un CDI ? J’aimerais bien, mais ce n’est qu’un vélo pliant !

Que restera t-il de nous ?

Publié le mercredi 22 août 2007

Un récent livre, Homo disparitus, de Alan Weisman, essaye d’imaginer se qui se passerait si l’espèce humaine venait à disparaître, et notamment sur l’empreinte que l’humanité laisserait sur terre et dans l’univers.

La question peut paraître loufoque, mais l’exercice intellectuel n’est pas inintéressant, et la réponse proposée à de quoi nous remettre à notre place…

Ce qui resterait de nous, en premier lieu et en volume, ce serait des déchets. Des montagnes de béton, qui seraient encore là dans des milliards d’années, peut être broyés et concassés par les séismes et la dérive des continents, et ré-agglomérés dans des formes nouvelles de roches. Des déchets radioactifs aussi : Le plutonium de nos bombes sera encore actif dans 250.000 ans, l’uranium 238 de nos centrales le sera encore lui dans des milliards d’années.

Il resterait aussi, pour environ 100.000 ans, une concentration anormalement élevée de CO2 dans l’atmosphère, et, pour quelques centaines de milliers d’années, des déchets plastiques dérivant le long des rivages ou se baladant au grès du vent.

Nous nous extasions devant les fossiles que nous ont légué les dinosaures, mais si une forme d’intelligence quelconque venait à nous suivre sur cette terre, il auraient de quoi alimenter leur fantasmes les plus extravagants !

Bien, sûr, l’humanité ne laissera pas derrière elle que des déchets. Il y a aussi le formidable génie des hommes et des femmes de tous les siècles, il y a des œuvres artistiques, les tableaux de Léonard de Vinci ou de Matisse, le théâtre de Shakespeare, les essais de Montaigne, les récits de voyage d’Alexander Von Humboldt, et tant d’autres œuvres inoubliables… qui disparaîtraient au mieux quelques centaines ou quelques milliers d’années après le dernier homme.

Mais il y a quand même un témoignage de la culture humaine dont la pérennité est assurée : Les ondes radio.

Elle sont indestructibles et voyagent à l’infini dans l’univers. On pourra ainsi se régaler des fines saillies de Cauet ou Arthur, et danser « la danse des canards », jusqu’à la fin des temps.

Ouf !

Source : cdurable.info : http://cdurable.info/spip.php?article435

Des atomes pour de l’eau douce ?

Publié le mardi 21 août 2007

Les pneus de l’Airbus qui ramenait les infirmières bulgares à Sofia étaient encore chauds que l’annonce était faite d’un contrat nucléaire civil, probablement l’EPR, avec la Libye. Apparemment, donc, il n’y avait rien de plus urgent à faire.

C’est bizarre, je pense à une certaine centrale, Osirak, vendue à quelqu’un de très bien et de tout à fait fréquentable (à l’époque), un certain Saddam Hussein. Auprès de qui un premier ministre, promis à un grand destin national, se faisait d’ailleurs photographier en 1976, visitant ladite centrale.

Mais il ne faut pas confondre : Saddam Hussein, c’était un type bien sous tout rapport, qui est devenu progressivement un dictateur sanguinaire, avant d’être finalement l’ennemi public n°1, l’homme à abattre. Mouammar Kadhafi, lui, c’est le trajet inverse. En tout cas c’est ce qu’on vous demande de croire, vérité officielle oblige.

Et puis là, c’est pour la bonne cause, puisqu’il s’agit de dessaler de l’eau de mer, dans un pays ou l’eau douce manque cruellement.

Sauf que personne n’a jamais dessalé de l’eau de mer avec une centrale nucléaire. Et que de l’aveu même du fils de Kadhafi, Seif el Islam, il s’agirait plutôt de produire de l’électricité pour l’exporter vers les pays voisins, voire au sud de l’Europe.

Le manque d'eau douce dans les pays arabes, que se soit sur le pourtour méditerranéen, au Moyen Orient ou dans le Golfe, est un problème crucial, surtout en tenant compte de l’accroissement de la population et de la concentration urbaine. Pomper dans les réserves souterraines, lorsqu’elles existent, n’est pas une solution durable. Alors pourquoi ne pas dessaler l’eau de mer ? Sauf qu’aujourd’hui, la plupart des centrales de dessalement fonctionnent avec du pétrole, ressource dont les pays arabes sont en général (mais pas tous !) bien pourvus. Mais investir aujourd’hui dans une centrale de dessalement au pétrole, alors que le pic de production approche et que nous entrons dans une zone de grande turbulence sur les prix du pétrole, ne serait pas forcément une bonne idée.

