Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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Comprendre le passé, pour mieux inventer l'avenir

Publié le lundi 26 février 2007

" On oppose trop souvent le présent et le passé : mais dans l'écoulement du temps, le présent n'est que le point extrême d'un très long passé, d'un passé qui dans de larges mesures, le commande et survit en lui "
Marc Bloch (Historien, 1886 - 1944, dans le cours introductif donné à l'Ecole normale supérieure en 1938)

" Celui qui veut s'en tenir au présent, à l'actuel, ne comprendra pas l'actuel "
Jules Michelet (Historien, 1798 - 1874, dans " Le peuple ")

Découvrez la Newsletter de Gondwana

Publié le mercredi 21 février 2007

Gondwana est une agence de conseil, spécialisée dans la protection de la biodiversité.

Leur newsletter est, je trouve, intéressante et originale, et propose chaque semaine quelques informations, bien ciblées, qu'on trouve parfois difficilement ailleurs. Je m'y suis abonné depuis plusieurs mois et je trouve que le contenu s'améliore.

Vous pouvez la découvrir en ligne, et vous y abonner (gratuitement), à cette page :

- http://www.gondwana-agency.com

Bonne lecture !

Comment les riches détruisent la planète

Publié le lundi 12 février 2007

"Consommer moins, répartir mieux"

Je viens de terminer, impressionné, l'ambitieux, dense, personnel et engagé dernier livre d'Hervé Kempf. Il y a là une remarquable matière à réfléchir. Un éclairage construit et synthétique, solidement argumenté, sur les maux auxquels nous devons, d'urgence, faire face. Hervé Kempf donne les clés pour comprendre, et met en évidence les liens qui relient crise écologique (climat, biodiversité, empoisonnement par les pollutions insidieuses), crise sociale, et crise démocratique.

Il propose aussi des solutions, et clôt son livre sur une note d'optimiste (et même sur une note d'humour, dans une remarquable parodie du "Café du commerce" de feu Marcel Dassault). Bien sur, les solutions proposées nécessitent remises en causes, bouleversement des ordres établis, efforts collectifs importants, au service d'un véritable intérêt général.

Nous sommes à un tournant de l'humanité ; Soit nous réagissons avec force pour prendre en mains notre destin commun, et l'aventure humaine pourra se poursuivre dans la dignité et la fraternité. Soit nous laissons faire, et nous découvrirons bientôt à quel point nous ne sommes, selon l'expression de Nicolas Hulot, "que superficiellement civilisés" - mince verni qui ne demande qu'à craquer.

A l'heure ou même Jacques Chirac, en tant que président de la république française, appelle à une "triple révolution" (des consciences, de l'économie, de l'action politique), Hervé Kempf va un peu plus loin, ...

A vous de lire...

Pour en savoir plus :

- La chronique de Dorothée Benoit-Browaeys, dans la lettre d'information "Vivagoveille"
- Le site d'Hervé Kempf : "Reporterre"

1 et 2 %

Publié le dimanche 11 février 2007

Rapprochement lourd de sens sur de petites variations :

  • - L'opération : "5 minutes de répit pour la planète", lancée par l'Alliance, a eu pour effet une baisse de 1% de la consommation d'électricité en France, selon le RTE (Réseau de Transport d'Electricité), mobilisant pour cela près de 3 millions de foyers. Il s'agissait bien sûr d'une opération symbolique.
  • - La consommation d'électricité des ménages a augmenté de 2% en 2006. La faute, selon Novethic, à l'équipement croissant en équipements électroménager, et notamment en téléviseurs à écran plat, de grandes dimensions, particulièrement gourmand en énergie. Je pense qu'on peut aussi incriminer l'équipement croissant en climatiseurs domestiques, y compris les modèles portatifs.

Décidément, des déclarations de bonnes intentions aux actes, il reste encore un pas important à franchir... Et il ne s'agit pas que des politiques.

Alors, en 2007, et en attendant mieux, on essaye l'opération "une année de répit pour la planète", avec une baisse de consommation sur l'année de 1% ?

Mentir pour la bonne cause ?

