Noolithic : Le Blog

"Les hommes construisent trop de murs, et pas assez de ponts"
Isaac Newton

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La fabrique du futur

Publié le lundi 25 septembre 2006

Présentation de l'association "La F@brique du futur"

La F@brique du futur a pour but de s’ériger en “think tank” européen au travers d’une plateforme directement opérationnelle en matière de prospective et d’innovation.

Elle a pour vocation de promouvoir une prospective :

- ouverte : elle s'adresse à tous types d'interlocuteurs (en priorité les entreprises, organisations, territoires et collectivités locales, sans oublier le monde académique et de l'éducation ainsi que le grand public), tant en France qu'à l'international.

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Lutter contre les discriminations

Publié le lundi 25 septembre 2006

L'association Zingha, en collaboration avec le FASILD, la Région PACA, et les associations : Des sens et des Femmes, Femmes d’ici et d’ailleurs et Radio galère, organise les 5 et 6 octobre prochains un premier séminaire interrégional sur le thème : "Lutter contre les discriminations".

Ce colloque sera l'occasion de nombreux ateliers et débats, dans l'objectif d'échanger les pratiques et de mutualiser les ressources.

Renseignements et inscription : therese.basse@numericable.fr

Vous pouvez aussi télécharger le programme.

Le retour du grand bi ?

Publié le samedi 23 septembre 2006

Chers amis cyclistes,

Vous en avez assez de cette mode des voitures de plus en plus hautes ? De l'invasion des villes par les 4x4 et les fourgonnettes blanches qui vous barrent la vue et mettent en péril votre sécurité en vous masquant aux yeux des autres usagers de la rue ?

Ne soyez plus timides, faites comme Ivor Biggun, prennez de la hauteur et donnez vous plus de visibilité : roulez en grand bi ! Pour Ivor, le grand bi est l'avenir de la bicyclette : Vous roulerez plus près des oiseaux, plus près du soleil, et surtout : « De plus haut, je peux voir mieux et plus loin, je respire un air plus pur, et je profite d'une vue plongeante sur les décolletés des femmes ! ».

Il seraient comme lui quelques un, de plus en plus nombreux, à se frayer un chemin à travers le trafic congestionné de Londres. Un exemple à suivre ?

P.S. : Information véridique et vérifiée. Ce n'est pas un poisson d'avril !

Pour quelques degrés de plus...

Publié le mercredi 20 septembre 2006

Quelques degrés de plus, ça ne change pas grand chose, se dit-on. On ne le sent pas vraiment, non ?

Alors il faut expliquer, démontrer, avec des exemples concrets.

Et du concret, en voilà : Des études scientifiques récentes mettent en évidence le rôle de la température de l'eau sur le développement sexuel des poissons pendant la phase embryonnaire. Le déterminisme sexuel des alevins (mâle ou femelle), est conditionné par la température du milieu environnant, avec une sensibilité de l'ordre de quelques degrés. En creusant un peu, on s'est aperçu que ce phénomène concernait un nombre assez grand d'espèces de poissons d'eau douce, saumâtre ou salée, mais aussi de reptiles, d'amphibiens ou d'invertébrés.

Une élévation de la température de l'eau de quelques degrés (parfois, une variation de la température moyenne de l'eau de l'ordre de 1° suffit), peut ainsi provoquer un déséquilibre important de la proportion entre mâles et femelles, et donc conduire à des bouleversements importants des écosystèmes, pouvant aller jusqu'à la disparition d'espèces.

Au delà du changement climatique en cours, et de l'importance critique qu'il y a à en limiter l'ampleur, il convient aussi de surveiller les rejets d'eau chaude (refroidissement des centrales électriques, nucléaire ou non, par exemple) dans les fleuves et rivières.

Pour en savoir plus, lire cet article de Jean-François Baroiller, biologiste spécialiste des poissons (avec les documents scientifiques de référence en fin d'article).

Le « dessein intelligent » à l'assaut de la raison

Publié le mardi 19 septembre 2006

Il y a quelques années, quand je lisais dans les chroniques de Stephen Jay Gould le récit des combats acharnés que les scientifiques et les défenseurs de la raison étaient obligés de mener contre les créationnistes, je me disais pour me rassurer qu'en Europe, et a fortiori en France, héritière de l'esprit des lumières, on était à l'abri de tout ça, et que ce genre d'archaïsme était typiquement américain.