Il faut donc innover. Si on est convaincu que « le nucléaire est l’énergie de l’avenir », et qu’on ne voit pas de raisons de priver les pays arabes de l’énergie de l’avenir, alors allons-y.

Sauf qu’on peut s’interroger sur l’avenir de cette fameuse énergie de l’avenir. L’uranium n’est pas non plus une ressource illimitée et le stockage des déchets ultimes n’est toujours pas résolu de façon satisfaisante. Sans même parler des risques géopolitiques, puisque, même si la technologie reste exclusivement civile, il reste toujours possible de fabriquer des « bombes sales » artisanales, si du combustible ou des déchets venaient à tomber entre de mauvaises mains. Dans ce contexte, fournir un réacteur nucléaire civil à la Lybie, EPR ou non, pour dessaler de l’eau de mer, relève surtout du manque d’imagination. A moins qu’il ne s’agisse d’un impératif commercial pour un constructeur de centrales nucléaires aux abois.

Le soleil fourni l’énergie de la plus grande usine de dessalement qui soit : l’évaporation naturelle à la surface des océans. Et du soleil, ça tombe bien, les pays arabes en ont à revendre. De même que de la surface de terrain disponible pour installer de vastes systèmes d’évaporation / condensation reposant sur des centrales thermiques solaires. Il ont aussi, pour la plupart d’entre eux, de long linéaires de littoral, sur lesquels des vents thermiques vont et viennent, et dont des fermes éoliennes pourraient bénéficier.

Le manque d’eau potable dans les pays du sud demande un effort d’innovation à la hauteur du défi posé.

La France, dans cette affaire, se comporte comme certains commerçants qui veulent à tout prix vous refiler ce qu’il ont en stock, plutôt que de vous vendre ce dont vous avez réellement besoin.

Dommage. L’honneur de notre pays serait de proposer aux pays du sud des transferts de technologies répondant à leur besoins réels, soutenables, durables et exploitables sans risques par les populations locales.

Des rasoirs aux… animaux jetables ?

Publié le lundi 20 août 2007

Sous le prétexte de faire pratique, de réduire les coûts (ceux du producteur, pas ceux subis par la société), on nous aura quasiment tout fait.

On fait du jetable. C’est tendance le jetable. C’est mode, en tout cas pour certains : Des rasoirs jetables, des lingettes jetables, des vidéos jetables (pas besoin de les rapporter chez le loueur, après lecture vous jetez le DVD à la poubelle), on a même vu des téléphones portables jetables !

Au delà de cette face « visible » du jetable, de nombreux appareils qui étaient réparables il y a quelques années ne le sont plus. Parce que ça coûterait plus cher (en main d’œuvre) de les réparer que de les remplacer. Du coup, vos téléphones portables, vos agendas électroniques, vos lecteurs MP3, vos appareils photos numériques, et tant d’autres objets plus ou moins volumineux ne sont désormais plus réparés. En cas de pépin : on jette et on vous en fourgue un autre, gratuitement s’il est encore sous garantie, sinon, désolé Monsieur, cet appareil ne se fait plus mais nous avons celui là qui est encore plus performant pour le même prix. Et c’est pourquoi on trouve de plus en plus d’appareils qui ne sont même plus démontables. L’électronique, batterie incluse, est scellée dans une coque en plastique. Plus de vis ni de rivet. Même avec les meilleures intentions du monde, vous ne pourrez pas l’ouvrir sans le casser. Donc pas la peine d’essayer de le réparer. C’est du jetable, même s’il est sensé servir plus qu’une seule fois.

Et on ne s’arrête pas en si bon chemin.

Quand j’étais plus jeune – et ma jeunesse ne remonte pas au paléolithique inférieur – la fièvre aphteuse se soignait. Quand on trouvait une vache malade dans un troupeau, on la mettait en quarantaine, on lui administrait un traitement approprié et après guérison elle pouvait réintégrer le troupeau, ou elle continuait sa carrière de vache laitière ou engraissait tranquillement en attendant son destin de futur steack haché… N’importe quel vétérinaire de campagne, à la retraite ou en fin de carrière, vous le confirmera.

Rappelons que la fièvre aphteuse, certes très contagieuse entre animaux, ne l’est pratiquement pas – sauf conditions bien particulières, et uniquement par contact physique avec l’animal malade vivant – à l’homme. Par ailleurs, c’est une maladie qui demeure la plupart du temps bénigne et n’est pas mortelle.

