J'ai, comme la plupart d'entre nous, reçu (au moins 5 fois d'ailleurs), un courriel m'invitant à visionner un reportage sur la toxicité des OGM, relatant notamment une expérience de longue durée sur l'alimentation exclusive de rats de laboratoire avec des OGM, pendant un an (au lieu de 3 mois habituellement).

Je n'ai pas cliqué sur le lien, car il se trouve que, suivant ce sujet assez régulièrement, j'avais déjà entendu parlé de cette étude. (Je me demande d'ailleurs si, après avoir mangé la même chose pendant un an, OGM ou pas, n'importe quel rat - ou humain - ne se sentirait pas un peu bizarre...)

Sur le fond, le débat sur les OGM est loin d'être clôt. Et je respecte parfaitement les appréhensions, les craintes ou les refus d'ordre éthique qu'ils peuvent susciter.

Mais sur la forme, comment approuver le ton d'un courriel, selon lequel le dit reportage aurait été "censuré" par Canal+, et nous invitant à nous précipiter sur le lien pour aller le visionner, car il risquerait "de ne pas rester longtemps en ligne".

Belle histoire, mais totalement bidon, parce que le dit reportage a bien été diffusé, et même à deux reprises.

Je me sens, plus que jamais, en harmonie avec les idées écologistes. Les menaces sont réelles, nombreuses, et sérieuses. Le passage de la prise de conscience à l'action est, effectivement, dramatiquement lent, beaucoup trop lent. Comme je le disais dans une note récente, nul besoin d'être alarmiste, les simples faits sont là, ils sont en eux mêmes suffisamment alarmants. Et, oui, il y a des gens "méchants", qui freinent des quatre fers et s'opposent aux mesures qui nous permettraient d'infléchir l'action politique dans la bonne direction, parce que c'est contraire à leur petits intérêts catégoriels.

Mais si nous voulons que le message passe, qu'on nous écoute, comme il semble qu'on commence aujourd'hui à nous écouter, il est essentiel de rester crédibles. Le mensonge est une arme à double tranchant, d'ailleurs souvent utilisé par les adversaires de l'écologie (Voir par exemple la campagne d'Exxon mobil, de l'administration Bush et autres lobbies anti Kyoto). Laissons là leur : nous n'avons nul besoin de mentir, d'exagérer, de grossir les faits ou d'inventer des complots imaginaires. Encore une fois, les simples faits sont largement suffisants. Contentons nous de les transcrire rigoureusement, en mentionnant des sources vérifiables.