Que des mouvements religieux intégristes protestants, ultra-conservateurs (les mêmes qui s'opposent aux talibans, alors que tant de choses les rapprochent) aient obtenu, même momentanément, le bannissement de l'enseignement de la théorie de l'évolution dans certains états, ou au mieux son enseignement « au même niveau » que celui de la création, on doit déjà se pincer pour se dire qu'on ne rêve pas. Qu'ils aient contesté en bloc l'ancienneté de la terre, celle des fossiles et des couches géologiques et veuillent voir dans la bible non pas un enseignement religieux et spirituel, mais une vérité absolue ne laissant place à aucune interprétation, et là on pouvait se dire qu'avec de tels zozos on était tranquille, qu'aucun élu représentant le peuple, aucun dirigeant sensé ne leur donnerai jamais plus de poids qu'ils ne le méritent, et que ces « Amishes de la pensée » resteraient confinés dans leurs petites communautés.

Mais est-ce la faute à un biais médiatique, qui s'empresse de relayer et d'offrir une chambre d'écho à tout ce qui semble nouveau (bien que cela ne le soit pas), sans discernement ? Est-ce l'afflux de fonds que certains généreux mécènes leurs accordent volontiers pour ouvrir écoles, musées, réaliser des documentaires ou publier des livres (Alors que leur argent serait si bien employé à d'autres causes) ? Est-ce le règne de la peur de l'autre qui offre un terreau favorable à ces nouveaux obscurantismes ? Est-ce encore une réaction de repli face à un monde qui change toujours plus vite ?

Toujours est-il que, relookés « Intelligent design », les créationnistes et leur mauvaise foi absolue sont toujours là, plus actifs et virulents que jamais, et que comme tous les opposants à la liberté, ils ne cessent d'invoquer la liberté d'opinion pour mieux la museler.

On espérait ne plus avoir à mener ce combat là, tant il y en a d'autres, urgent, à mener. Mais on n'arrivera à rien si on les laisse faire leur travail de sape sur les esprits, sur le libre arbitre, sur la raison et l'esprit critique. Et il ne s'agit plus que de petites communautés isolées dans les états du sud est américain. En Allemagne, en Autriche, et ailleurs en Europe, des écoles et des universités privées, des organisateurs de colloques complaisant leur offrent des tribunes pour répandre leurs idées.

Il ne faut jamais opposer la foi à la raison. Chacune a son domaine, son territoire, et ne devrait pas empiéter sur celui de l'autre. Mais le « dessein » des créationnistes n'est pas si inoffensif qu'il en à l'air. Si Darwin avait tant choqué les religieux de son époque, c'est que l'évolution, et l'ascendance animale de l'homme, rendaient difficilement justifiables une soi disant « supériorité » de la race blanche, créée par Dieu à son image. C'est que le libre arbitre et la maîtrise de son destin, que Darwin rendait à l'humanité, en lui donnant du même coup des responsabilités particulières, était une entrave à l'asservissement des esprits et de la raison que certains voudraient imposer au reste du monde.

Animer la matière ou fabriquer la vie : pour quoi faire ?

Publié le lundi 18 septembre 2006

Vivagora vous invite au premier de son cycle de six débats Nanoviv, mardi 19 septembre à Grenoble, au restaurant "La cour des miracles", à partir de 18h30.

Participeront aux débats et aux échanges avec le public : Jacques DEMONGEOT, biomathématicien, directeur du laboratoire «Techniques de l’imagerie, de la modélisation et de la cognition» (TIMC - CNRS) ; Bernadette BENSAUDE-VINCENT, philosophe et historienne des sciences Université Paris X ; Louis LAURENT, physicien, Agence nationale de la recherche ; Vincent MANGEMATIN, économiste GAEL-INRA ; Jean-Yves GOFFI, professeur de philosophie à l’Université Pierre Mendès-France ; Franz BRUCKERT, plateforme Nanobio, Institut national polytechnique de Grenoble (INPG).

- Voir le programme détaillé, et autres informations pratiques

- Télécharger le "Repères" de ce débat

- Voir le site internet de Vivagora

Foncer dans la nuit épaisse...