Mais aujourd’hui, pour montrer qu’on fait quelque chose, on a tendance à remplacer l’action par l’agitation (médiatique surtout). Parce que le consommateur, et surtout le téléspectateur, veut du risque zéro, parce qu’il faut lui montrer à tout prix que l’on prend des mesures énergiques et qu’on applique le « principe de précaution » (pauvre principe de précaution – servi à toutes les sauces sauf là ou il serait pertinent), on fait dans la surenchère. Une vache est malade ? On abat tout le troupeau. Une vache serait peut être malade ? On abat tout le troupeau.

Résultat : Pour 2 cas avérés et incontestables de fièvre aphteuse en Angleterre, près de 600 vaches abattues.

Déjà qu’avec l’industrialisation de l’agriculture, les barrières entre l’inanimé et le vivant étaient déjà écornées – tant nous avons tendance à considérer les animaux comme de simples choses (une vache est une machine à produire du lait, n’est-ce pas, comme un cochon une machine à produire du jambon, etc). Nous en aurions oublié que ce sont avant tout des êtres vivant, donc sensibles, et que, si nous ne voulons leur attribuer de droits, nous aurions au minimum quelques devoirs à leur égard.

Mais voilà maintenant qu’un animal est non seulement une chose, mais qu’il est désormais une chose jetable. Avant on réparait, maintenant on jette. Avant on soignait – pour l’essentiel parce qu’un animal vivant était d’abord un capital productif pour son éleveur, mais peut être aussi pour d’autres raisons. Maintenant on ne soigne plus : on abat.

Je sais. Il se passe des choses plus graves – bien plus graves - dans ce monde. Mais n’oublions pas que le respect que nous témoignons aux animaux nous renvoie en miroir l’image de ce que nous sommes vraiment. Et ce n’est pas toujours joli joli…

L'ours qui cache la forêt ?

Publié le samedi 18 août 2007

" Au hit parade de l'été, la question de l'ours qui est une question de biodiversité importante mais plus symbolique que prioritaire l'a emporté sur la survie des poissons et probablement des écosystèmes du Rhône, sur les phénomènes extrêmes que nous avons vécu en Europe et sur l'appauvrissement global de la biodiversité qui ne se voit pas. "

Une réflexion intéressante sur le Blog de Corinne Lepage, à lire ici.

Pour un développement « bio-inspiré »

Publié le lundi 13 août 2007

Introduction

L'histoire de la vie est indissociable de celle de la terre. Apparue entre -3,2 et -3,8 milliards d'années, alors que la terre est datée de 4,55 milliards d'années, la vie est aujourd'hui la principale force, avec la tectonique des plaques, qui donne à la terre son aspect, sa géographie, ses paysages, et même son climat. Sans la vie, les rayons ultraviolets traverseraient une atmosphère pauvre, dépourvue de couche d'ozone protectrice, et frapperaient intensément la surface de la croûte terrestre et celle des océans. Les précipitations ruisselleraient directement sur la roche nue, dépourvue de tout sol, vers les océans. Les étés seraient brûlant et les hivers glaciaux. Bref, en forme de boutade, on pourrait écrire que sans la vie, la vie serait impossible sur terre, ce qui est aussi une manière extrême d’illustrer la valeur des services environnementaux rendus par la biosphère.

Telle qu’elle est aujourd’hui, la biosphère, c’est à dire l’ensemble du système vivant planétaire et de ses interactions, résulte d'une cascade d'événements hautement improbables, qui a entre autre rendu possible l'émergence et le succès de l'humanité. Celle ci est arrivé au bon moment, et a eu la « chance » de trouver des conditions propices à son épanouissement au sein de la biosphère, dont elle est aujourd’hui un acteur clé.

Le succès de l'espèce humaine est paradoxalement ce qui la menace le plus aujourd'hui. L'épuisement de nombreuses ressources fossiles, la fragilisation de la biosphère et de sa capacité de régénération, la perturbation des grands cycles régulateurs, notamment le climat, représentent des menaces inédites auxquelles il est de notre devoir de faire face. Il est urgent de préserver la richesse et la diversité du vivant, dans l’intérêt premier de l’humanité, actuelle et future.

Comme le fait remarquer Hubert Reeves, président de la Ligue ROC, « Ce n'est pas la vie sur terre qui est menacée. La vie est forte, elle s'est déjà adaptée a des bouleversements encore plus radicaux que ceux en cours aujourd'hui. Mais c'est l'humanité qui est fragile et qui risque de ne pas pouvoir s'adapter. »

L'économie du vivant

Le terme « économie » désigne l’activité qui consiste à « la production, la distribution, l’échange et la consommation de produits et services ». C'est ce que fait le vivant depuis son apparition sur Terre.

