Les récents propos d’un ancien ministre de l’intérieur, candidat à l’élection présidentielle, sur une supposée prédétermination de la pédophilie ou des comportements suicidaires, illustre bien l’irruption des questions scientifiques dans le champ du politique (et l'inverse, d'ailleurs), et les risques de dérapage associés.

Avec les meilleures intentions du monde, une vision partielle et partisane, ou simplement immature, de questions relevant du champ scientifique, peut conduire aux pires excès. Les nombreuses dérives issues de la théorie de l'évolution, du prétendu "darwinisme social" à l'eugénisme, contre lesquelles Darwin avait déjà mis en garde de son vivant, n'en sont qu'une des nombreuses illustrations. Pour le "bien de l'humanité", de grandes démocraties, telles les Etats-Unis ou certains pays scandinaves, si souvent cités en exemple pour leur modèle social, se sont lancés dans de vastes campagne de stérilisation des handicapés mentaux, des délinquants, de marginaux voire simplement des personnes appartenant à des milieux défavorisés.

Plus que jamais, l'urgence d’une prise de conscience collective, et d’une appropriation de ces questions par le public est tangible. Je me suis engagé personnellement en rejoignant Vivagora, qui s’est donné pour mission de favoriser l’information, le débat public et les échanges entre tous les acteurs : Scientifiques, public, responsables politiques et associatifs.

Je vous invite à faire de même, et à vous engager à votre manière sur ces questions : Informez-vous, allez à la rencontre des experts, des chercheurs, interpelez les politiques. Nous ne sommes ni meilleurs ni pires que ceux qui nous ont précédés, et qui ont commis les "erreurs" dont je donne quelques exemples plus haut. Nous ne sommes donc pas à l'abri de nouvelles dérives.

Je vous invite aussi à lire, sur ce sujet, la réaction d’Hervé Chneiweiss dans le journal "Le Monde" : " Le "Meilleur des Mondes" de M. Sarkozy "