Publié le samedi 16 septembre 2006

Je ne résiste pas au plaisir de vous soumettre ces deux citations d'Edgard Morin, que mon ami cycliste Daniel Bérenger m'a récemment fait découvrir, a propos d'une discussion sur les transports (Mais ces citations sont transposables dans bien d'autres contextes) :

En commentant son livre "Pour sortir du 20ème siècle" (1981) :

" j’ai eu la conscience qu’on est désormais dans Nuit et brouillard, que l’avenir du monde ne peut pas être prédit, que l’ensemble du jeu des inter - et des rétro - actions nous échappent. .... J’ai ainsi été amené à formuler les principes d’une écologie de l’action : toute action entre dans un jeu d’interactions qui fait qu’elle échappe assez vite à l’intention et à la volonté de ses auteurs. " (MORIN E. / LEMOIGNE J.L. 1999 p 202, 203)

L’action est un pari, et si on veut minimiser ses risques, on minimise ses chances de succès, et si on veut maximiser ses chances, on maximise ses risques :

" Je ne crois pas trop aux vertus des programmes de changement. Il faut foncer dans la nuit épaisse avec la volonté de travailler avec la possibilité d’échec, avec le sentiment qu’il y a une tâche importante a accomplir. " (Edgar MORIN 1999 P244)

J'ajouterai que l'énergie que procure le sentiment d'urgence est inépuisable, et "carbon free" !

Liberté, sécurité, diversité

Publié le mercredi 13 septembre 2006

A quoi est-ce dû ?

Nous ne cessons d'opposer d'une part, des impératifs de sécurité et de normalisation, pour rassurer le marché et les consommateurs, et d'autre part, une non moins indispensable liberté et diversité.

Est-ce notre éducation ? Est-ce d'avoir trop stimulé notre hémisphère cérébrale gauche, celle du raisonnement logique, au détriment de l'hémisphère droite, celle de la créativité ? Est-ce une trop grande habitude au raisonnement séquentiel, linéaire, au détriment d'un raisonnement radiant, buissonnant ?

Ou est-ce plus prosaïquement la conséquence d'un système réglementaire et normatif qui confond trop souvent intérêts particuliers et intérêt général, en général sous l'action et l'influence des premiers ?

Pourtant, cette opposition entre norme et diversité, entre sécurité et liberté, entre standardisation et innovation n'est pas une fatalité.

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Management 2.0

Publié le lundi 11 septembre 2006

Quand deux spécialistes du management de l’intelligence collective (Axiopole et e-Mergence) mettent en commun leur ressources, ça fait encore un peu plus d’intelligence collective, et cela donne...

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Racistes !

Publié le samedi 9 septembre 2006

Aujourd'hui, en France, une personne sur trois se dit raciste, comme si s'était une opinion banale, comme une autre.

Pas vraiment rassurant à quelques mois d'une échéance électorale majeure dans notre pays, surtout si on se souvient d'un certain 21 avril 2002...

C'est, entre autres signaux inquiétants, ce que l'on peut lire dans le dernier rapport de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme sur la « La Lutte contre le racisme, l’antisémitisme, et la xénophobie ».

Mais faut-il s'en étonner ? Nous vivons depuis quelques années (depuis le 11 septembre 2001 ? Avant ?), sous l'emprise de la peur. La peur fait vendre du papier. Elle fait de l'audimat sur les télévisions et de l'audience à la radio. Attentats (ou tentatives d'attentats au cas où l'actualité ne nous en donnerait pas assez à nous mettre sous la dent), choc des civilisations, faits divers sordides, insécurité, y compris d'ailleurs l'insécurité économique, précarisation, exclusion, j'en passe...

La peur est un sujet fascinant. Elle permet de faire passer comme une lettre à la poste des lois sécuritaires, voire autoritaires, qui en d'autres temps auraient provoqué des débats vigoureux et des oppositions tenaces. En suscitant des reflexes de repli sur soi, la peur renforce l'individualisme. Elle maintient les gens en place. Et puis la peur fait vendre, aussi. Il faut bien se rassurer. Alors, ce n'est pas si mauvais que ça pour les affaires.

Mais le problème avec la peur, c'est que ça n'aide pas à penser, ni à prendre de la hauteur. Et la peur vient toujours de l'autre, de celui qui est différent.

Et si, même sans faire partie de ce tiers des français qui s'avoue raciste, nous n'avions pas nous aussi changé, inconsciemment, notre façon d'être ?

Et si nos silences, nos regards craintifs ou méfiants, les distances que nous mettons, ou ne franchissons pas, entre nous et l'autre ne contribuaient pas, ajoutés aux paroles haineuses et insultantes des racistes, à alourdir encore le climat ?

Il faut milles sourires, milles mains tendues, milles attentions délicates pour annuler l'effet d'une seule parole insultante, d'un seul regard haineux. C'est ce que Gould appelait « La grande assymetrie ».

Combien d'incivilités auraient pu être évitées si celui qui allait la commettre avait rencontré un regard amical, une oreille attentive, ou simplement trouvé un sourire à la place d'une machoire crispée par la peur et un regard méfiant ?

