Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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Le développement durable, une idée souvent déformée - Un entretien avec Gro Harlem Brundtland

Publié le jeudi 31 mai 2007

Malgré la popularité du concept de «développement durable» et le retentissement qu'il a eu dans les relations internationales depuis 20 ans, on peut se demander si la planète est aujourd'hui en voie de mettre en oeuvre ce nouveau paradigme dont tous les politiciens se revendiquent.

«Non!», répond avec une franchise désarmante Gro Harlem Brundtland, qui a signé en 1987 le premier bilan de l'état de la planète Terre jamais produit par des humains, dans le cadre d'un mandat donné par l'Assemblée générale de l'ONU.

« On peut tout déformer, y compris le développement durable, dit-elle. Mais dans le concept de développement durable, il y a celui, crucial, de la protection de l'environnement. Personne ne peut utiliser ce concept raisonnablement sans exiger une stricte protection de l'environnement. Prétendre le contraire, c'est déformer le concept. Rien d'autre »

Lire la suite dans le quotidien québécois "Le Devoir"

Quand vous allumez une ampoule, c'est pour vous chauffer, ou pour vous éclairer ?

Publié le mercredi 30 mai 2007

Dans une ampoule à incandescence, 90% de l'énergie est dissipée sous forme de chaleur. On peut faire mieux, et les ampoules à économie d'énergie de seconde génération offrent aujourd'hui une alternative crédible en termes de confort visuel et de rapidité d'allumage. Bien sur, elles consomment aussi 4 à 5 fois moins d'énergie et durent considérablement plus longtemps. Et leur prix a aussi beaucoup baissé, et continuera à baisser à mesure que le taux d'équipement des ménages et des entreprises augmentera.

L'Australie a déjà annoncé, le 20 février 2007, l'interdiction de la vente sur son territoire des ampoules à incandescence, à partir de 2010. Il est vraisemblable que l'effet d'incitation sur le marché fera que cette mesure aura un impact significatif bien avant cette date.

Et l'Europe ? Certains membres du Parlement Européen ont initié une “Déclaration Ecrite” appelant l’Union Européenne à interdire les ampoules à incandescence, énergétiquement inefficaces. Pour être officiellement approuvée, cette déclaration doit être signée par 400 membres du Parlement d’ici au 10 Juin 2007.

Vous pouvez soutenir cette déclaration en écrivant à votre député pour lui demander de signer cette déclaration. Et pour vous simplifier la vie, vous pouvez aussi le faire en signant cette "cyber pétition".

La malmesure de la bicyclette

Publié le lundi 28 mai 2007

Le président aime le vélo. Avec son pote Richard Virenque, ils font des virées en vélo, ils parlent des derniers cadres en carbone et du Tour de France. Ils partagent une grande admiration pour les exploits de Lance Armstrong. Un « gagnant ». Un « winner ». Et ça, c'est sacré. Sa gloire ne souffre ni ombre ni tâche. « Il aurait pris des médicaments ? » a dit le président, « Qu'on me donne les mêmes ! » poursuit-il. (Nous a t-il donné par cette déclaration un indice sur le secret de son extraordinaire vitalité ?)

Malheureusement, cette déclaration n'est pas si anodine qu'elle en a l'air. Par ce que, que ce soit Richard Virenque ou Lance Armtrong d'ailleurs, et même si on a pas de preuves définitives et irréfutables, il y a un faisceau assez dense d'informations factuelles qui laissent à penser que ces deux champions là ne seraient pas l'image même de l'innocence et de la propreté.

Et là, on envoie deux mauvais messages.

Le premier est assez évident, dès la première lecture :

On connaissait déjà un clivage « droite - gauche » assez douteux sur les drogues dites « douces », et une certaine complaisance, assez démagogique, de la gauche (des verts au PS) à leur égard, et une sévérité affichée, non moins démagogique d'ailleurs, du coté de la droite. Une posture politique qui encouragerait la consommation de drogues, en en minimisant l'effet potentiel, serait à mon avis dangereuse (notamment parce que sur ce plan, nous sommes plus ou moins fragiles, plus ou moins enclin à tomber dans la dépendance, et que la prudence, a minima, est de rigueur sur cette question).

