Jules Vernes, cet écologiste visionnaire...
jeudi 21 décembre 2006 Par Emmanuel Delannoy, dans Vivant(s) ! -# 56 - Fil RSS
" Le lendemain, 12 avril, le Nautilus s'approcha de la côte hollandaise, vers l'embouchure du Maroni. Là , vivaient en famille plusieurs groupes de lamatins. C'étaient des manates qui, comme le dugong ou la stellère, appartiennet à l'ordre des syréniens. Ces beaux animaux, paisibles et innofensifs, longs de six à sept mètres, devaient peser au moins quatre mille kilogrammes. J'appris à Ned Land et à Conseil que la prévoyante nature avait assigné à ces animaux un rôle important. Ce sont eux en effet qui, comme les phoques, doivent paître les prairies sous marines et détruire ainsi les agglomérations d'herbes qui obstruent l'embouchure des fleuves tropicaux.
Et savez vous, ajoutais-je, ce qui s'est produit depuis que les hommes ont presque entièrement annéanti ces races utiles ? C'est que les herbes putréfiées ont empoisonné l'air, et l'air empoisonné, c'est la fièvre jaune qui désole ces dmirables contrées. Les végétations vénéneuses se sont multipliées sous ses mers torrides, et le mal s'est irresistiblement développé depuis l'embouchure du Rio de la Plata jusqu'aux Florides ! Et s'il faut en croire Toussenel, ce fléau n'est rien encore à coté de celui qui frappera nos descendants, lorsque les mers seront dépeuplées de baleines et de phoques. Alors, encombrées de poulpes, de méduses, de calmars, elles deviendrons de vastes foyers d'infection, puisque leurs flots ne possèderons plus ces "vastes estomacs, que Dieu avait chargé d'écumer la surface des mers." "
Jules Vernes - Vingt mille lieues sous les mers.*
Et dire qu'aujourd'hui, il nous faut reprendre toute une pédagogie sur l'interdépendance du vivant. Ce qu'a fait au passage brillament Yann Arthus Bertrand avec l'exemple de la disparition des hippopotames, entrainant un tarrissement des populations de poissons en aval, qui se nourrissaient directement ou indirectement des déjections des hippos, et rendant encore plus précaires les habitants des villages qui vivaient jusqu'alors de la pêche... Et il y aurait tant d'exemples à donner..
(* Un grand merci à Jacques, anthropologue, économiste mais surtout humaniste, qui m'a signalé ce passage...)
Commentaires
#1 - Le jeudi 21 décembre 2006 à 17:35, par jean-claude
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