Développement durable ou décroissance ? Pourquoi choisir ?
mercredi 2 août 2006 Par Emmanuel Delannoy, dans General -# 11 - Fil RSS
Décidément, on parle beaucoup de décroissance dans le quotidien « Le Monde » ces jours-ci.
J'aime bien la mise au point faite par Hubert Reeves, publiée dans l'édition d'aujourd'hui (« Pour une vie meilleure »). La vraie question est en effet : De quoi parle-t-on vraiment ?
Il y est à nouveau question de l'inadéquation des indicateurs de croissance utilisés (le PIB), qui sont bien indifférents et inadaptés à la mesure du bien être humain, comme à celle de la durabilité écologique.
J'avais déjà évoqué ce problème dans plusieurs articles il y a quelque temps. Des indicateurs, il en existe (Notamment l'Indice de Développement Humain et l'empreinte écologique). Ils sont imparfaits, mais ils permettent de faire des comparaisons pertinentes, dans l'espace et dans le temps. Pourquoi ne pas les utiliser alors ? Quitte à les faire évoluer pour les améliorer.
Au début de l'année, la Banque mondiale, dans un rapport intitulé « Où est la richesse des nations ? », proposait de nouveaux instruments d'évaluation de la vraie richesse des pays, en prenant en compte l'état réel des ressources naturelles.
Ce sont de bonnes initiatives, à encourager le plus largement possible. Il faudrait aussi faire pression sur les élus, et sur les candidats aux échéances de 2007, pour qu'ils s'engagent à les utiliser et à les publier.
Alors, développement durable ou décroissance ? A mes yeux, peu importe en fait. Tout dépend de quoi on parle, et surtout à qui on parle. Il me semble plus important de tenir un langage mobilisateur, susceptible d'entraîner l'adhésion et l'action positive du plus grand nombre, plutôt que de s'adresser à une élite, déjà convaincue et agissante. Nous avons en effet besoin, comme le disait récemment Lester Brown, d'une vraie « mobilisation générale » pour la planète.
La pédagogie employée, les convictions que nous saurons emporter, sont au final plus importantes que la pureté des idées et l'orthodoxie des mots.
Deux citations, pour conclure :
- Nicolas Hulot, dans le numéro de ce mois ci de la revue « Nouveau consommateur » : « J'entends les critiques que me font les adeptes de la décroissance, qui ont raison sur le papier, mais prônent des modes de vie que les gens ne sont pas prêts à adopter. A quoi sert d'avoir raison si personne ne veux vous suivre ? »
- Hubert Reeves, dans l'article mentionné plus haut : « Le choix des mots est important. Le mot croissance est dynamique. Le mot décroissance est un frein. Qui donc accepte d'être freiné ? Pour ma part, je préfère les mots sans connotation de privations à endurer. La croissance de la recherche scientifique, la croissance de l'agriculture biologique, et des commerces de proximité... voilà des exemples de croissance à concrétiser. »
Commentaires
#1 - Le mercredi 9 août 2006 à 19:40, par kémi
#2 - Le vendredi 11 août 2006 à 22:55, par jean-claude
#3 - Le mercredi 16 août 2006 à 15:31, par Emmanuel
#4 - Le lundi 21 août 2006 à 09:18, par Emmanuel Delannoy
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