Va t-on découvrir maintenant un autre clivage sur la question du dopage ? On connaît les efforts sans précédent de Marie-Georges Buffet, en tant que ministre des sports, dans la lutte contre le dopage, donnant d'ailleurs à notre pays une avance significative dans ce domaine. Va t-on maintenant vers un culte du gagnant, de la performance, qui irait jusqu'à minimiser les pratiques les plus coupables et les plus néfastes ? Serait-il coupable de prendre des substances pour se détendre, s'évader du quotidien, mais acceptable d'en prendre pour augmenter ses performance ?

L'exemple vient d'en haut. Quelques soient les disciplines, de nombreux jeunes sportifs amateurs, parfois encouragés par leurs parents ou leurs entraîneurs, prennent des substances plus ou moins nocives pour leur santé, pour « tenir le coup ». Est-ce là ce que l'on veut encourager ? Est-ce un culte de la performance à tout prix, y compris par la « triche », que l'on veut maintenant privilégier, au détriment de la lutte contre cette autre forme de drogue qu'est le dopage ?

Le deuxième message est plus « subliminal », et se place à un autre niveau de lecture :

Notre pays a, notamment par rapport à de nombreux de ses voisins européens, une image quasi exclusivement « sportive » de la bicyclette. Bien peu de nos concitoyens la considèrent comme autre chose qu'un sport ou un loisir, occultant ainsi le rôle significatif qu'elle peut jouer dans le domaine des transports urbains. Il est d'ailleurs frappant de constater que la plupart du temps, les « cyclistes du dimanche », ne sont pas ceux de la semaine. Loin de moi l'idée d'opposer l'un à l'autre, puisque j'appartiens moi même aux deux catégories. Mais j'en arrive au deuxième « mauvais message ». Si les français n'utilisent pas leur bicyclette à des fins utilitaires, c'est que, entre autres freins psychologiques, le vélo, c'est « dur ». C'est un truc de sportifs. De champions même. Et regardez d'ailleurs, les gars qui font le tour de France, ce sont des mecs extraordinaires, des surhommes presque, et bien c'est tellement dur que même eux, ils doivent prendre des trucs pour y arriver. Et qu'est-ce que les journalistes et les juges vont leur chercher des poux dans la tête ? Laissons les tranquilles. Le vélo c'est un truc de costaud, de malabars. Et vous voudriez que je fasse du vélo pour aller travailler ?

D'ailleurs, en France, le vélo c'est tellement un truc de sportif que dans la plupart des magasins, les bicyclettes les plus belles, les plus chères, sont des bicyclettes de sport. Comme si un vélo utilitaire ça ne pouvait pas aussi être un « haut de gamme », performant et adapté à l'usage auquel il est destiné.

Il y a un effort collectif à faire pour valoriser l'utilisation de la bicyclette comme moyen de transport quotidien, et non plus exclusivement comme sport ou comme loisir. Encore une fois, il ne s'agit pas d'opposer l'un à l'autre, mais de rééquilibrer notre « culture cycliste ». Il faut montrer que le vélo, ça peut être agréable et facile, en plus d'être rapide et non polluant, pour aller chercher le pain, acheter un livre, emmener les enfants à l'école, ou aller au travail.

Mais l'exemple vient d'en haut. Et comme le président aime le vélo, et qu'il est intelligent et courageux, conscient de la valeur de l'exemple qu'il donne à la population, (par exemple en se levant tôt, en travaillant plus, en affichant sa réussite, ...) je suis sûr qu'il ne se passera pas très longtemps avant que, en plus de faire du vélo sur un superbe coursier haut de gamme avec Richard Virenque, on le voie arriver à l'Elysée sur un beau vélo de ville, pratique, avec un porte bagage est des sacoches pour mettre ses dossiers, et que ses ministres, puis l'ensemble du pays, suivront l'exemple.