Publié le dimanche 11 février 2007

J'ai, comme la plupart d'entre nous, reçu (au moins 5 fois d'ailleurs), un courriel m'invitant à visionner un reportage sur la toxicité des OGM, relatant notamment une expérience de longue durée sur l'alimentation exclusive de rats de laboratoire avec des OGM, pendant un an (au lieu de 3 mois habituellement).

Je n'ai pas cliqué sur le lien, car il se trouve que, suivant ce sujet assez régulièrement, j'avais déjà entendu parlé de cette étude. (Je me demande d'ailleurs si, après avoir mangé la même chose pendant un an, OGM ou pas, n'importe quel rat - ou humain - ne se sentirait pas un peu bizarre...)

Sur le fond, le débat sur les OGM est loin d'être clôt. Et je respecte parfaitement les appréhensions, les craintes ou les refus d'ordre éthique qu'ils peuvent susciter.

Mais sur la forme, comment approuver le ton d'un courriel, selon lequel le dit reportage aurait été "censuré" par Canal+, et nous invitant à nous précipiter sur le lien pour aller le visionner, car il risquerait "de ne pas rester longtemps en ligne".

Belle histoire, mais totalement bidon, parce que le dit reportage a bien été diffusé, et même à deux reprises.

Je me sens, plus que jamais, en harmonie avec les idées écologistes. Les menaces sont réelles, nombreuses, et sérieuses. Le passage de la prise de conscience à l'action est, effectivement, dramatiquement lent, beaucoup trop lent. Comme je le disais dans une note récente, nul besoin d'être alarmiste, les simples faits sont là, ils sont en eux mêmes suffisamment alarmants. Et, oui, il y a des gens "méchants", qui freinent des quatre fers et s'opposent aux mesures qui nous permettraient d'infléchir l'action politique dans la bonne direction, parce que c'est contraire à leur petits intérêts catégoriels.

Mais si nous voulons que le message passe, qu'on nous écoute, comme il semble qu'on commence aujourd'hui à nous écouter, il est essentiel de rester crédibles. Le mensonge est une arme à double tranchant, d'ailleurs souvent utilisé par les adversaires de l'écologie (Voir par exemple la campagne d'Exxon mobil, de l'administration Bush et autres lobbies anti Kyoto). Laissons là leur : nous n'avons nul besoin de mentir, d'exagérer, de grossir les faits ou d'inventer des complots imaginaires. Encore une fois, les simples faits sont largement suffisants. Contentons nous de les transcrire rigoureusement, en mentionnant des sources vérifiables.

Non à la démagogie fiscale

Publié le jeudi 8 février 2007

Les défis environnementaux à relever, les urgences sanitaires, l'indispensable solidarité intergénérationnelle, l'éducation, la recherche, la coopération Nord / Sud, ... Tout cela nécessite, et nécessitera sans doute encore plus à l'avenir, des financements sur fonds publics. Le marché peut être, dans certains cas, un instrument efficace, mais il ne règlera jamais tout à lui seul.

La démagogie fiscale, qu'elle émane de petit candidats ou de "présidentiables", ne mènera à rien, sinon à des renoncement, des frustrations et des tensions sociales.

Moins d'impôt n'est pas synonyme de mieux être. L'impôt, équitablement réparti et affecté à des besoins essentiels, doit être une option pour les gouvernements à venir, et même un instrument fondamental, tant en matière de financement de l'action publique qu'en termes d'incitations. L'impôt n'est pas à interpréter comme un "moins", dans votre portefeuille, mais comme un investissement, dont nous bénéficions tous, collectivement, et dont nos enfants bénéficierons.

Si vous partagez ce point de vue, je vous invite à lire l'appel et signer la pétition en ligne proposée par le magazine "Alternatives Economiques".

En savoir plus : " Pourquoi nous consentons à l'impôt"

« Citoyens de la terre » - l'Appel de Paris

Publié le lundi 5 février 2007

Les participants à la conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale (ONUE) qui vient de se clôturer le 3 février, ont lancé un Appel de Paris, dont le ton tranche avec le ton diplomatique habituel.

Faut-il y voir un signe qui nous permettrait d'espérer un vrai virage dans la gouvernance mondiale ? A suivre de près en tout cas.