Cette « économie du vivant » s’est développée malgré des contraintes draconiennes. Des ressources finies (la planète ne recevant aucune matière nouvelle de l’extérieur), l’obligation de conserver et d’assimiler ses déchets (la planète ne pouvant les « exporter » ailleurs), une seule source d’approvisionnement en énergie, celle du rayonnement solaire.

Et pourtant, depuis des milliards d’années, le vivant organise la matière, innove, structure et conserve l'information. Il produit de la complexité, capte, concentre et transporte l'énergie, produit des biens et des services que s'échangent les espèces animales, végétales et microbiennes. Il recycle à l'infini la matière organique, retraite et remet en circuit les minéraux, dont le plus important d'entre tous, l'eau.

Et avec quel talent ! C’est le meilleur exemple de développement soutenable qu’il nous soit donné de connaître.

Soyons « bio-inspiré »

Au delà des biens et des services environnementaux qu’il procure à l’industrie humaine, tels que la fertilité des sols, la régulation du climat, le recyclage de l’eau, la pollinisation, et tant d’autres, le vivant est aussi une formidable source d’inspiration et d’innovation. Le biomimétisme nous a permis de concevoir des matériaux nouveaux, des formes nouvelles, ou d’améliorer les performances de bien des produits. Les exemples vont du classique « Velcro© » à des traitement de surface inspirés de la structure des feuilles du nymphea, permettant d’ajuster le caractère « mouillable » ou non des matériaux, en fonction de l’effet recherché. Les pattes du Gecko permettrons d’améliorer l’adhérence des pneus de nos véhicules. On pourrait encore parler des toiles d’araignée ou d’un coléoptère namibien qui nous a permis de concevoir d’efficaces systèmes de captation de l’eau atmosphérique. Si nous perdons ces espèces, nous perdons les innovations qu’elles nous inspirent.

Au delà du biomimétisme, qui s’intéresse aux formes et aux structures des organismes vivant, la bio-inspiration vise à comprendre les modes d’organisation du vivant, leurs interactions et leurs dynamiques, pour améliorer nos propres systèmes.

Que serait alors un développement bio-inspiré ?

Il devait d’abord reconnaître les règles de fonctionnement de la biosphère et s’y inscrire, sans en impacter durablement ni le fonctionnement, ni le potentiel d’évolution.

Il permettrait de créer et répartir des richesses, de produire, de distribuer et de consommer sans :
- Prélever plus dans la biosphère que ce qu’elle est capable de produire et de renouveler,
- Rejeter plus dans la biosphère que ce qu’elle est capable d’assimiler, traiter, et recycler,
- Affaiblir la capacité de la biosphère (par la destruction des habitats, ou par empoisonnement, par exemple) à produire les biens et services écologiques nécessaires aux deux points précédents.

Pour atteindre ces objectifs, un mode de développement bio-inspiré se devrait donc de :
- Tendre vers une utilisation à 100% de ressources renouvelables et/ou recyclées,
- Tendre, dans le mesure du possible, vers l’abolition de la notion de déchet, notion qui n’existe pas dans le système vivant, où tout est recyclé et valorisé à l’infini.
- Limiter son emprise spatiale au strict nécessaire, sans affecter de manière irréversible les espaces utilisés.

Pour atteindre un état de « soutenabilité » l’économie devrait donc tendre vers un fonctionnement en « circuit fermé », sans prélèvement irréversibles, rejets excessifs dans le milieu ou externalités non maîtrisées. C’est ce que certains auteurs, s’inspirant des dynamiques des écosystèmes, désignent par « économie circulaire » ou encore « écologie industrielle ».

Cette perspective, pour ambitieuse qu’elle puisse paraître, doit permettre de forger la vision stratégique, qui devra se décliner en plans d’actions, en mesures, et en décisions. A l’heure du choix, chaque nouvelle décision devrait être questionnée ainsi :

- Est-ce que cette mesure nous met sur la bonne voie et nous rapproche de l’objectif ?
- Est-ce que cette mesure augmente ou au contraire diminue notre marge de manœuvre ?

Loin d’être une contrainte, se fixer pour cap un mode de développement bio-inspiré offrira de remarquables opportunités d’innovation, de re-conception des modes de production et de consommation, de mettre au point de nouveaux « business models », de remplacer des produits à faible valeur ajoutée par des services à haute valeur ajoutée, et de relocaliser l’économie, avec de nombreux emplois à la clé.

A l’heure ou beaucoup voient dans l’idée même de développement un mur, que nous ne pourrions qu'heurter avec plus ou moins de violence, la bio-inspiration offre une sortie de crise « par le haut ». Elle permettra à ceux qui l’adopterons de renforcer durablement leur compétitivité et leur rentabilité, dans le respect du vivant et des droits des générations futures.