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Le titre de cette note est bien entendu emprunté à Stephen Jay Gould et à « La malmesure de l'homme »

Une opportunité à saisir

Publié le mercredi 23 mai 2007

« L’intelligence collective, au service du développement durable »

Quand j’ai lancé Noolithic, en avril 2004, cette devise devait résumer à elle seule l’enjeu et les difficultés à surmonter. Comment se fait-il que cette somme de bonnes volontés, de consciences actives et d’engagements, d’intelligences individuelles et de compétences donne au final si peu de résultats concrets ? Il semble que, systématiquement, on butte sur la difficulté à fonctionner en véritable intelligence collective. Que les divergences de vues, les conflits d’intérêts, les priorités à court terme des uns et des autres font que les intelligences, au lieu de s’additionner, s’opposent pour donner une somme quasi nulle.

L’intelligence collective est le préalable, plus que jamais indispensable, qui doit nous permettre de relever le défi de la crise sociale et environnementale, et sortir de l’impasse. On ne choisit pas avec qui la construire. On doit la mettre en œuvre avec ses alliés naturels, bien sûr, mais aussi avec ses adversaires.

Quel que soit votre choix du 22 avril et du 6 mai, il importe de regarder les choses en face. Le « Grenelle de l’environnement », puisque c’est de cela qu’il s’agit, est une opportunité historique à saisir, pour passer enfin de la prise de conscience et du constat partagé, à la concertation et à la mise en œuvre d’un plan d’action contractuel, dans la mise en œuvre duquel chacun devra s’engager.

Nul ne peut remettre en cause la légitimité des associations de protection de la nature, sans lesquelles rien de tout cela n’aurait jamais pu s’amorcer. Leur légitimité va bien au delà de leurs adhérents. Elles ont vocation à être la voix de ceux qui ne peuvent s’exprimer. La voix des écosystèmes, et des espèces vivantes qui les composent. La voix des populations les plus démunies et les plus oubliées, au Sud, comme ont dit. La voix des générations futures, devant lesquelles nous sommes comptables des décisions que nous prendrons et de ce que nous ferons concrètement. Ces associations, membres de l’alliance pour la planète ou pas, sont fondées, par leur diversité, à représenter l’intérêt général.

Quoi qu’on pense de MM. Sarkozy et Juppé, de leurs styles respectifs, de leurs options politiques dans d’autres domaines, ont doit leur accorder le mérite de cette initiative. Ils sont l’émanation de la volonté du peuple français, à travers l’expression du suffrage universel direct. Ils ont probablement leur agenda, leurs priorités, et même leurs arrières pensées (leur réélection, la consolidation de leur majorité parlementaire, …), mais ils sont aujourd’hui engagés dans un processus où ils ne peuvent se permettre de décevoir et qui les conduira peut être plus loin qu’ils ne l’avaient imaginé au départ, pour le bien de tous. L’ambition et la transparence sont désormais obligatoires, et l’échec est interdit. Ce qui va se passer en France sera probablement suivi bien au delà de nos frontières, et nous nous devons d’être exemplaires.

Les collectivités territoriales et les administrations qui seront conviées à cette négociation sont, elles aussi, à des degrés divers, les émanations de la volonté du peuple français. Elles aussi ont leurs priorités, leurs impératifs budgétaires, des élections à préparer, etc. Mais elles devront être à la hauteur de l’enjeu, dépasser leur horizon habituel, et « penser en dehors de la boite » pour contribuer, sans tabous, au succès de cette négociation.

Les entreprises ont un rôle clé à jouer. Elles aussi ont leurs priorités, leurs impératifs quotidiens. Elles ont des comptes à rendre à leurs actionnaires, des clients à satisfaire, des salariés et des fournisseurs à payer, et elles doivent faire face à une concurrence mondialisée, pour qui l’environnement ou le progrès social ne sont parfois que des « gadgets de riches ». Mais il est indispensable que les entreprises françaises, des plus grandes aux plus petites, contribuent activement au succès de ce « Grenelle de l’environnement », sans en modérer l’ambition ni en limiter la portée. Il s’agit pour elles prendre une avance significative sur leurs concurrents mondiaux, face à un défi qui s’impose aujourd’hui à tous, qu’on y réponde activement ou qu’on le subisse.