Pour vous permettre de vous faire une opinion, j'en reproduit ici le texte intégral :

" Nous, citoyens de tous les continents, responsables politiques, représentants d’organisations internationales ou non gouvernementales, scientifiques, chefs d’entreprises, nous lançons un appel solennel à une vaste mobilisation internationale contre la crise écologique et pour une croissance respectueuse de l’environnement.

1. Aujourd’hui, nous savons que l’humanité est en train de détruire, à une vitesse effrayante, les ressources et les équilibres qui ont permis son développement et qui déterminent son avenir. Nous prenons conscience que le devenir de la planète dans son ensemble est en jeu, que l’humanité tout entière est en cause dans son bien-être, dans sa santé, dans sa sécurité, et jusque dans sa survie.

Aujourd’hui, le temps est venu de la lucidité. Savoir reconnaître que nous sommes parvenus au seuil de l’irréversible, de l’irréparable. Admettre que nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre, que chaque jour qui passe aggrave les risques et les dangers.

2. A Rio, à Johannesburg, à Montréal, à Kyoto, la communauté internationale s’est mobilisée. Mais il faut aller beaucoup plus loin : être plus efficaces, plus rapides, plus cohérents, plus ambitieux.

3. C’est pourquoi, conscients de notre responsabilité vis-à-vis des générations futures, conscients du coût de l’inaction, nous nous engageons à mettre au centre de nos décisions et de nos choix, chacun dans notre domaine, la préoccupation de l’environnement. Nous nous engageons à prendre les mesures qui s’imposent pour conjurer des périls qui menacent la survie même de l’Humanité, en particulier celui du changement climatique, dont le dernier rapport du Groupe Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat démontre avec force la gravité.

4. Nous nous engageons à faire progresser la prise de conscience aux niveaux local, national et international. Pour promouvoir une éthique écologique, nous appelons à l’adoption d’une Déclaration universelle des droits et devoirs environnementaux. Cette charte commune garantira aux générations présentes et futures un nouveau droit de l’homme : le droit à un environnement sain et préservé.

5. Nous nous engageons à faire le choix d’une autre croissance, une croissance écologique, le choix d’une économie mise au service du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. Tous les peuples de tous les continents doivent pouvoir accéder au niveau de vie auquel ils aspirent légitimement. Mais nous récusons un modèle fondé sur le gaspillage effréné des ressources naturelles et la pollution toujours plus grave de la planète.

Nous nous engageons à promouvoir le développement de technologies, de modes d’organisation et de comportements plus économes en énergie, en eau, en ressources naturelles et à intégrer les coûts liés à la préservation de l’environnement dans nos systèmes économiques.

6. Dans cette responsabilité collective, l’effort doit être équitablement partagé entre les pays les plus riches, les pays émergents et les pays les moins avancés. Les transferts technologiques et financiers doivent être amplifiés. Il faut concevoir et mettre en œuvre des mécanismes de financements innovants pour aider les pays les plus pauvres à s’adapter.

7. Nous tous ici présents, Citoyens de la Terre, nous appuyons les efforts des nations qui se mobilisent, dans un esprit de souveraineté partagée, pour renforcer la gouvernance internationale de l’environnement. Nous appelons à transformer le Programme des Nations Unies pour l’Environnement en une véritable Organisation internationale à composition universelle.

A l’image de l’Organisation mondiale de la santé, cette Organisation des Nations Unies pour l’Environnement sera une voix forte et reconnue dans le monde. Elle doit être un instrument pour évaluer les dommages écologiques et comprendre comment y remédier ; un instrument efficace pour promouvoir les technologies et les comportements les plus respectueux des écosystèmes ; un moyen pour soutenir la mise en œuvre des décisions environnementales à travers la planète.

8. Nous nous réjouissons de la proposition du Maroc d’accueillir la première réunion du groupe pionnier des "amis de l’Organisation des Nations Unies pour l’Environnement" qui rassemble déjà plus de 40 pays.

9. Nous appelons tous les Etats à rejoindre ce combat. C’est notre responsabilité à tous. Il en va de l’avenir de l’humanité.

3 février 2007 "

Source de ce texte, ici.

Que peut-on « lire » dans le cerveau ?

