Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Joël de Rosnay, dans un article publié le 15 décembre 2005 sur Agoravox, et qui commence ainsi :

"Les valeurs économiques ne sont pas les seules à contribuer à la construction du monde. Le rôle des valeurs humaines, morales, spirituelles est fondamental. Or, celles qui priment aujourd’hui opposent plus qu’elles ne réunissent. Les composantes majeures du développement économique et social sont la compétition et la concurrence, valeurs justifiées dans le cadre de l’évolution darwinienne et de la lutte pour la vie, mais insuffisantes pour construire la prochaine étape de l’évolution de l’humanité.

Pendant des millénaires, les hommes ont assuré leur survie grâce à la domestication de l’énergie solaire par l’agriculture. Cette étape de l’évolution des sociétés a favorisé des valeurs de nature symbiotique : complémentarité, équilibre, utilisation ménagée des ressources. La période de conquête économique et industrielle des derniers siècles, résultant de l’exploitation accélérée des combustibles fossiles, privilégie des valeurs masculines : compétition, conquête, domination, croissance. La transition que connaît désormais l’humanité - phase d’aménagement post-industrielle ou bio-écologique, société d’information et de communication, va nécessiter le retour à des valeurs féminines comme la solidarité, la complémentarité, l’équilibre..."

Il y a aussi ce passage :

"L’émergence de ces nouvelles valeurs - que je qualifie, en simplifiant, de féminines - me paraît désormais indispensable pour faire progresser le monde vers plus de solidarité, de justice, d’équilibre et de paix. Elles représentent un autre regard sur la nature et la société, d’autres manières d’agir, d’exercer un contrôle ou de transmettre les connaissances propres aux comportements, aux modes de réflexion et d’action des femmes. J’irai même jusqu’à dire que ces valeurs vont devenir indispensables pour construire la société de demain et préserver l’avenir de la planète."

Bon d'accord, j'exagère. Il n'était évidemment pas question, au moment où Joël de Rosnay écrivait ces lignes, du second tour des présidentielles, puisqu'aucun des deux candidats en finale aujourd'hui n'était alors déclaré. Mais j'avais apprécié cet article, et j'en garde des réminiscences qui sont, allez savoir pourquoi, entrées en résonance avec la façon dont je perçois ce qui se passe aujourd'hui.

Allez, je vous laisse lire la suite, c'est là !