Pour tous : entreprises, collectivités, administrations, associations et citoyens, le processus qui s’amorce est une opportunité historique. Nous pourrions, par défiance, nous en détourner. Nous pourrions aussi, à l’avance, en minimiser l’impact et n’y voir qu’un nouvel instrument de politique électoraliste. Et nous resterions là où nous en sommes aujourd’hui. Ou nous pouvons, comme nous y invite l’intelligence collective, y contribuer activement, sans baisser la garde, en restant vigilant, mais dans l’objectif ambitieux et partagé d’en faire une étape décisive vers la construction d’un futur souhaitable, reposant sur la triple solidarité : dans l’espace, dans le temps, et avec l’ensemble des espèces vivantes qui constituent la biosphère à laquelle nous appartenons.

Respect de la vie !

Publié le mardi 22 mai 2007

" Dans cette Afrique équatoriale habituellement si humide c'était la saison sèche et nous remontions lentement le courant, glissant furtivement, essayant laborieusement de deviner l'orientation des passes entre les bancs de sable du fleuve Ogoomé. Perdu dans mes pensées, j'étais assis sur le pont du chaland, m'efforçant simplement de me faire une idée claire et simple de l'éthique que je n'avais découverte dans aucune philosophie.

Les feuilles défilaient sous ma plume, couvertes de phrases sans lien les unes avec les autres. Je voulais simplement rester concentré sur le problème. Le troisième jour, tard dans la soirée, juste à l'instant où dans le soleil couchant nous nous faufilions à travers un troupeau d'hippopotames, quelque chose d'imprévu me frappa comme une lumineuse évidence jamais encore formulée : "respect de la vie". La porte de fer avait cédé, voici que le sentier apparaissait dans la forêt touffue. Enfin j'avais tracé le chemin qui mène à cette idée qui englobe à la fois les mondes, l'affirmation de la vie, la morale : je savais maintenant que la perspective universelle sur le monde éthique - sur l'affirmation de la vie avec ses idéaux de civilisation - est fondée sur la pensée. Ainsi pour moi l'éthique n'est pas autre chose que le respect de la vie. "

Albert Schweitzer, A l'orée de la forêt vierge.

Le respect de la vie : La première pierre, le fondement même de l'éthique.

Publier aujourd'hui cette citation, ce sera ma façon à moi de célébrer la journée mondiale de la biodiversité.

Téléscopage

Publié le mardi 22 mai 2007

Je m’apprêtais mentalement à écrire une note sur la journée mondiale de la biodiversité, en évoquant aussi la rencontre d’hier à l’Elysée, qualifiée « d’historique » par tous les participants (et je n’ai aucune raison de contester ce jugement, le passage du constat partagé à la mise en œuvre d’un plan d’action négocié est effectivement une étape décisive, et ce qui va se passer dans les mois qui viennent est à suivre de près).

J’aurais bien aimé, et j’y reviendrai sans doute. Mais je viens de tomber sur une vraie bombe : L’augmentation des émissions de CO2 entre 2000 et 2004 se fait à un rythme plus que 3 fois supérieur à ce qu’il était dans les années 1990. C’est à dire que malgré Kyoto, non seulement les émissions de CO2 ne diminuent pas, mais qu’elles augmentent plus vite. Les émissions de CO2 augmentaient à un rythme de +1,1% /an durant les années 1990, alors qu’elles ont augmenté de 3,1% par an entre 2000 et 2004. (Source : Le Monde)

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, on est maintenant quasiment sûr que les océans ne pourront pas continuer à absorber indéfiniment les quantités astronomiques de CO2 que nous rejetons dans l’atmosphère. Non seulement l’acidification des océans due à l’augmentation du CO2 dissout dans les eaux constitue une menace pour de nombreux invertébrés marins (mollusques et crustacés, en particulier, qui constituent sous leur forme larvaire la base de la chaîne alimentaire), mais en plus on constate une saturation de la capacité d’absorption des océans, avec le risque qu’ils se mettent un jour à relâcher, plus ou moins brutalement, le trop plein.