En allant plus loin, combien de vocations de kamikazes auraient être pu être ainsi évitées ?

Je sais. J'ai l'air de faire du bon sentiment. Et le bon sentiment a mauvaise presse. Il n'y a que les naïfs et les rêveurs pour y croire. Hitchcock disait : « On ne fait pas de bons films avec des bons sentiments ». Mais dans la vie, qu'est ce que ça coûte d'essayer ?

Jardiner bio peut-il vous conduire en prison ?

Publié le mercredi 6 septembre 2006

Depuis le 1er juilliet 2006, le décret d'application de la loi n° 2006-11 du 5 janvier 2006 d'orientation agricole, stipule que :

Article 70 section 1 :

" Sont interdites la mise sur le marché, l'utilisation et la détention par l'utilisateur final des produits phytopharmaceutiques s'ils ne bénéficient pas d'une autorisation.

La mise sur le marché étant toute remise à titre onéreux ou gratuit. L'importation constitue aussi une mise sur le marché.

Les produits phytopharmaceutiques étant les préparations contenant une ou plusieurs substances actives et les produits composés en tout ou partie d'organismes génétiquement modifiés présentés sous la forme dans laquelle ils sont livrés à l'utilisateur final, destinés à :

  • a) Protéger les végétaux ou produits végétaux contre tous les organismes nuisibles ou à prévenir leur action ;
  • b) Exercer une action sur les processus vitaux des végétaux, dans la mesure où il ne s'agit pas de substances nutritives ;
  • c) Assurer la conservation des produits végétaux, à l'exception des substances et produits faisant l'objet d'une réglementation communautaire particulière relative aux agents conservateurs ;
  • d) Détruire les végétaux indésirables ;
  • e) Détruire des parties de végétaux, freiner ou prévenir une croissance indésirable des végétaux ;

D'autre part, toute publicité commerciale et toute recommandation pour ces produits ne peuvent porter que sur des produits bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché et sur les conditions d'emploi fixées dans ces autorisations. "

Ce qui interdit, de fait, l'utilisation du purin d'ortie, ou des cendres pour éloigner les limaces, et vous interdit aussi d'en faire la promotion, faute de quoi vous seriez passible de de 2 ans de prison et 75 000 euros d'amende.

Ce serait le cas, par exemple, de mon homonyme et amie Isabelle Delannoy, rédactrice de "l'Agenda utile 2007" comme elle l'explique dans cette note sur son blog, ou du chroniqueur horticole de France Inter Alain Barathon.

Il y a évidemment des aspects positifs dans cette loi, notamment, et c'est heureux, la volonté d'assurer un meilleur contrôle de la mise sur le marché des produits phytosanitaires. Mais on y sent aussi clairement les effets d'un lobbying efficace, et une volonté de la part de certains acteurs économiques de lutter contre ce qui serait dangeureux pour leur chiffre d'affaire, comme l'échange ou la recommandation gratuite de procédés biologiques et peu onéreux.

Toute loi étant sujette à interprétation, laquelle sera donnée à celle-ci ? Qui aura les moyens financiers de payer les meilleurs avocats et d'engager les batailles juridiques les plus longues pour défendre ses intérêts. On peut craindre que ce ne soient pas les particuliers, associations, journalistes ou auteurs faisant la promotion de techniques de jardinage douces et à moindre impact sur l'environnement et le porte monnaie du jardinier...

Si une interprétation stricte et répressive de cette loi à l'encontre des méthodes bio devait prévaloir, nous aurions alors beaucoup à perdre, et ce seraient de nombreuses techniques traditionnelles qui tomberaient alors dans l'oubli (alors qu'elles constituent, au bénéfice de tous et donc aussi de l'industrie, un réservoir de connaissances et un potentiel d'innovation qu'on aurait tort de négliger).

Imaginons un monde parfait, ou tout serait sous contrôle des grandes compagnies... L'industrie agro-alimentaire, sur la base des mêmes principes, pourrait tout à fait, et fort à propos, influencer une loi sur la mise sur le marché de produits alimentaires, interdisant de faire soi-même la cuisine, et d'offrir à vos amis confitures, clafoutis et autres douceurs maison.

Mettre dans le même panier l'économie marchande, et l'échange de conseils, de services ou de denrées gratuites peut conduire à ce genre d'excès. La soumission de la loi aux intérêts des plus forts aussi.

Nous serions alors loin de l'esprit de cette forte pensée de Lacordaire :

" Entre le fort et le faible, c'est la liberté qui opprime et c'est la loi qui libère ".