Publié le samedi 3 février 2007

Dans le cadre du Cycle CERVEAU & SANTÉ MENTALE, VivAgora vous invite à un débat public :

Le jeudi 8 février, de 18h30 à 21h, à la Mairie du 2eme arrondissement de Paris

Les techniques d'imagerie médicales nous donnent aujourd'hui des « vues sur le cerveau en fonctionnement » révolutionnaires. Cependant, ces images sont des reconstructions arbitraires faites à partir de signaux métaboliques, elles ne montrent que des corrélations entre l'état mental du sujet et l'activité cérébrale.
- Peut-on alors leur attribuer rigoureusement un sens ou un contenu ? Par exemple en déduire les bases cérébrales, donc les causes biologiques, d'un comportement ou d'une maladie mentale ?
- Peuvent-elles être des outils performants de diagnostic médical ou doivent-elles rester des outils de recherche ?

Accueil par Jean-Jacques Boutaud, Maire du 2è arrondissement de Paris

Avec Yves BURNOD, neurobiologiste, CNRS ; Kevin O' REGAN, directeur du laboratoire de Psychologie de la perception, Centre des Saint-Pères, CNRS Université Paris 5 ; Line GARNERO, directrice du Laboratoire de Neurosciences Cognitives & Imagerie Cérébrale LENA, CNRS, Paris ; Henri GRIVOIS, psychiatre, spécialiste des psychoses naissantes, auteur de « Parler avec les fous » (Empêcheurs de penser en rond, 2007) / Pascal KELLER, psychanalyste et professeur de psychologie clinque à l'université de Bordeaux 2, auteur du dialogue du corps et de l'esprit, Odile Jacob, 2006.

entrée libre mais inscription conseillée à inscription@vivagora.org programme complet sur www.vivagora.org

Gazon maudit...

Publié le samedi 3 février 2007

...ou les inepties du jardinage "moderne".

Si vous jardinez, nul doute qu'après avoir visionné cette petite animation* (au format .pps - 540 Ko), vous jardinerez autrement.

(* Que vous pouvez aussi ouvrir depuis Open Office, après l'avoir enregistré sur votre disque dur)

« Sauvons les grands singes ! »

Publié le samedi 3 février 2007

La planète compte aujourd'hui 400 000 grands singes contre 2 millions il y a cinquante ans : épidémies, braconnage, déforestation et conflits armés les menacent à très court terme. Les experts prédisent leur extinction d'ici trente à cinquante ans si la tendance actuelle n'est pas inversée. La Cité des sciences et l’Institut Jane Goodall France vous invitent à assister à une conférence exceptionnelle du Docteur Jane Goodall, primatologue, défenseure de l'environnement et militante pour les Nations Unies dont elle est messager de la paix.

Le mardi 20 février à 20h

Cité des sciences et de l’Industrie
30, avenue Corentin-Cariou 75930 Paris Cedex 19
Métro Porte de la Villette

Informations complémentaires
Accès gratuit sur Réservation
Sur le site de la Cité des sciences : www.cite-sciences.fr/college

A coté de la plaque...

Publié le vendredi 2 février 2007

Hier soir, vers 20h40 sur je ne sais plus quelle chaine, Alain Duhamel recevait Alain Juppé.

Evoquant la réunion du GIEC à Paris, il demandait à son invité ce qu'il pensait du rapport de synthèse rendu par les scientifiques, je cite : "Ce rapport, il faut bien le dire est alarmiste".

Hélas non, M. Duhamel. Ce rapport n'est en rien alarmiste (Il est d'ailleurs le compromis, forcément adouci, issu d'une négociation entre les délégués des pays représentés). Par contre, il est effectivement alarmant.

Le choix des mots, probablement inconscient dans ce cas précis, est bien révélateur de l'état d'esprit de celui qui les emploie.

Et oui, c'est embêtant : Il y a trente ans, les écologistes étaient forcément tous des "alarmistes". J'aurais, moi aussi, préféré qu'ils se soient trompés. Mais Maintenant, il faudra bien faire avec. Et réagir vite, passer de la prise de conscience et des paroles aux actes. Beaucoup ont déjà commencé. Ils méritent désormais plus que des encouragements ou de la considération. Mais simplement qu'on avance tous, avec eux, dans la bonne direction.

L'énergie que procure le sentiment d'urgence, le sentiment d'être utile à quelque chose et d'être solidaire, est inépuisable et totalement "carbon free" !