Alors d’où vient cette augmentation ? Pour l’essentiel des pays en développement, notamment ceux qui comme la Chine ou l‘Inde connaissent une forte croissance économique, mais aussi de certains des pays les moins avancés, qui dépendent largement de sources d’énergies « sales », comme le charbon, pour faire face à la demande croissante de leur population. Faut-il alors leur interdire de se développer ? Non, bien sûr. Mais la grande leçon de tout ça, c’est que tous les efforts que nous ferons pour réduire nos émissions, si nous décidons de nous y mettre enfin sérieusement, ne prendront leur sens que si, et seulement si, comme on disait en cours de math, nous mettons en oeuvre une politique ambitieuse de codéveloppement avec les pays du sud, avec des transferts massifs de technologies propres, que ce soit dans les énergies renouvelables, mais aussi, et peut être surtout, dans l’efficacité énergétique (processus industriels et agricoles peu émetteurs de GES, isolation, amélioration des rendements, urbanisme et habitat intelligent, etc.)

Encore une fois, voilà le genre d'information qui confirme que nous n'avons plus de temps à perdre, et qu'il nous faut impérativement, dès maintenant, changer d'échelle dans l'action.

Pas de vrai plaisir sans totale autonomie

Publié le dimanche 20 mai 2007

Montaigne n'a pas inventé la bicyclette. Ca se saurait. Ou alors, le secret est rudement bien gardé, et il avait trois siècles d'avance...

Mais par contre, il aurait peut être inventé l'état d'esprit qui va avec, à en croire ces quelques citations :

"Pas de vrai plaisir sans totale autonomie" (Voilà qui devrait calmer ceux qui croient encore qu'il pourrait exister des "sports mécaniques")

"Heureux qui joint la santé du corps à l'exercice de la pensée" (Bon, d'accord, celle-ci rappelle bien le fameux "un esprit sain dans un corps sain" des anciens sages grecs, mais qui à beaucoup flâné à vélo sait quel merveilleux stimulant de la pensée est cet exercice)

Et il y a aussi celle-ci, que j'aime bien : "Partout où le vent m'emporte, je m'installe un moment".

De la vertu du doute

Publié le samedi 19 mai 2007

« Le fanatisme est aveugle, il rend sourd et aveugle. Le fanatique ne se pose pas de questions, il ne connaît pas le doute : il sait, il pense qu’il sait. »

Elie Wiesel, auteur américain d’origine roumaine, Prix Nobel de la paix dans « Mémoire à deux voix »

La métaphore du "buffet campagnard"

Publié le mercredi 16 mai 2007

Vous êtes invité à une grande fête, par exemple pour célébrer un mariage, ou une naissance.

Les convives s'assoient sur les tables rondes installées autour d'un généreux et très appétissant buffet campagnard. L'ambiance à votre table et sympathique, la conversation s'attarde un peu quand vous constatez la file d'attente qui se forme pour l'accès au buffet. Vous vous levez donc et rejoignez avec vos amis la file d'attente. Vous patientez dans la bonne humeur en continuant à discuter.

Mais devant vous, les premiers arrivés au buffet se goinfrent, se servent et se resservent de généreuses assiettes, et partent avec les meilleurs bouteilles. Quand vous arrivez au buffet, le meilleur est déjà parti, et il ne reste plus grand chose. Ambiance...

Choquant, n'est-il pas ?

C'est pourtant ce que sommes en train de faire à nos enfants et à nos petits enfants. Ceux qui naissent aujourd'hui n'auront que les miettes du buffet. Ceux qui sont nés au mauvais endroit n'ont déjà que des miettes.

Ceux qui émettent le plus de gaz à effet de serre sont ceux qui souffriront le moins du bouleversement climatique. Ceux qui en émettent le moins seront ceux qui en souffrirons le plus.

Ceux qui se sont goinfrés des énergies fossiles sont ceux qui auront le plus les moyens technologiques de faire face à la crise énergétique, en trouvant des solutions de substitution.

Les populations aisées et urbaines du nord, pour qui la biodiversité n'est qu'un concept un peu abstrait, à la limite de l'esthétisme, ne souffrent pas trop de son érosion. Bien moins que ceux qui doivent y puiser chaque jour de quoi assurer leur subsistance.

Et ainsi à l'avenant. Vous avez dit responsabilité ?

Le tour de France d'un "petit écolo"

Publié le vendredi 11 mai 2007

Pour promouvoir la liberté de choix, pour montrer que c'est possible, qu'on peut se déplacer sans pétrole et même sans nucléaire, Jéremy est parti faire son tour de France.

En vélo couché (Un Optima Lynxx, pour ceux qui connaissent), avec une assistance électrique et un panneau photovoltaïque sur une remorque, pour être autonome en énergie, des bagages pour deux mois, et une bonne dose de culot et de courage.

Vous pouvez suivre son périple, et lire son blog quotidien là : http://lepetitecolo.free.fr

" Le choix de votre mode de déplacement est probablement la décision la plus importante que vous prendrez en rapport à votre impact environnemental "

Union of Concerned Scientist

Dormez bien, braves gens...

Publié le jeudi 10 mai 2007

... La police fait son travail.

Et comme on ne sait jamais si derrière chaque noir qui arrive en France ne se cache pas un immigrant clandestin, elle prend des précautions maximales. Pour illustration, cette mésaventure kafkaïenne arrivée à une scientifique malienne, venue à Paris pour participer à un colloque très officiel sur le Sida, mais retenue 30 heures dans un centre de rétention.

A ce compte, faut-il continuer à inviter des scientifiques africains à nos colloques ?

La paranoïa anti-immigration clandestine étant devenue ce qu'elle est, il ne fait manifestement pas bon ne pas avoir le "bon faciès" en France de nos jours...

A moins qu'on ne comprenne en haut lieu que nous avons besoin de nous ouvrir au Monde, en refusant tout préjugé, même si le prix à payer en est le passage de quelques immigrés clandestins (Qui de toute façon, au niveau de désespérance où ils sont, tenterons tout, absolument tout, y compris au péril de leur vie, pour venir chez nous).

A moins aussi qu'on ne comprenne que la seule solution soutenable et humainement acceptable n'est pas dans le verrouillage des frontières et dans la répression, mais dans le co-développement et le renforcement des échanges et de la coopération avec les pays "du sud".

Ne vous étonnez pas si ...

Publié le mardi 8 mai 2007

Je suis un peu silencieux...

Même plus envie... Fatigué...

J'avais commencé il y a quelques années, sur le thème de l'intelligence collective (Voir la définition de Noolithic ici).

Quelle ironie !!!

Même avec une bonne dose d'optimisme, j'ai beau chercher, j'ai du mal à la voir l'intelligence collective. Je ne vois que de la peur, du repli sur soi, derrière les vitres teintées des 4x4, derrière les murs de béton qui entourent des petits jardins de gazon coupé bien court, bien vert, bien arrosé et super dopé aux engrais...

Alors rideau. Silence. Ne plus regarder la télé. Partir en exil intérieur...

Et faire du vélo, pour me sentir un peu plus oiseau, plus léger, moins lourd, moins "terrien", moins "scotché", et avoir l'illusion, un instant, d'être libre...

Love your bike

Publié le lundi 7 mai 2007

From : loveyourbike.org

!

Publié le dimanche 6 mai 2007

La résistible ascension

Publié le samedi 5 mai 2007

« Quand César eu franchi le Rubicon, pas une ville qui ne l’ait accueilli avec joie.

Ceux qui viennent à lui s’accroissent chaque jour. Ils disent : « Toute résistance est vaine. César est une fatalité ! »

Pompée : « C’est une parole de pleutre. Que quelqu’un lui barre la route, César ne sera plus une fatalité »

Caton : « Mais personne ne lui barre la route. »

La fatalité est la somme de nos démissions »

(Dialogue extrait de « La Guerre civile » - de Henri de Montherlant )

To do list :

Publié le vendredi 4 mai 2007

Vendredi : Réunion d'équipe - 9 heure

Samedi : Faire les courses, accompagner les enfants à la piscine

Dimanche : Faire mentir les sondages

Valeurs féminines pour construire un monde

Publié le vendredi 4 mai 2007

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Joël de Rosnay, dans un article publié le 15 décembre 2005 sur Agoravox, et qui commence ainsi :

"Les valeurs économiques ne sont pas les seules à contribuer à la construction du monde. Le rôle des valeurs humaines, morales, spirituelles est fondamental. Or, celles qui priment aujourd’hui opposent plus qu’elles ne réunissent. Les composantes majeures du développement économique et social sont la compétition et la concurrence, valeurs justifiées dans le cadre de l’évolution darwinienne et de la lutte pour la vie, mais insuffisantes pour construire la prochaine étape de l’évolution de l’humanité.

Pendant des millénaires, les hommes ont assuré leur survie grâce à la domestication de l’énergie solaire par l’agriculture. Cette étape de l’évolution des sociétés a favorisé des valeurs de nature symbiotique : complémentarité, équilibre, utilisation ménagée des ressources. La période de conquête économique et industrielle des derniers siècles, résultant de l’exploitation accélérée des combustibles fossiles, privilégie des valeurs masculines : compétition, conquête, domination, croissance. La transition que connaît désormais l’humanité - phase d’aménagement post-industrielle ou bio-écologique, société d’information et de communication, va nécessiter le retour à des valeurs féminines comme la solidarité, la complémentarité, l’équilibre..."

Il y a aussi ce passage :

"L’émergence de ces nouvelles valeurs - que je qualifie, en simplifiant, de féminines - me paraît désormais indispensable pour faire progresser le monde vers plus de solidarité, de justice, d’équilibre et de paix. Elles représentent un autre regard sur la nature et la société, d’autres manières d’agir, d’exercer un contrôle ou de transmettre les connaissances propres aux comportements, aux modes de réflexion et d’action des femmes. J’irai même jusqu’à dire que ces valeurs vont devenir indispensables pour construire la société de demain et préserver l’avenir de la planète."

Bon d'accord, j'exagère. Il n'était évidemment pas question, au moment où Joël de Rosnay écrivait ces lignes, du second tour des présidentielles, puisqu'aucun des deux candidats en finale aujourd'hui n'était alors déclaré. Mais j'avais apprécié cet article, et j'en garde des réminiscences qui sont, allez savoir pourquoi, entrées en résonance avec la façon dont je perçois ce qui se passe aujourd'hui.

Allez, je vous laisse lire la suite, c'est là !

Ségolène Royal répond à VivAgora

Publié le jeudi 3 mai 2007

VivAgora a adressé ses "6 préconisations pour une démocratie technique" aux candidats.

la réponse de la candidate Ségolène Royal est la suivante :

" Je tiens à vous remercier de votre courrier. Je connais et apprécie l’action de votre association.

Je crois, par ailleurs, que l’organisation de débats citoyens autour des enjeux de la science et de la recherche est une nécessité démocratique.

Seule cette démarche peut permettre de fonder un consensus durable sans lequel les recherches de long terme ne peuvent être construites.

Je ne manquerai pas, le moment venu, de solliciter votre expérience précieuse dans ce domaine. "

A noter que Ségolène Royal est la seule candidate à avoir, à ce jour, répondu aux propositions que nous avions faites.

Note : VivAgora est une association, dont j'ai l'honneur d'être le président, qui promeut et met en pratique le débat public sciences et société. Pour nous découvrir : www.vivagora.org